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Hiroshima mon amour

Pour beaucoup, Hiroshima est encore très associée aux événements tragiques de 1945. Quand l’office de tourisme local, rencontré pendant un salon à Nice, nous a parlé d’huîtres et de saké, nos yeux ont commencé à pétiller. Trois ans plus tard, nous étions invités à venir réaliser un reportage sur la gastronomie locale et découvrir la région. L’occasion de constater qu’Hiroshima, et ses alentours, ne riment pas forcément avec bombe atomique, mais avec plein d’autres choses bien plus joyeuses.

Onze heures de bus, c’est la distance qu’il nous aura fallu parcourir pour nous éloigner de la foule et du bruit constant qui animent Tokyo. Cueillis par la pluie, nous sommes rentrés immédiatement dans le vif du sujet en prenant tout d’abord nos distances avec Hiroshima dont nous n’avons eu le temps d’entrevoir que la vue nuageuse sur les montagnes depuis la chambre de notre hôtel.

Saijo où l’on apprend à aimer le saké

Entre les mains de Yoko, notre gentille hôtesse de l’office de tourisme rencontrée trois ans plus tôt, nous montons dans le train direction Saijo l’une des trois villes du saké au Japon, où l’on a le droit à une visite guidée de la maison Kamotsuru pour apprendre les différentes étapes de préparation du fameux breuvage, suivie d’une petite dégustation. Mais je ne vous en dis pas plus, vous n’aurez qu’à aller lire mon reportage sur le sujet dans le prochain numéro de « Cuisine a&d » (parce qu’un peu d’auto-promo n’a jamais fait de mal à personne).

Si vous êtes amateur de saké et voulez en apprendre plus sur cet alcool de riz, on vous recommande le tour des différentes maisons de saké de Saijo, à faire avec un guide ou pas. Très calme, cette petite ville a l’avantage d’être un parfait point de départ pour découvrir la région d’Hiroshima.
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Maison du saké à Saijo – Hiroshima ©voyagesadeux

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Maison du saké à Saijo – Hiroshima ©voyagesadeux

Fukuyama, où l’on découvre l’une des plus vieilles pagodes du Japon

Attention, je vous vois venir : ne pas confondre avec Fukushima ! Ici, on ne trouve pas de radis radioactifs mais une très belle pagode millénaire, puisqu’elle date du neuvième siècle : le temple Myoo-in. Véritable trésor national niché au creux d’un superbe jardin, ce temple est le cinquième plus vieux du pays et a été entièrement construit par le peuple. Il permet d’avoir un bel aperçu de la religion bouddhiste au Japon. Ouvert aux fidèles uniquement le 3e samedi du mois, on peut y admirer également une très belle collection de poèmes datant de la période Edo.

On a adoré la sérénité qui émane de ce lieu un peu à l’écart de tout, où découvrir une autre tradition du pays
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Le temple de Fukuyama – Hiroshima ©voyagesadeux

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Le temple de Fukuyama©voyagesadeux

 

Hiroshima, où l’on fait devoir de mémoire

Nous ne pouvions pas éviter le mémorial d’Hiroshima, rendant hommage aux disparus, pulvérisés en quelques secondes dans ce qui reste un des actes meurtriers les plus marquants de l’Histoire moderne. Aujourd’hui, seul le dôme de Genbaku, un peu à l’écart et dont les ruines délabrées rappellent le souffle de l’explosion, permet de constater l’ampleur des dégâts. On pourra bien sûr compléter également la visite par le musée du site bénéficiant d’une collection d’archives très fournie.

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Le dome – Hiroshima ©voyagesadeux

Mais Hiroshima, ce n’est pas que ça !

C’est aussi une ville qui comme Tokyo ou Yokohama, à moindre échelle bien entendu, a été contaminée par le virus kawaii à grandes renforts d’arcades et de purikura. Une ville où l’on peut trouver son lot de restaurants dans les allées de la gare centrale et de petits konbinis un peu partout. Une ville moderne en somme, qui a largement su se reconstruire et qui ne demande qu’à vous le prouver. On y a même mangé dans un très bon saké-bar (mais ça, on vous en parlera bientôt) et découvert un spectacle de Kagura au théâtre national.

On a adoré les costumes traditionnels employés pendant les danses, qui nous ont rappelés ceux du théâtre Kathakali à Cochin.
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Hiroshima ©voyagesadeux

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Spectacle Kagura – Hiroshima ©voyagesadeux

Tomonoura, où Ponyo dort sur la falaise

Certainement notre coup de coeur dans la région d’Hiroshima, ce petit village de pêcheurs répondait à toutes nos attentes en matière de paysages de cartes postales. Imaginez, un port bordé par des rues trop mignonnes où se trouvent quelques bâtisses qui ont plus de 150 ans et qui sentent bon l’air marin à cause de leur construction en bois de bateau imbibé de sel pour protéger de la pluie (il fallait y penser !) ; des poissonneries pittoresques et des adresses familiales où découvrir une gastronomie gourmande mettant la dorade à l’honneur ; des gens, seulement 4000 en tout, qui ont très envie de te parler même si tu ne comprends rien (merci à Yoko pour la traduction) pour te dire qu’ils ont construit des bateaux de leurs propres mains, ou encore que cet alcool de plantes, l’homeishu (un délice !) n’existe que par ici. C’est ici d’ailleurs, sur la falaise, que se trouve la petite maison qui a inspirée Miyazaki pour écrire son joli Ponyo. Imaginez tout ça et vous comprendrez peut-être pourquoi même Wolverine est venu dans le coin tourner le deuxième épisode de ses aventures (par contre, on ne vous garantit pas de comprendre pourquoi le film fut malgré tout très mauvais).

On vous recommande de goûter la dorade chez Taitei, en bouillon ou en brandade. Vous nous en direz des nouvelles !
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Tomonoura – Hiroshima ©voyagesadeux

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Tomonoura – Hiroshima ©voyagesadeux

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Tomonoura – Hiroshima ©voyagesadeux

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Un pêcheur de Tomonoura – Hiroshima ©voyagesadeux

Une vraie parenthèse enchantée, hors du temps, pleine de belles rencontres et qui nous a montré un autre visage du Japon

Miyajima, où l’on est accueillis par des biches et des huîtres

Pour bien finir notre séjour dans la région d’Hiroshima, Yoko nous a emmené sur la petite île de Miyajima où nous attendait un drôle de comité d’accueil : des biches sauvages (tout est relatif…), très amatrices de papier. On vous déconseille donc de laisser traîner une carte dans la poche arrière de votre jean, elles n’en feront qu’une bouchée ! Pour le reste, ces animaux en liberté face à la mer (700 en tout) constituent peut-être l’un de nos plus beaux souvenirs de ce voyage au Japon. Nous n’avons pas vérifié si elles gambadaient sur des sabots d’airain et préféré préserver le mythe en montant dans une barque pour nous balader sous la très belle arche symbolique de Miyajima : le portail O-Torii. L’occasion de porter un fameux chapeau pointu asiatique pour se protéger du soleil (vous savez, comme des gros touristes).

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Les biches de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

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Le portail de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

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Balade en barque à Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

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Les biches de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

N’oubliez pas de vous balader dans le sanctuaire shintoïste d’Itsukushima et de découvrir votre avenir en « jouant au jeu » des mikados. Attention : le temple est connu pour avoir des prédictions plutôt tranchantes !

Pour bien finir, après un passage dans le temple de Daisho-in perché sur le mont Misen d’où admirer une vue imprenable sur toute l’île, nous avons pu goûter aux huîtres locales. Pour ça, on vous recommande l’adresse Kakiya dans le centre ville, qui porte très bien son nom puisque « kaki » veut tout simplement dire huître en japonais. Ici, on peut déguster le fameux mollusque de plusieurs façons : à la vapeur, gratiné, ou cru évidemment. Assez grosses et grasses, les huîtres de Myajima n’ont rien à voir avec nos petites fines de clair, mais les amateurs apprécieront la différence.

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Le temple Daisho-in de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

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Le temple Daisho-in de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

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Le temple Daisho-in de Miyajima – Hiroshima ©voyagesadeux

Iwakuni, pour faire le pont vers la suite de nos aventures

Belle métaphore que ce Kintaikyo, le plus long pont en bois du monde, pour terminer notre séjour à Hiroshima sur un beau coucher de soleil, avant de poursuivre nos aventures au Japon vers la région de Matsue. Nous n’avons fait que le traverser en écoutant les souvenirs d’enfance de Yoko qui y venait petite avec son père. Nous n’avons pu qu’imaginer la beauté des berges dans le tunnel des cerisiers, quand ceux-ci sont encore en fleur. Tout cela nous aura donné une seule envie : y retourner. Reprendre ce pont merveilleux pour aller dire bonjour aux serpents albinos qui protègent les lieux et assurent prospérité aux visiteurs, pour voir les jardins d’iris et le château de d’Iwakuni, perché au sommet d’un parc boisé…

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Le pont en bois d’Iwakuni – Hiroshima ©voyagesadeux

Autant de raisons (et bien plus encore) de revenir un jour dans la région d’Hiroshima… En attendant, on espère que l’on vous aura donné envie d’aller la visiter à votre tour, histoire de découvrir autre chose que Tokyo et Kyoto qui trop souvent lui volent la vedette, mais avec qui elle a largement de quoi rivaliser !

 

2 réponses to “Hiroshima mon amour

  • Le seul défaut à mes yeux d’Hiroshima est d’être trop loin de Tokyo. C’est pourquoi nous n’avons pas eu le temps de nous y rendre.
    Par contre côté nourriture, je pense qu’il n’y a pas un coin du pays où on ne se régale pas !

    • On ne peut pas vraiment reprocher à une vile d’être plus éloignée qu’une autre. C’est comme dire « Dommage que Montpellier soit si loin de Paris », tout est une question d’envies en voyage et si on se cantonne à la capitale parce qu’on n’a pas le temps de voir le reste, c’est plutôt notre faute pas celle de la ville éloignée 🙂

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