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Berlin : que voir en 5 jours ? Nos dix incontournables pour une première visite

Je vous l’avais écrit récemment, Berlin était pour moi, Marie, une petite revanche à prendre depuis plusieurs années. Quand j’y étais allée il y a maintenant 7 ans, je l’avais découverte sous deux mètres de neige. Vide, calme, froide. Tout ce que je n’imaginais pas d’une ville bouillonnante de culture et de beats electro qui me faisaient rêver depuis longtemps. J’en étais repartie, sans grande surprise, malade comme un chien et hyper déçue. Il fallait donc que je passe le cap de la trentaine (#ouin) en revoyant ma copie sur la capitale allemande. 

Nous devions être 8, nous nous sommes retrouvés à 3 : ma BFF, mon mec et moi . Merci aux aléas du terrorisme et de la panique parisienne qui ont bouclé tout un aéroport laissant mes potes sur le carreau d’Orly. Qu’on se le dise,  j’ai quand même passé l’un des meilleurs séjours de ma vie. Entre deux bières et deux tympans explosés par la douce mélopée hard teck d’une boite enfumée (faut pas se leurrer, c’est avant tout pour ça qu’on venait), on a quand même fait les gros touristes. A notre rythme, en ratant certainement pas mal de trucs, mais si vous voulez vous balader entre le hasard et un petit plan des essentiels, voici nos 10 recommandations.


Que faire à Berlin en 5 jours ?

(cliquez sur chaque puce pour vous rendre au chapitre correspondant plus rapidement)


Prendre la température à Mitte

C’est très certainement ici que vous commencerez votre visite de Berlin : au centre (en allemand, « mitte »). C’est également ici que pullulent les attractions touristiques. Alexanderplatz – et sa tour télé s’érigeant comme un immense point de repère dans le ciel où que l’on soit (ou presque) à Berlin. Aux alentours , les berges de la Spree (rivière locale) et le Berliner Dom (la cathédrale) compléteront la visite. En tout cas, pour nous, ce sont les seuls monuments auxquels nous nous sommes cantonnés. On y a fait un peu de shopping, flanné dans les ruelles, bu quelques bières. Mais Mitte n’est qu’une petite parcelle de ce que propose Berlin. La vraie visite commence une fois qu’on a fait le tour du centre.


Rigoler à Checkpoint Charlie

Parce que c’est vraiment drôle. Et triste à la fois. Il faut quand même rappeler que ce lieu devenu hyper touristique fut le point de contrôle des quelques rares personnes ayant eu droit de circuler de l’est à l’ouest de Berlin pendant la guerre froide. Aujourd’hui, certains Allemands habillés pour l’occasion en uniforme russe ou américain (rapport aux deux nations ayant tenu la frontière d’une main de fer de part et d’autre du mur) jouent les bêtes de foire le temps d’une photo souvenir. Evidemment, il faudra sortir le porte-monnaie ; on ne pose pas devant le Checkpoint Charlie comme on veut. 3€ pour un cliché avec le faux militaire de son choix (même pour une photo prise avec son propre appareil ou téléphone) et 4€ pour un coup de tampon identique à celui que les quelques élus se faisaient apposer pour circuler « librement » d’un côté à l’autre de Berlin. Comme quoi, y’a pas de petit profit !

Checkpoint Charlie – Berlin ©voyagesadeux


Se recoiffer à l’aéroport de Tempelhof

Mon aéroport préféré à ce jour, et pour cause : il est désert ! Et même s’il ne fait pas partie des meilleurs aéroports du monde selon le sondage d’Edreams (ce qui est compréhensible) il reste un véritable incontournable de Berlin pour tout amateur d’urbex qui se respecte. Imaginez vous en train de marcher, pédaler, rouler voire même voler (les locations de différents moyens de locomotion comme le kiteboarding sont légion sur place) en plein milieu d’un tarmac vide de toute circulation aérienne. Oubliez votre brushing et munissez vous d’un bon pull si vous ne voulez pas ressortir frigorifié et coiffé comme un as de pique.

Notre conseil : poussez la balade jusqu’aux baraquements environnants (le mini-golf tout en récup’ est vraiment top et les carlingues d’avions sont aussi à voir) puis jusqu’au cimetière qui jouxte la mosquée voisine.

Aéroport de Tempelhof – Berlin (merci Camille pour la photo !)

 


Se balader à vélo dans Kreuzberg

Ça reste notre quartier préféré de Berlin. Nous ne l’avons pas fait à vélo contrairement à ce que prétend ce sous-titre mensonger, mais à pied en partant de l’aéroport de Tempelhof. La balade est donc conséquente – d’où notre conseil de la faire à vélo – mais les petites rues pleines de streetart, galeries, bars underground et friperies valent à elles seules le détour. C’est certainement le coin le plus alternatif de la capitale. Là où l’on peut trouver une vraie ambiance populaire et certains vestiges de l’ancienne RDA. C’est aussi considéré comme le quartier turc, donc vous y trouverez votre bonheur en matière de cuisine méditerranéenne. De quoi changer un peu de la currywurst !

Balade à Kreuzberg – Berlin ©voyagesadeux

Balade à Kreuzberg – Berlin ©voyagesadeux

Balade à Kreuzberg – Berlin ©voyagesadeux

Balade à Kreuzberg – Berlin ©voyagesadeux

Balade à Kreuzberg – Berlin ©voyagesadeux


Se mettre au vert au Tiergarten

Quand vous en aurez marre du bruit de la foule, partez prendre un bol d’air frais dans le plus grand parc de Berlin. On aurait aimé arrivé à la bonne période pour y manger et boire sur les grandes tablées, un peu comme à Munich pendant la fête de la bière, mais pour ça, il faut attendre les beaux jours. Tant pis, cette petite virée au vert nous a quand même fait le plus grand bien.


Passer sous la porte de Brandebourg

Il n’y aura pas grand chose à y faire d’autre, à part peut-être prononcer vous aussi que vous êtes Berlinois à la manière de Kennedy. Mais si vous sortez d’une balade au Tiergaten (ou y allez) ce sera l’occasion d’admirer ce monument le plus représentatif de Berlin. Si l’on se penche un peu sur son histoire (Wikipédia est ton ami)  autant dire qu’il en a vu de toutes les couleurs.

Porte de Brandebourg – Berlin ©voyagesadeux


Boire une bière et manger une currywurst

Quand je dis « une » c’est parce qu’il faut au moins le faire une fois mais rien ne vous empêche d’agrandir le nombre. Découvrir Berlin sans boire une bière ou manger une currywurst reviendrait à passer à côté d’un plat de pâtes en Italie ou une planche de charcuterie dans une brasserie par chez nous. En gros, c’est un peu le combo gastronomique par excellence. Pour le reste de ce que l’on peut se mettre sous la dent, Berlin est à l’image de beaucoup de capitales européennes, un meltingpot. On pourra aussi bien manger des merveilleux falafels dans le quartier turc de Kreuzberg que déguster un plat de saucisses plus bavarois que berlinois dans une brasserie typique allemande (et très touristique au passage). Je vous confirai à ce sujet quelques bonnes adresses où manger allemand à Berlin dans un prochain article.

  • Où manger une currywurst ? A peu près partout. On a testé celles du kiosque d’Alexanderplatz (très touristique) sans être déçus. On a également vu une queue monstre en face du Curry66 à Kreuzberg.
  • Où boire une bière ? Littéralement partout.

S’ambiancer dans un club techno

Pour l’intégrité et l’image des participants à cette soirée, je ne posterai aucune photo illustrative. Je tiens à garder mon mec et ma meilleure amie après la publication de cet article. Disons simplement que nous sommes entrés de nuit et ressortis en plein jour et que nos yeux en ont grandement souffert… on va dire ça. Entrés où ? C’est là le grand dilemme. Berlin regorge de clubs plus tentants les uns que les autres. Pour n’en citer que quelques-uns : le Watergate (pour une super vue), le Weekend (pour les fashion-victime), le Berghain (pour les… chanceux qui passent le contrôle de Sven ou qui ont juste le courage d’attendre 2h sous la pluie), le Golden Gate, le Cassiopeia ou encore le Trésor. On a opté pour cette dernière option après avoir lu quelques trucs sur internet qui nous ont mis l’eau à la bouche : berceau de la techno allemande, ambiance dégénérée entre fumée opaque et cages pour danser dans une cave, beats infernaux, population déjantée, le tout dans un immense entrepôt aux allures de hangar désaffecté.

On s’habille comment pour sortir en club à Berlin ?

Pas la peine de sortir vos Louboutin et penser siroter un Mojito sur le dernier son moisi de David Guetta (#pléonasme), vous risqueriez de ressortir traumatisé à vie. Non, ici, on peut venir les seins à l’air sous un haut transparent qui ne laisse planer aucun mystère, ou les fesses apparentes enserrées dans un bas résille hyper sexy, aussi bien qu’en jean-baskets. On peut enchaîner les pintes de bières pour 3€ (ouais ouais, c’est bien le prix en boite ma gueule !) et saigner des oreilles en tentant de retrouver ses potes dans une ambiances digne de Silent Hill. Puissant, intense, glauque diront certains, follement excitant diront les autres. En bref : une putain d’expérience.

Pour la petite histoire, le Trésor fut autrefois hébergé dans le coffre-fort d’un grand magasin (d’où son nom) avant de subir les descentes de Police. Vous vous doutez bien que les clubbers ne tiennent pas jusqu’au bout du weekend en buvant du thé vert et même si la consommation de certaines substances semble tolérée (je n’en reviens d’ailleurs toujours pas), faut parfois pas abuser. Le Trésor a donc perdu pour certains une partie de son âme en déménageant, mais ne pouvant faire le comparatif, je vous valide que j’ai passé l’une des meilleures soirées de ma vie.

Et après on va où ? Ah parce que c’est pas fini ? Bah non ! 

This is Berlin, honey ! 

A Berlin, la plupart des boîtes ouvre le vendredi soir pour ne fermer que le lundi matin. Le Berlinois peut donc s’il le souhaite commencer sa soirée, aller se coucher, prendre un bon petit déjeuner puis retourner s’ambiancer. Pour savoir où sortir, les clubs cités plus haut sont tous ouverts en continu. Nous avons tenté le Berghain, pour la postérité, temple de la techno considéré par beaucoup comme LE meilleur club du monde et petit fantasme personnel en grande amatrice de minimal. Au bout de 20 minutes sous la pluie à attendre dans un silence de cathédrale pour ne pas se faire remarquer par le physio à l’entrée, réputé plus méchant que Cerbère lui-même, nous avons fait demi-tour. On doit être trop vieux pour ces conneries (ou en vrai, vraiment trop claqués par le Trésor). Nous ne saurons jamais si nous aurions fait partie de ceux qui arrivent à pénétrer le sacro-saint Berghain ou ceux qui empruntent le walk of shame des refoulés, mais au moins, c’est nous qui l’avons décidé #repàçaSven !


Se recueillir sur le mémorial de l’holocauste

Sans transition (et ça peut faire mal donc l’ordre de ce top 10 reste complètement aléatoire), un passage par le mémorial aux Juifs assassinés d’Europe me semble complètement essentiel pour comprendre l’histoire de Berlin. Je n’en avais jamais entendu parler avant la petite polémique lancée par l’artiste Shahak Shapira, mais j’ai voulu constater de mes yeux la bêtise humaine dans toute sa splendeur en y allant moi-même. Une bêtise à double sens. Déjà pour la teneur du monument qui rappelle l’une des plus grandes conneries que l’être humain ait pu réaliser jusqu’à présent mais aussi pour celle qui perdure, comme pour nous prouver jour après jour qu’on a décidément rien compris aux principes de base du respect. Je m’explique.

Mémorial de l’holocauste – Berlin ©voyagesadeux

Shakah Shapira, jeune artiste israélien installé à Berlin, a pris sur le vif plusieurs visiteurs en train de faire des selfies sur les stèles installées là pour nous rappeler l’horreur de l’holocauste. Il a donc eu la brillante idée de faire un montage photo de ces mêmes visiteurs se prêtant aux positions les plus improbables pour un Insta-souvenir qui leur apportera sans aucune doute des centaines de likes, sur les charniers de la Shoah. Malaise. Le nom du projet artistique ? Yolocaust. Contraction évidente entre le mantra de cette génération d’incultes irresponsables et du plus grand massacre de l’histoire. Résultat : une jeune femme faisant du yoga sur une pile de corps décharnés, un couple amoureux tout sourire devant les squelettes d’enfants assassinés. Nous vivons vraiment en pleine idiocratie…

Cette petite histoire garde quand même une fin heureuse . Les photos de Yolocaust sont devenues tellement virales que chacun des 12 visiteurs piégés par Shapia s’est retourné vers lui pour s’excuser publiquement sur ses réseaux respectifs et a supprimé ses selfies plus que douteux. Y a peut-être encore un espoir alors ?


Admirer le streetart de l’East Side Gallery

C’est un peu à contre cœur que je vous propose ce dernier bon plan. Pas que ça n’en soit pas un, mais j’ai eu la malchance de découvrir cette immense galerie à ciel ouvert à travers une grille. Pour faire des photos potables, on repassera et même pour apprécier l’oeuvre en elle-même, c’est pas génial. La faute encore à la bêtise citée plus haut de certains visiteurs qui ne savent pas apprécier une oeuvre sans la salir. Ça vous viendrait à l’idée, vous, de gribouiller sur Guernica ou la Joconde juste pour le kiff de laisser votre trace ? Les œuvres les plus connues – comme le fameux baiser de Brejnev et Honecker – s’apprécient donc aujourd’hui derrière un grillage. Quand on voit comment l’oeuvre avait été laissée par les visiteurs, on peut comprendre le geste.

Le baiser de Brejnev et Honecker, par Dimitri Vrubel - Berlin

Le baiser de Brejnev et Honecker, par Dimitri Vrubel – Berlin ©Carnet aux petites choses

Streert à l’East Side Gallery – Berlin ©voyagesadeux

 

En tout, ce sont plus de 118 œuvres réalisées par 21 artistes de tout horizon qui ornent ce bout du mur de Berlin installé au bord de la Spree.

On vous conseille aussi de vous aventurer derrière le mur – ouvert par endroits – pour vous retrouver tout au bord de l’eau et admirer la vue d’un Berlin industriel, presque steampunk, avec ses échafaudages d’un ancien temps, ses briques lépreuses et son tas de grues mécaniques.

Vue des berges de la Spree – Berlin ©voyagesadeux

Si vous aimez le streetart, vous pourrez vous aventurer dans les quartiers de Kreuzberg, Mitte et Friedrichshain pour partir en chasse de fresques murales monumentales


Bonus : où dormir à Berlin ?

-Le Singer 109-

Après avoir écumé le site d’Hostelworld, on a opté pour cette auberge de jeunesse super bien placée (en plein Mitte, à deux pas d’Alexanderplatz et des clubs). L’avantage, c’est qu’elle propose aussi bien des chambres doubles pour les couples ou les amis voulant un peu d’intimité (lits doubles ou deux séparés à rapprocher) que des dortoirs mixtes (ou pas) pour les petits budgets. Le lobby est en forme d’immense verrière inondée de lumière (enfin, quand il fait beau, mais j’imagine que ça doit arriver de temps en temps à Berlin ? #mauvaiselangue) où l’on peut se reposer et dénicher quelques flyers sur les activités alentour.

 


L’accueil se partage entre un fumoir et une grande salle où jouer au billard, boire une bière, manger une assiette de nachos et prendre des tips touristiques auprès d’une équipe de jeunes toujours prêts à rendre service (sauf le méchant du dimanche après-midi, mais il doit sûrement gérer pas mal d’épaves sorties de boites alors on le comprend un peu). Gros coup de coeur pour la qualité de la literie (on a raté notre vendredi  soir après s’être endormis comme des bébés dans nos chambres), le tableau recommandant les meilleures soirées jour par jour, et pour le petit-déjeuner de champion: buffet bien garni, à volonté pour 5€.

Si vous cherchez une adresse centrale et pas chère où rencontrer des gens cool et vous reposer comme il faut après une journée de tourisme / nuit de folie, le Singer 109 est celle qu’il vous faut.

 

Infos pratiques : Singer 109 – 109, Singersttrasse – Berlin
Prix : chambre double 54€ / lit en dortoir : 17€ / petit déjeuner : 5€
Au bar : un hotdog 1,50€ / une bière 3,50€ / un cocktail 4€


Et aussi  pour aller plus loin : faire du shopping sur Kurfuerstendamm, (le bio et la déco sont tellement moins chers qu’en France !), aller faire un tour au château de Charlottenburg et Postdamer platz, se perdre dans le métro (ça vous arrivera forcément que vous le vouliez ou non), faire pipi dans la Spree par dessus un pont en sortant de boite, tenter d’entrer au Berghain à 4h de l’après-midi un dimanche sous la pluie, prendre un petit-déjeuner à toute heure de la journée au Bénédicte, faire un billard dans un vieux bar dans lequel vous serez entré par hasard et profiter de l’happy hour (si vous cherchez, le Moonlight propose une ambiance à mi-chemin entre Sheitan et un PMU de Lozére à couper le souffle), se mettre au calme du côté de Wedding…


 

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