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L’escalade du volcan Villarrica – Chili

Debout 6h, arrivés à l’agence Sierra Nevada 6h30 les premiers, nos sacs à dos et les guides du tour nous accueillent. Une fois que le reste du groupe nous a rejoint – une belle brochette d’Allemands et quelques Américains – nous voilà partis en mini-bus pour le parc Villarrica. Notre objectif ? Monter le volcan du même nom, soit 9h d’ascencion, 12 kms aller retour sur 1400 mètres de dénivelé dans la roche friable et la glace. Yes we can !

 

A notre arrivée, le soleil n’est pas encore levé ou juste assez pour nous laisser entrevoir, dans un froid glacial, le géant Villarrica face à nous. De loin, il a l’air impressionnant. De près aussi. Mais comme l’agence nous a dit que tout le monde pouvait grimper sans condition physique particulière, on n’a pas peur.

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Finalement, dix minutes plus tard, les guides de la même agence nous annoncent la couleur : la première étape est “muy muy dificil”. On vient d’allonger 100 €, on ne peut plus reculer. Pour ceux qui veulent prendre le télésiège, c’est maintenant ou jamais. A 6000 pesos de plus(10€), on va marcher.

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Arrivés au premier stop, un guide nous rappelle que l’on peut encore choisir de redescendre les quelques mètres, grimpés avec du mal en ce qui me concerne, – le rythme militaire est dur à suivre – et prendre le télésiège. Après, il sera trop tard. Je demande à une autre guide, Sarah, si on peut ralentir la cadence. Finalement, nous monterons toutes les deux, plus lentement, tandis que le reste du groupe nous devancera d’une bonne demi-heure.

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L’ancien télésiège, complètement à l’abandon nous attend au premier vrai stop (où l’on peut s’asseoir dix minutes, boire et manger un bout). Je pense aussi à abandonner mais Sarah me promet d’aller à mon rythme. Matt continue avec le groupe et l’appareil photo au cas où j’aurais encore la lubie d’arrêter en plein milieu.

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Je laisse Marie avec des vertiges au pied du téléphérique en ruines. Malgré mes encouragements, elle semble à bout de force. Je suis persuadé qu’elle peut le faire, elle non. Sans que j’ai le temps de me reposer vraiment, mon groupe repart de plus belle. J’ai un peu de mal à me mettre au rythme du guide.

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On arrive à l’endroit où la terre épouse la glace. D’ici, c’est déjà superbe. Le temps d’accrocher nos crampons et de casser la croûte et c’est déjà le moment de repartir. Quand je regarde derrière moi j’ai presque le vertige.


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Je pense à Marie dont j’ai le déjeuner et m’inquiète de ne pas la voir arriver. J’ai peur qu’elle ait abandonné. En fait, elle est un dizaine de mètres derrière moi et vient d’arriver depuis peu. Je lui donne sa collation, nous échangeons un baiser et nos chemins se séparent encore.

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L’ascension est de plus en plus physique. Je sens mes cuisses comme je les ai rarement senties. Tout est une question de mental ; et puis je vois la douleur sur la face des autres aussi. S’ils peuvent le faire, je le peux aussi. Plusieurs fois la glace menace de nous faire chuter. Derrière nous le panorama est de plus en plus spectaculaire.

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Le sommet se rapproche à vue d’oeil, les vapeurs du volcan devenant de plus en plus épaisses. Malgré la douleur, l’imminence du repos fait redoubler nos efforts. On enlève les crampons pour le dernier passage, un chemin sinueux qui grimpe sévère et où la possibilité de la chute est assez effrayante. Je pense à Marie. A-t-elle abandonnée ?

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“Plus que vingt minutes”. Le temps chilien, comme souvent en Amérique du Sud, est assez lié à la question de la relativité. Malgré cela, je m’accroche à ces vingt petites minutes pour arriver sur le toit du volcan. Le guide nous félicite finalement d’une franche poignée de main. Là, mes yeux tombent sur un paysage fabuleux…

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Matt m’ayant quittée, je n’ai plus que mon mental pour seul coach et Sarah, qui m’encourage en me mentant sur l’heure. Bizarrement le fait qu’elle m’annonce une durée plus longue que la réalité me motive à avancer. Et puis sa patience est remarquable. Nous marchons presque à 2 à l’heure alors qu’elle a l’habitude de gravir ce volcan trois fois par semaine depuis deux ans et que nous avons le même âge. Petit à petit, à force d’autopersuasion – je ne cesse de me répéter que je PEUX le faire – nous arrivons à retrouver un rythme acceptable et à rejoindre un, puis deux, puis trois groupes de personnes à bout de force.

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Arrivées au moment de mettre les crampons, un guide se fait copieusement engueulé par ses moutons épuisés. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir LA guide parfaite qui ne m’engueule pas pour aller de l’avant. Et puis le cratère n’étant plus très loin, je sais que j’arriverai au bout. Les dix dernières minutes sont atroces. Je m’arrête sans arrêt et ne comprends pas pourquoi on a enlevé les crampons alors qu’il reste de la glace qui manque de me faire chuter à chaque pas. Finalement, à deux doigts de tomber dans les pommes, Sarah me prend dans ses bras pour me féliciter. Ca y est nous y sommes enfin ! Je rejoins Matt, fier de moi. Yes I DIT IT !

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On fait le tour du cratère avec Sarah qui nous explique la vue : 6 autres volcans tous actifs entourent le Villarrica. Nous ne verrons pas de lave en fusion – ou juste deux petites boules – mais un beau panache de fumée blanche amplement suffisant en guise de trophée.

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A peine le temps de me reposer que nous voilà repartis non sans s’être équipés du pantalon de protection et des jambières prêtés par l’agence. On va vite comprendre leur usage… Le retour se fait sur les fesses, dans la glace pour une glissade mémorable, dont on contrôle la vitesse avec notre piolet. Evidemment, je ne m’en servirai pas beaucoup. Un pur délire bien plus satisfaisant que la montée.

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Tous en rang d’oignon, on se suit sur la corniche de neige parfois très fine qui rejoint un pan de glace à un autre. Les genoux, les cuisses et le dos en compote, les chaussures et le sac pleins de glace, on se redéshabille pour l’ultime épreuve : la descente dans le sable. Ce qui est bien, c’est qu’on se laisse s’enfoncer pour donner plus d’ampleur aux mouvements. Ce qui l’est moins, c’est que Matt me fait remarquer que je marche comme Jamiroquai danse : bizarrement.

 

Au bout d’une heure et demi à peine, alors que nous avons mis presque 6h pour monter, nous revoilà déjà au pied du volcan, épuisés, trempés de sueur et de glace fondue, mais conscients d’avoir réalisé l’acte le plus physique de notre voyage jusqu’alors, voire même de notre vie.

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2 réponses to “L’escalade du volcan Villarrica – Chili

  • 6h de montée bien hard !!!! Je viens de lire votre article et j’avais limite mal aux cuisses pour vous :s . En tout cas c’est un très beau spectacle arrivé en haut. 😀

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