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Road-trip : une semaine en République Tchèque

À la base, je rejoignais des copains pour faire la fête à Prague. À la fin, je voulais découvrir la forêt bohémienne. Au milieu, je vous laisse juger…

Forêt de Bohême ©Voyagesadeux

Forêt de Bohême ©Voyagesadeux

Prague by night

Trois jours sans voir le soleil ou presque. J’avais fait Prague de jour il y a quelque temps, j’allais découvrir le Prague de nuit que je ne connaissais pas. Clubs et discothèques…

Crossclub. Temple de métal techno-punk hérissé de carcasses de voitures.

Au fond d’une grotte industrielle, des corps se meuvent dans l’obscurité. Platon 2.0. Une caverne, de la sueur et du bruit. Mon numéro un pour sortir à Prague.

L’Atelier. Va savoir pourquoi je repense aux bonnes heures du Social Club à Paris (Était-ce bien le Social car ça ne s’appelait pas comme cela à l’époque ? J’allais y voir TTC et je ne sais plus quels obscurs groupes. Je retrouve ici des DJs d’Europe de l’Est et la musique n’a pas grand-chose à voir) Je suis plutôt bien sauf que des filles essaient de faire les poches aux hommes les moins sobres. Étrange ambiance. Dommage, parce que le son est au rendez-vous.

D’autres endroits, mais plus les noms. Dans le décor barococo d’un appartement reconverti en boîte de nuit, le DJs s’enchaînent jusqu’au bout de la nuit. Prague by night, si tu kiffes, c’est sûr ça envoie du pâté !

České Budějovice et Holašovice

Départ pour České Budějovice. À l’AT Pension[1] je trouve une petite chambre dont la déco me rappelle les heures communistes. La ville est endormie, c’est lundi et je suis surpris de ne pas y trouver l’ambiance étudiante à laquelle je m’attendais.

České Budějovice ©Voyagesadeux

České Budějovice ©Voyagesadeux

De jour, České Budějovice est assez charmante. Le parvis de l’hôtel de ville avec ses dragons de fer qui semblent protéger la place. La tour noire, dont je rate la visite faute de passer aux bons horaires ou tout simplement parce qu’elle est fermée en ce moment. Au fond je m’en fous un peu, je ne suis pas venu visiter, je suis venu me ressourcer. Je n’attends qu’une chose : me balader dans la nature.

En attendant, je déguste la soupe à l’ail et le goulasch dans les restos où vont les locaux mais aussi la délicieuse carpe de chez Panský Šenk. Je vais siroter des cocktails au Nosferatu Horror bar dans une ambiance gothique en regardant des clips de métal. Le parc autour de la piscine Plavecký derrière le stade de hockey. Je demande à assister à un match mais il n’y en a visiblement pas en ce moment. Enfin, c’est ce que je comprends, mais je ne comprends pas tout car on ne parle pas toujours anglais ici et mon allemand est trop rouillé pour parler de hockey sur glace. Le parc donc… il pleut et je me rappelle le visage abîmé par la vie de cette vieille dame maquillée comme une voiture volée. Il y avait une forme de beauté dans cette volonté de préserver, malgré le poids des choses, une sorte de dignité. Elle sentait la rue et la solitude. J’ai hésité à la prendre en photo. Je n’ai pas osé lui demander.

České Budějovice ©Voyagesadeux

České Budějovice ©Voyagesadeux

Je prends un bus pour Holašovice. Comme je le disais, j’étais venu ici pour m’isoler dans la forêt. À Holašovice, je tombe sur un bus d’Asiatiques. Ça mitraille, sauf que les appareils photos ont remplacé les fusils. Je fais le tour de la place qui constitue la quasi-intégralité du village. Je vais voir des cailloux dressés façon stonehenge – le site est assez récent et je n’ai pas bien compris s’il servait à des reconstitutions folkloriques ou si des énergies mystiques en avaient motivé la construction. Toujours est-il qu’une poignée de gus (dont certains m’inspirent de la sympathie par la douceur qui coule de leur regard) se postent devant l’un des rochers pour essayer de capter quelques courants énergétiques. Une guide du village leur raconte certainement tout ça très bien, mais en tchèque. Quand elle me parle, je fais « oui oui » de la tête mais je ne comprends rien. En tout cas, c’est joli ici. Je me promène un peu dans les alentours et me décide à rester pour la nuit.

Petit problème : la seule auberge d’Holašovice semble fermée. Je vais à l’office de tourisme qui ouvre à 12h30. On me dit qu’il y a une deuxième auberge et on ne sait pas trop me renseigner sur les cailloux décidément bien mystérieux. Je me renseigne aussi sur les bus pour rentrer le lendemain. Il n’y en a que deux par jour. Un le matin assez tôt et le deuxième est à… 12h45. Ce qui veut dire que si je ne trouve pas où dormir il faut que je chope mon bus dans le quart d’heure. Je tente ma chance. Tout a l’air fermé. Je décide de rentrer sur České Budějovice pour partir à Český Krumlov. J’attends le bus qui n’arrive pas quand le sympathique gérant du pub du village propose gracieusement de me déposer en ville. Merci à lui ! Si vous passez à Holašovice et que le pub est ouvert, jetez-vous un verre à ma santé pour le remercier. À la vôtre !

Český Krumlov, la perle tchèque

On se croirait dans une sorte de Saint-Paul de Vence sans les artistes mais en beaucoup plus grandiose. Ne soyons pas avares en compliments :

Et si Český Krumlov était tout simplement l’un des plus beaux villages du monde ?

Ce n’est pas Stéphane Bern qui dirait le contraire à la vision du château massif qui surplombe cette bourgade au charme singulier.

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Le fleuve Vltava traverse tout le village et le coupe en deux, ou trois ou quatre tant il serpente. La basilique Saint-Guy trône au sommet, en face de la tour médiévale dont l’architecture impose le respect. Et partout dans la rue : des Asiatiques. Cette fois, ils n’ont pas pu rentrer tous dans un seul bus. Je ne sais pas si m’étais calé sur des vacances d’Asie (on était mi-septembre) mais il y avait des Asiatiques de partout, si bien que je me suis même fait refuser l’entrée d’un restaurant car ils l’avaient réservé tout entier.

Ajoutez à cela les autres touristes non-asiatiques dont je fais partie et l’ambiance de Český Krumlov devient vite cosmopolite, à défaut d’être authentique. C’est dommage, d’autant plus dommage que les locaux désertent même leurs habitations du centre-ville, faute de tranquillité j’imagine. À la place, on voit pulluler les auberges, restaurants et autres commerces vendant des :

  • pierres précieuses ;
  • marionnettes traditionnelles ;
  • trdelník, cette pâtisserie locale qui constitue un goûter des plus copieux.

Heureusement je crèche chez Skippy[2], un peu en dehors de toute cette agitation. Malgré le monde, je visite Český Krumlov de fond en comble. Je dois avouer que n’importe où, je mange plutôt très bien : U Dwau Maryi, Laibon… des spécialités d’ici et d’ailleurs… quoiqu’il arrive c’est la fête dans mon bidon.

Au milieu de mon séjour, je décide de louer un vélo pour aller jusqu’à Černá v Pošumaví. On me dit de m’attendre à un bon 20 kilomètres. J’en ferais un peu plus de 50 aller-retour, la faute à quelques détours et ce malgré un court passage sur ce qui ressemblait à l’autoroute tchèque…

Campagne Tchèque ©Voyagesadeux

Campagne Tchèque ©Voyagesadeux

Černá v Pošumaví ©Voyagesadeux

Černá v Pošumaví ©Voyagesadeux

À nouveau je n’ai rien visité (d’ailleurs tout était fermé) mais on peut dire que je me suis bien baladé. Hořice na Šumavě où quelques touristes passent mais aussi Mezipotočí, Slavkov et d’autres bleds absolument paumés où personne ne va, à tort ou à raison. C’est la première fois que je faisais 50 kilomètres pour aller boire une bière. Sympa ! Un col de trop et quelques errances plus tard, je rentre complètement crampé, mais heureux de cette journée au vert.

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Český Krumlov ©Voyagesadeux

Je ne l’aurai pas vraiment eu mon séjour en forêt, mais – et c’est l’essentiel – j’aurai tout de même bien profité de mes vacances en République Tchèque.

[1] Au 269/15 de Dukelská, 370 01 České Budějovice. Prix défiants toute concurrence, un peu roots, un peu old school et accueil familial.

[2] Au numéro 123 de Plešivecká (Plešivec) 381 01 Český Krumlov. Pas cher, super ambiance et cadre cosy, petit déj avec vue sur le Vltava.

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