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Bilan à chaud de nos quatre mois en Inde

Nous y voilà.  À l’heure où j’écris ces lignes nous sommes dans la dernière ligne droite. Dans quatre jours, nous serons dans l’avion qui nous emmènera à Bangkok. J’aurais pu attendre d’être partie ou au moins le jour même pour dresser ce bilan, mais j’ai tiré des conclusions sur ce pays depuis bien longtemps et ce ne sont pas quatre petits jours en plus qui pourront changer mon opinion.

L’Inde est un roller coaster avec son lot de surprises quotidien (parfois bonnes mais souvent mauvaises) qui nous aura mis à l’épreuve. Nous, individuellement, mais aussi notre couple et dans notre rapport aux autres. N’importe quel voyage a ce pouvoir mais un voyage en Inde l’a peut-être mille fois plus.

L’Inde est un miroir grossissant. On vient souvent pour se chercher – le nombre de gens que l’on a croisé qui nous ont parlé de quête personnelle – et ce qu’on y trouve est rarement très reluisant. En l’occurrence je cherchais un moyen de canaliser mes émotions et pensais que les spiritualités indiennes, le yoga, pourraient m’y aider. Sauf que je n’ai trouvé qu’un peuple profondément irrespectueux de… d’à peu près tout en fait, surtout d’eux-mêmes. Ça a réveillé en moi une haine dont je ne m’imaginais pas capable. Colérique oui, haineuse, je ne savais pas. Plusieurs fois j’ai souhaité la mort à des gens, plusieurs fois j’ai pensé que l’extermination serait le seul salut de ce pays. Je vous le dis sans honte, sans forme. C’est ce que l’Inde à réussi à faire de moi.

J’ai atteint un point de non retour hier en me baladant dans le grand bazar du quartier tamoul de Pondichéry. C’est comme si tout ce que j’avais supporté depuis quatre mois était concentré dans cette rue. Le bruit, les odeurs, la misère, le comportement je m’en-foutiste des uns qui enjambaient leur propre merde, la bêtise crasse des autres qui coupaient des légumes juste à côté. Je ne sais pas si c’est la chaleur, mais j’ai failli vomir. J’ai dit stop, je ne peux plus. Tout a refait surface, tout ce que j’ai supporté sans rien dire pour ne pas trop inquiéter les gens qu’on aime. Ce rickshaw qui m’a renversée, ce mec qui m’a arraché le sein en passant en scooter, ce mort au bord de la route et ce flic qui s’en foutait, ceux qui s’adressaient à Matt pour me parler, ceux qui me sifflaient, ceux qui me collaient la main au cul dans le métro de Delhi, ceux qui ont essayé de nous arnaquer et ceux qui ont réussi, ceux qui nous prenaient en photo comme des singes, ceux qui rigolaient en nous montrant du doigt comme si on était transparents, ceux qui nous ont servi des plats qu’ils mettaient quarante minutes à préparer pour un résultat dégueulasse, ceux qui nous emmenaient dans des endroits qu’on n’avait pas demander parce-qu’ils ne savaient pas où aller mais ne voulaient pas l’avouer, ceux qui nous ont fait payer des taudis trois fois trop chers, ceux qui nous ont refilé la dysenterie, ceux qui se gaussaient de leur réussite personnelle en fermant les yeux sur le reste, ceux qui nous klaxonnaient parce-qu’ils étaient toujours prioritaires, ceux qui crachent, qui chient et qui pissent devant leur porte, ceux qui laissent crever leurs fameuses vaches sacrées, ceux qui violent, ceux qui mendient et apprennent à leurs enfants à le faire en leur interdisant d’aller à l’école, ceux qui brûlent, battent, trompent et tuent leurs femmes, ceux qui croient malgré tout que Shiva et ses copains leur pardonneront. Je les ai tous mis dans le même sac. Tous ces Indiens, je les déteste et je les emmerde pour ce qu’ils ont fait de leur pays, de leur culture, de leurs femmes et de leurs enfants.

J’ai planté Matt et suis rentrée à l’hôtel.

Depuis j’attends de décoller. Je ne veux plus parler à personne. Je veux juste partir.

Est ce que je reviendrai en Inde ? Oui sans aucun doute. Est ce que je suis masochiste ? Non, j’ai juste foi en la race humaine car l’Inde en est au moyen-âge et j’espère que l’éducation changera bientôt les habitudes. Certains ont tenté de nous le prouver. Je leur souhaite bon courage, mais moi je n’en ai plus, l’Inde m’a tout pris.

Pour le moment, on doit mettre des distances entre nous parce-qu’elle est arrivée à me faire sombrer du côté des gens qui la détestent. Je lui ai laissé une chance à chaque réveil, elle n’en a pas profité. Alors je la quitte. Pas rancunière mais soulagée.

24 réponses to “Bilan à chaud de nos quatre mois en Inde

  • Outch! Sacré bilan! Beau déballage qui a dû te faire grand bien 😉 Je me reconnais totalement dans ton témoignage, perso, j’ai fini de la même façon notre séjour en Inde, enfermée dans la chambre, à attendre l’heure du décollage, à n’en plus pouvoir… Bon, il faut un peu de temps ensuite pour que tout ce mélange d’émotions se tasse et passe. Et puis ensuite, quand on y repense (longtemps, très longtemps après) on y trouve même un certain côté fascinant. Parce que comme tu le dis, je crois bien qu’il n’y a que ce pays pour révéler ces facettes de nous-même dont on ignorait totalement l’existence, en plus de nous faire découvrir des habitudes et une culture qui sont pour moi extra-terrestres!!! Bon courage et bonne continuation 🙂
    Lydia

    • Je suis actuellement en Inde dans ma chambre d’hôtel. Je suis ici depuis douze jours et je ne comprends pas l’attirance qu’ont certains pour ce pays. Je pense déjà passer la frontière pour le Bengladesh. Je partage le même sentiment, les indiens me déplaisent au plus haut point. J’ai l’impression de sans cesse être pris pour un con. Je pense n’avoir jamais vu des gens aussi irrespectueux, égoïstes. Il me vient parfois des envies de violence extrêmes, comme il y a deux jours lorsque le chauffeur de rickshaw a écrasé les pattes d’un chien, son rire et les hurlements de ce chien m’ont mis hors de moi. Je me suis vu commettre l’irréparable. Ces personnes qui vous mentent à longueur de temps, qui s’approchent disant rechercher l’échange, qui sont prêtes à vous faire la conversation durant des heures pour après, croit on avoir passé un bon moment, essayer de vous rouler. Je ne garde pour le moment qu’un seul bon souvenir après douze jours à arpenter différentes villes. Pour moi c’est une mentalité, une façon d’être. Je n’ai jamais rien vu de semblable, j’ai connu Caracas, Bogotá, La Paz, Quito, Ascunsion, Medellin, parcouru l’Amérique du Sud plus d’un an, et jamais je n’ai vu une telle manière d’être. Je peux vous assurer que les bidonvilles indiens n’ont rien à envier aux bidonvilles sud américains. Que la misère extrême est la même mais que beaucoup garde une certaine dignité, de certains principes, une certaine chaleur humaine en Amérique, et ce malgré parfois une violence extrême que ne connaît pas l’Inde (Caracas, Medellin). J’aimerais savoir si quand des personnes disent les indiens sympathiques s’il s’agit de leurs guides, serveurs ou encore personne leur ayant vendu quelque chose. Bref si vous avez réussi à avoir régulièrement des contacts aimables sans relation financière (ou tentative) avec des indiens moyens (laissons de côté les classes indiennes supérieurs qui ne représentent pas la population indienne en raison de leur occidentalisation). Merci pour vos réponses. Bonne continuation à vous deux.

  • Wahou c’est un sacré article ! Je suis quand même contente de lire que tu retourneras surement un jour en Inde. Parce qu’il y a aussi du bon dans ce pays, malgré tout le négatif… mais comme partout finalement, c’est simplement plus exacerbé en Inde je pense.
    J’ai habité pendant plus d’1 an à Chennai et je n’ai jamais ressenti ce que tu racontes (à part les regards parfois insistants mais jamais agressifs). Je pense que selon les régions (et les saisons touristiques), ça change beaucoup.
    Enfin bref, ton article est très beau car on sent que ça sort du coeur. Mais il me laisse un goût amer car ce n’est pas comme ça que j’ai vu l’Inde, j’y ai vu de la poussière, des ordures, de la misère, du bruit, de l’animation oui mais tellement d’autres choses aussi 🙂
    J’espère que tu y retourneras et que ça se passera mieux.

  • Ton texte est violent, mais je crois que tu as raison de t’exprimer sur le raz-de-marée de sentiments contradictoires que tu as pu ressentir en voyageant du nord au sud de l’Inde.

    Peut-être que tu auras besoin d’un peu de temps (et de distance géographique) pour te replonger dans tes souvenirs indiens. De lire quelques auteurs locaux pour réapprivoiser ce continent. Je te conseille un magnifique livre « Loin de Chandigarh » de Tarun J. Tejpal, qui n’est pas arrivé par hasard dans mon sac.

    Et comme tu l’écris, tu retourneras certainement un jour en Inde.

    Plein de pensées positives miss

    NowMadNow

    • Je note ! J’avais déjà lu L’équilibre du monde, qui m’avait aidé à relativiser pendant le voyage. Je vais tenter de rattraper celui-ci aussi.

  • Superbe, puissant. J’ai déjà ressenti cette haine sans oser l’écrire. Ça prend du courage, mais c’est vrai que parfois on arrive simplement à bout. Moi je n’ai pas vu l’Inde assez longtemps pour vraiment m’en faire une idée claire à part constater que c’est un grand chaos constant. Une chance que vous êtes à deux, avoir quelqu’un pour partager, s’ encourager dans ces situations, c’est important.

  • C’est vrai que les mots employés peuvent paraitre durs. Je ne suis encore jamais allée en Inde, donc je ne peux pas juger, mais chacun vit, ressent le voyage différemment. Par contre, c’est très courageux d’avoir écrit cet article malgré les coups de gueule que tu peux avoir en retour et je pense que de vider son sac de la sorte doit te faire du bien, du moins je l’espère. En tous les cas, profitez à fond de la suite de votre aventure.

    Laura
    Little-Escape

  • J’ai toujours eu peur de l’Inde même si le pays m’attire terriblement… Et je crois qu’en lisant ton article tu renforces complètement ce sentiment paradoxal !
    Bravo pour cet article car je comprends 1000 fois cette haine mais n’aurais sans doute pas osé l’exprimer à ta place 🙂 (et tu as très bien fait !)

  • Je crois que l’Inde, on aime ou on déteste. Je n’y suis jamais allée, je n’en ai à l’heure d’aujourd’hui pas l’intention (toute cette effervescence,la violence que tu mentionnes… C’est encore trop pour moi!)… mais je ne dis pas qu’un jour, je ne voudrai pas à mon tour me forger ma propre opinion sur ce pays si contradictoire, au vu des retours que j’en ai eus jusqu’à présent…

  • Wouah ! En même temps c’est clair que vous avez parcouru une bonne partie de l’Inde en 4 mois et que c’est sur que ça laisse pas indifférent. Je suis arrivée du Népal où j’vais passée 3 mois ce qui m’aide comme une sorte de transition mais même après quelques jours, je suis d’accord avec ton constat !
    J’espère que pourras enfin « respirer » en arrivant en Thaïlande afin de pouvoir mieux revenir un jour ?
    Nous arrivons à pondicherry le 21 si le cœur t’en dit de boire un petite bière entre voyageurs 🙂
    Bon courage pour tes derniers jours : j’ai eu ça aux philippines pour ma part

  • Un article dur et fort, mais qui permet de lire ce que chaque voyageur au long cours a un jour ressenti il me semble : la détestation de sa destination.
    Comme tu le dis, c’est une étape, et ça n’empêchera pas ta découverte de l’Inde sous d’autres angles un jour, mais parfois, les choses ne se passent pas comme prévu ! On est fatigué, à bout, et on craque. Pourtant personne ne nous a forcé à être ici ! Mais on se sent agressé, et on réagit en rejetant tout ce dans quoi on baigne.
    Je pense que le voyage est aussi fait pour être confronté à des choses qui nous dépassent. On peut les rejeter (premier mouvement naturel), ou l’on peut s’y acharner, parce que justement on veut comprendre ou percevoir la magie. Je ne connais pas l’Inde, mais j’ai ressenti ce mouvement de rejet après un long voyage en Chine. Plusieurs années plus tard, je voudrais y retourner. C’est ce que je te souhaite ! Bonne route à vous deux 😉

  • Je dois avouer que je n’ai pas encore posé un pied en Inde, c’est un des pays qui me fascine, mais également qui me fais peur. Un choc culturel et un fossé énorme. Mais j’aime lire ce genre d’article qui va à contre courant, ou du moins qui dispose d’un avis tranché.

    J’en ai un peu marre de lire des trucs relativement lisse, mais ça c’est mon côté rebelle. J’ai vraiment aimé et je ne m’en cache pas. J’espère que tu auras une tout autre expérience dans ce pays qui à mon avis regorge de merveilles …

    Bonne route à vous 🙂

  • Bonjour toi,
    Merci d’avoir écrit ton ressenti et de nous avoir offert ces images de l’Inde. Merci de ne pas avoir pondu un article insipide à rebrousse poil pour ne pas offenser personne. Merci de nous accueillir dans ta maison virtuelle, là où tu te lâches, où tu ne désinfecte pas les comptoirs et marche pieds nus. Je n’aurais pas voulu perdre mon temps à lire des mots qui ne viennent pas du coeur.

  • Bonjour à vous deux, je découvre ce post, qui résonne avec mon expérience…
    C’est l’histoire d’un foulard… Mon 1er voyage en Inde (il y a une quinzaine d’années…) aurait pu être le dernier. Comme tu le décris, tout n’était qu’agression. Le bruit et l’odeur, la misère et l’incivisme, les regards scrutateurs et accusateurs, le harcèlement des mendiants, des rickshaws, même des enfants. Plutôt grande et blonde, j’avais l’impression (fausse probablement) que tout le monde me regardait, tout le temps. Sur les 3 semaines de mon voyage, si l’on m’avait tendu un billet d’avion pour l’heure suivante, j’aurais fuis dans l’instant. Et puis, un beau jour, va savoir pourquoi, pour cacher mon aspect occidental, pour me faire plus discrète (malgré mes manches longues, mes pantalons larges…), j’ai noué un foulard sur mes cheveux. Est-ce de la psychologie de comptoir ou une réalité, mais les regards sont devenus moins pesants. Suite à peu prêt logique, mon visage s’est détendu, je n’avais plus ce masque crispé qui signifiait mon malaise, on mal-être ou mon dégout. C’est à partir de ce moment que j’ai pu (enfin) apprécier l’inde, m’émerveiller des couleurs, de la complexité de cette culture. A mon retour, il a fallu quelques semaines pour digérer. Et puis, je n’ai eu de cesse de repartir. Je suis donc repartie quelques années après, sans avoir besoin de foulard cette fois.
    Je crois vraiment que les gens sont sensibles à ce que l’on peut dégager. Si l’on a peur, si l’on désapprouve, si l’on est mal à l’aide, les gens le sentent et te renvoient ces sentiments. Il ne s’agit bien sûr pas d’une vérité, mais simplement de ce que j’ai ressenti dans ce voyage. J’espère aussi que tu retourneras en Inde pour te réconcilier avec ce pays, il en vaut la peine! Longue route à vous deux !

  • Super ! J’ai dévoré ce voyage, j’ai ri, j’ai compati aussi et bien-sûr, j’ai pris des notes au cas où pour notre prochain voyage.
    Après avoir fait le Sri Lanka de fond en comble, totalement hors des sentiers battus, du Nord (superbe) au sud, de l’est à l’ouest, nous avons envie de partie 1 mois en Inde. La crainte que nous avons est justement de ne pas rencontrer la population, comme nous avons pu le faire dans d’autres pays, et de passer à côté de ce qui est pour nous l’essentiel : la nature et l’être humain avec sa différence de culture.
    C’est le premier blog où j’arrive à ressentir avec autant d’intensité l’émotion, bonne ou mauvaise…Merci.
    Et merci pour les photos, elles sont superbes !
    Patricia

  • Bonjour,

    Quel recit! Mon conjoint et moi avons quitte l’inde il y a 2 jours, apres 5 mois la bas, fait de hauts et de nombreux bas…
    En lisant vos 2 articles, je vois que nous avons ressentis exactement la meme chose… Toutefois je n’ai pas quitte l’inde dans le meme etat d’esprit que toi grace a un texte qui a ete une revelation. Il m’a permis de mettre enfin des mots sur les sentiments que je ressentais sans reussir a exprimer depuis plus de 4 mois… Suite a sa lecture j’ai compris… Et j’ai mieux vecu le voyage. Nous avons vu le pays avec un autre regard et l’avons trouve plus beau, les gens plus sympas… Et, les gens nous renvoyant nos sentiments, tout s’est mieux passe.

    Ce texte est issu d’un livre de radhika jha, je l’ai trouve sur un blog.

    « Comment regarder ce pays ? Quelle Inde observer ? L’Inde contemporaine , L’Inde traditionnelle ou l’Inde Éternelle ? 29 états , 18 langues , des milliers de dialectes, toutes les religions,6000 journaux quotidiens . L’Inde fascine…

    Le problème n’est pas seulement de savoir comment appréhender ce pays , mais aussi comment on peut voir le monde une fois qu’on a vu l’Inde. Ce pays n’est pas un pays qu’on peut visiter, voir , analyser , apprécier , juger-puis oublier. L’inde , on ne la voit pas , on la vie .

    L’Inde vous confronte à son humanité . Elle vous oblige à regarder la nature humaine dans ce qu’elle a de plus honteux et de plus glorieux , elle vous force à l’aimer et à la détester à la fois, à l’accepter telle qu’elle est . L’Inde est comme un virus , elle s’immisce dans votre corps et vous transforme. Ce n’est plus vous qui visitez l’Inde , c’est elle qui vous visite .

    Il est plus aisé d’oublier l’Inde que de la comprendre . Car comment accepter tout ce qui s’y passe ? Et pourtant … dès que l’on accepte ces choses comme faisant partie de la réalité alors tout devient possible . Mais que l’on soit indien ou non , la question de savoir comment concevoir l’Inde , comment la comprendre , demeure la même. Selon un de nos proverbes , « il faut 3 vies pour connaitre l’Inde ». Une bien jolie métaphore pour expliquer que , dans ce pays , rien n’est vraiment comme on croit.

    Être en Inde , c’est être assailli par des sensations , des odeurs , des couleurs , des émotions , des questions ; c’est ce débattre pour trouver des réponses ; c’est se confronter à ses propres désirs et à ses peurs les plus intimes . C’est être aveuglé par le soleil et assourdi par la pluie. C’est assister à la lutte pour la vie , au plus profond de soi , c’est sentir le regard impitoyable du malheur se poser sur soi, à chaque coin de rue , à chaque trottoir, sentir le moment où il vous transperce l’épaule et vous murmure au creux de l’oreille  » la prochaine fois , ce pourrait être ton tour  » . Être en Inde c’est voir le sens de l’autosuffisance voler en éclat. C’est se sentir libre. Et impuissant. C’est ne pas oublier un seul instant cette fabuleuse et étrange énergie qui vous entoure.

    Être en Inde c’est comprendre que la vie est un paradoxe. C’est être obligé de poser des questions de l’existence. Être en Inde c’est choisir, par moment, d’être sourd et aveugle-tout en sachant que vous ne parviendrez jamais tout à fait à l’être. Être en Inde , C’est se sentir seul , se sentir humain . Apprendre à accepter l’inattendu, pas à le comprendre. Être en Inde c’est savoir que le temps est subjectif , sauf s’il s’agit des naissances , de morts ou de mariages . Être en Inde c’est ne jamais connaitre l’ennui, mais souvent le désespoir. C’est apprendre à rire du bonheur et du malheur , apprendre à espérer . Être en Inde c’est savoir que tout change et rien ne se perd …… etc. »

    En esperant que l’inde passera au fil du temps dans les souvenirs positifs…
    Bon voyage
    Laura

  • Wouah, voilà un article qui décrit tout ce que j’ai vécu et ressenti en Inde et je n’y suis restée qu’un mois. Je pense sincèrement que c’est le choc culturel le plus violent de toute la planète. Aucun pays ne peut être pire que ça. Je n’ai jamais vu un tel manque de respect, même envers leurs propres pairs. Et c’est certain, je n’y retournerai jamais. ceci dit ça ne m’a pas dégoûtée de l’asie et j’ai maintenant envie de voir le Sri Lanka.
    Avec le recul, presque un an après, je réalise que j’ai quand même vu de belles choses mais l’amertume reste. Moi qui suis totalement anti voyages organisés, pour l’inde je ne peux que recommander de voyager en groupe ou avec chauffeur privé.

  • Il y a bientôt un an, je suis allée un mois avec mon copain en Inde … Et j’ai eu le même ressenti que toi (et qu’Estelle dans le commentaire précédent). J’ai détésté ce pays et pourtant j’y ai vu de belles choses, de belles personnes (peu). Mais les côtés négatifs l’ont emporté : la condition de la femme (et la façon dont j’ai été traitée), la misère crasse dans laquelle ils se complaisent selon moi, leur curiosité malsaine et intrusive …
    Je n’ai aucun désir de retourner en Inde, du moins pas dans les mêmes conditions. Tout comme le dit Estelle, je n’y retournerais que dans le cadre d’un voyage organisé pour voir les merveilles patrimoniales.
    Ca reste une expérience forte de ma vie, mais près d’un an après, je n’arrive toujours pas à mettre les mots exacts sur mon ressenti. L’expérience indienne est vraiment quelque chose de très particulier, qui laisse un souvenr et un goût amers !
    Elodie

  • Mecri pour ce texte honnete. Apres un mois en Inde, il fait echo a ma propre experience. Je me revois a l’aeroport, pressee comme jamais de quitter un endroit, avec encore des problemes « humains », jusqu’au bout du bout… Je ne pense pas que l’on puisse se preparer a un voyage en Inde, il faut effectivement y aller pour prendre conscience de ce que cela implique. J’espere malgre tout que tu as pu ou pourras trouver un moyen de faire emerger des souvenirs positifs !

    • Je vis en Inde depuis 18 mois. Par moment j’ai l’impression de devenir dingue. Mais ça ne dure jamais très longtemps. Je remets tout en perspective: OK tu es en Inde.
      Mais le quotidien ici est…épuisant.
      J’ai vécu 7 années en Roumanie. Je pourrais y passer tout le reste de ma vie. Je ne peux pas en dire autant de l’Inde. Je passe tous mes vendredis matin dans 1 école qui reçoit des enfants des bidonvilles. Les enfants et surtout leur éducation est le plus grand espoir.

      Je pense que vous avez sous-estime le poids de la culture.
      Les indiens nous trouvent dégueulasses quand on se mouche dans 1 mouchoir et qu’on met ce mouchoir dans notre poche. Les indiens nous considèrent toutes (nous occidentales) comme des filles faciles (au mieux). Vous savez pourquoi? Quand ils nous voient, ils ont l’impression de croiser l’actrice du dernier film pornographique qu’ils ont regardé pour tenter d’échapper aux frustrations que le poids de leur culture leur impose.
      Le mensonge n’est pas quelque chose de « mal ». Au contraire, ils mentent pour « faire plaisir » pas pour nuire.
      On ne pense pas de la même façon. Nos cerveaux ne fonctionnent pas de la même façon.
      Il est absolument inutile d’essayer de comprendre, il faut juste accepter. Prendre ce qu’il a de mieux et laisser le mauvais de côté.

      Voyons ce que demain nous réserve.

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