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Le top de nos galères en voyage ou pourquoi on devrait souscrire à une assurance

J’écrivais ICI il y a quelques temps déjà, que j’étais une poissarde en voyage. Ou plutôt sur les départs. A tout bien y réfléchir, quand on calcule le nombre de bobos, gros coups de fatigue et maladies de l’enfer que j’ai accumulés durant toutes nos aventures, je crois que je pourrais même dire que je suis une poissarde tout court. Il faut aussi savoir une chose : que l’on soit au bout du monde ou chez nous, je tombe malade à peu près tous les quinze jours. C’est comme ça. J’ai le système immunitaire d’une crevette et je ne fais rien pour y remédier. J’ai une intolérance au gluten (vous savez, ce truc soit disant vaguement à la mode mais qui m’empêche réellement de me goinfrer de pâtes comme je le voudrais), j’attrape un rhume au moindre coup de vent et je peux avoir envie de dormir en plein après-midi (ce que je ne fais pas). Le pire, c’est que  malgré tout, je continue à manger du blé (parce que c’est bon, bordel !), à me balader pieds-nus chez moi, même en hiver (un truc que j’ai gardé de mon adolescence aux Antilles, cumulé à une répulsion aux chaussons), et je dors environ 6h par nuit. A ce niveau de la lecture, vous devez sûrement vous dire : « cette meuf n’est pas poissarde, elle est juste un peu débile». Et vous aurez raison. De fait, quand on part en voyage, étant donné que nous ne souscrivons jamais à une assurance comme Mondial Assistance, au grand dam de la santé mentale de nos parents, j’attrape à peu près toutes les bactéries possibles.

Pour la blague, on s’est donc amusés à topifier nos épisodes de galères en voyage (oui parce que Matt aussi a son lot de pépins pas trop glorieux, quand même).

Celui où elle se pète l’orteil en croyant à une alerte tsunami au Chili

Imaginez un hôtel aussi vide et flippant que l’Overlook de Shining, sans Jack Torrence pour nous poursuivre avec une hache, mais des possibilités de tsunamis au moins aussi dangereuses. Imaginez une alarme au milieu de la nuit qui retentit sans inquiéter Matt, mais qui me fait bondir de notre lit comme un chien de chasse aux arrêts. Imaginez alors que je cours dans ce grand hôtel vide, pieds-nus, et qu’inévitablement je me cogne le petit orteil contre la porte d’entrée pour vérifier que nous n’allons pas bientôt être emportés par une déferlante du Pacifique. Vous comprendrez alors pourquoi notre hôte s’est payée ma poire quand elle m’a vu avec mon pied dans la main en train de lui demander si un tsunami arrivait alors que ce n’était qu’une alarme incendie pour les pompiers. Résultat : un orteil pété, une honte intersidérale. Merci le Chili. Merci la vie.

Celui où il se défonce le tibia en tombant entre les rails abandonnés dans les Andes

Cet épisode là me fait encore bien rire rien que d’y penser, alors que la cicatrice de Matt n’a toujours pas disparue au bout de bientôt trois ans. Comme blessure de guerre, je crois qu’il aurait préféré autre chose qu’un trou dans la jambe, mais ça a son petit charme. Alors que je suis en train de travailler sous la couette de notre chambre à Uspallata, un bled paumé au fin fond de la cordillère des Andes, Matt part rejoindre deux amis belges rencontrés en chemin pour partager une bonne bière. Je vous arrête tout de suite : son degré d’alcoolémie n’entre pas du tout en compte dans la suite de cette aventure. Il n’était d’ailleurs absolument pas ivre quand, sur le retour, dans le noir complet et sans lampe-torche, il tomba sans le vouloir entre les deux rails qu’il tentait d’enjamber. Au lieu de passer au-dessus, il s’effondra à un mètre de profondeur, se cognant la cage thoracique et le tibia au passage. Le souffle coupé, avec personne pour l’aider au fond de son trou, il réussit à ramper jusqu’à notre chambre comme il put, un trou dans la jambe presque creusée jusqu’à l’os et les bouteilles de bières vides intactes. Car en véritable héros de l’écologie, il était tombé à travers ces rails en ayant le réflexe de garder le bras tendu pour ne pas briser les bières. Vous comprenez pourquoi je me marre encore maintenant ? Aux dernières nouvelles, les bières vides vont bien.

Celui où elle croit mourir à cause de la malarone à deux mètres du lac Titicaca

On nous avait conseillé de prendre un traitement anti-palu pour nous protéger des éventuels moustiques de la forêt amazonienne où nous avions réservé un trek avec un couple d’amis pour quelques jours. Comme tout traitement de ce type, on le commence avant et on le poursuit après. Quand on lit la notice, on peut voir qu’un petit pourcentage de personnes peut avoir de sales effets secondaires. Comme par hasard, sur nous quatre, j’ai été ce petit pourcentage. Si le traitement est bien passé les premiers jours, j’ai profité des derniers entre mon lit et les toilettes de notre pension au lac Titicaca (la belle coïncidence !) Infecte avec tout le monde, fatiguée de ne pas pouvoir dormir, manger ou même marcher sans avoir l’impression de brûler de l’intérieur, on a été à deux doigts de rentrer en France en urgence. J’ai finalement traîné mon corps jusqu’à Arequipa, pris un traitement pour arrêter de me vider de tous les côtés et je crois que mes amis ont fini par me pardonner (enfin j’espère).

Celui où il crame sur une plage au Portugal

Lors d’un précédent voyage où mon cher et tendre a rejoint des amis au Portugal, il a du adopter le look Dracula : comprenez par là, une ombrelle et des vêtements longs pour se protéger du soleil tel un vampire sanguinaire. Son sang à lui a beau être espagno-algéro-italien, et il a beau pouvoir bronzer en deux minutes sans difficulté, faut pas pousser Mémé sous les UV non plus ! Résultat, le Matt a fini son séjour portugais aussi rouge qu’une écrevisse et il n’a pas honte désormais de me piquer ma crème solaire quand on part sous les Tropiques.

Celui où elle découvre Ryan Gosling, en pyjama, sous morphine, dans une clinique au Pérou

Mon bidou et moi, c’est une grande histoire d’amour. Je l’écrivais plus haut, je suis intolérante au gluten et je me trimballe une petite brioche allergique aux séances d’abdos les plus intensives. Quand je sors de table, je suis gonflée comme une femme enceinte de cinq mois et j’ai faim à peu près tout le temps. Ne cherchez pas, même le meilleur gastroentérologue de Paris n’a rien trouvé d’anormal. J’ai donc toujours sur moi une pharmacie ambulante. Charbon végétal, smecta, debrida et autres spasfons sont mes amis pour la vie. Les maux de ventre forment mon quotidien si bien qu’arrivée à Cuzco, je n’ai pas su faire la différence entre le mal de l’altitude et une simple indigestion. Le lendemain, j’ai tout naturellement fini par être emmenée aux urgences, pétrifiée, le ventre dur comme du bois, à pleurer ma Maman. Tout ça sans savoir bien sûr que la clinique qui m’attendait était privée et allait me taxer 300€ pour une prise de sang, un shot de morphine, un pyjama en flanelle à nounours, un repas pour Matt et HBO sur un écran plat dans ma chambre. L’avantage, c’est que j’ai pu découvrir The Notebook, et Ryan Gosling par la même occasion. En effet, sous morphine, il peut avoir du charme.

Celui où il découvre qu’en fait il ne tient pas l’alcool en Ireland et en Ecosse non plus

Si j’ai des problèmes avec mon ventre, Matt entretient un rapport amour/haine très intense avec son foie. Il est peut-être rarement malade (heureusement, vous imaginez le couple d’enfer sinon ?) mais il lui arrive de faire les pires crises de foie que j’ai vu chez un être humain. Quand c’est à la maison et qu’il est bien entouré (comme par des gentils copains qui viennent lui apporter une couverture dans les toilettes qu’il ne veut pas quitter pour passer la nuit), à l’étranger c’est une autre histoire. La première crise de foie dont il se rappellera toute sa vie s’est passée en Irlande le 30 décembre, parce que c’est bien connu qu’on boit toujours plus la veille du jour officiel pour faire la fête, surtout quand on part avec ses meilleurs potes. La Guinness et le whisky ne lui ont pas fait de cadeau si bien qu’il a pu arborer un visage vert très irlandais pour passer la nouvelle année à l’eau minérale. Sa seconde crise de foie en voyage s’est passée avec un ancien militaire chez qui nous faisions du couch-surfing à Glasgow, et moi. Comme je déteste la Guinness autant que Matt l’adore et que notre hôte avait prévu un pack chacun, je vous laisse imaginer la quantité d’alcool ingurgitée par les deux compères. La bouteille de whisky supplémentaire n’était peut-être pas une excellente idée… Sauf que si les Ecossais n’ont pas volé leur réputation de bons buveurs, le foie de Matt est quant à lui bien de chez nous. Résultat, Maurice (notre hôte) a tenu à nous laisser son lit pour rester dans le canapé et je pense qu’on lui doit un amour éternel pour ça.

Celui où elle choppe la dysenterie on ne sait pas comment en Inde

Cette anecdote est encore très fraiche puisqu’à l’heure où j’écris ce billet, je suis un traitement qui a l’avantage de me redonner la force de tenir debout. Vous aurez donc compris combien mon ventre peut me faire des misères et, une fois encore, je ne me suis pas inquiétée d’avoir la diarrhée quelques jours. Après tout, nous sommes en Inde, pays où l’hygiène alimentaire tient à peine du concept, donc il fallait bien que je choppe une tourista à un moment ou à un autre. Sauf que ladite tourista a commencé a durer, empirer, et que mes premiers jours à Goa se sont passés entre la moustiquaire de notre chambre et nos toilettes, plutôt que sur la plage. Après dix jours à ne pas vouloir me soigner et avoir mangé la crevette de trop (bah oui, vous vous rappelez que je suis débile, donc manger des fruits-de-mer avec la diarrhée, où est le problème ?) Matt a fini par me forcer à voir un médecin (parce que j’ai oublié de préciser : je hais les médecins !) En arrivant à son cabinet, je me suis dit que j’allais peut-être ressortir avec plus de microbes qu’en arrivant mais finalement, aujourd’hui, je peux vous écrire avec toute ma lucidité, des aliments solides dans l’estomac et même le sourire.

Celui où il choppe la dysenterie de sa copine parce qu’elle aime bien partager

Alors que je me rétablis rapidement, il y en a un qui ne peut même pas vous partager lui-même ses mésaventures car il est présentement en train de dormir comme un loir, shooté aux médocs ayurvédiques, après avoir passé la nuit à se vider dans les toilettes sèches de notre petite hutte goannaise. Je l’aime tellement que je n’ai en effet pas pu m’empêcher de lui refiler ma sale bactérie intestinale. Je crois qu’il m’en est très reconnaissant, mais je ne suis pas sûre.

La moralité de ce top de nos galères en voyage, outre son aspect comique avec le recul, c’est qu’on a finalement eu beaucoup de chance quand on sait toutes les maladies bien pires qui traînent dans les pays où nous avons voyagé et planifions de voyager bientôt. Courageux mais pas suicidaires, nous sommes quand même à jour sur tous nos vaccins. Et si on doit repartir pour l’aventure une prochaine fois, il y’a de fortes chances que nous souscrivions à une assurance voyage. J’ai toujours les 300€ de ma clinique péruvienne en travers de la gorge et la petite voix de mon père dans la tête qui nous a gentiment susurré à notre départ : «Vous êtes fous ? C’est n’importe quoi !».  Encore hier, j’échangeais à ce sujet avec une jeune Canadienne qui a contracté la fièvre typhoïde (malgré le vaccin !) et qui a pu être prise en charge par son assurance pour couvrir les soins très coûteux de sa cure à l’hôpital de Goa. Je touche du bois pour que nous ne rencontrions jamais le même genre de problèmes mais, voyageurs, voyageuses, soyez moins débiles que nous : assurez-vous !

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