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Le bilan de Matt : Des difficultés du voyage en Inde

Au départ ce papier devait s’appeler « le problème indien ». Ce départ, c’était pour moi la fin du Nord de l’Inde. Trois mois à traverser la moitié du pays et à subir le voyage comme jamais je ne l’avais subi auparavant. Je n’attendais plus grand-chose de ce pays, j’avais déjà vu une bonne partie de sa diversité que je ne trouvais d’ailleurs pas si variée et j’en étais arrivé à la conclusion que je ne reviendrai probablement jamais en Inde.

Ce sentiment a duré jusqu’à Mumbai, une parodie d’Occident trop chère pour moi. L’éternelle question du pouvoir d’achat… Puis il y a eu Goa, mais ce n’était pas tout à fait l’Inde. En même temps, quand on parle de diversité il faut aller jusqu’au bout du concept. J’ai commencé à changer doucement d’avis et à me dire que je reviendrai peut-être un jour (lointain).  Avec le Kerala, j’ai carrément pensé que je reviendrai probablement en Inde. Puis le voyage arrivait à sa fin. Entre l’ashram d’Amma et Auroville, je trouvais enfin un peu de cette spiritualité que j’étais venu chercher et que seul Amritsar m’avait laissé entrevoir dans le Nord du pays. Au moment de décoller vraiment, c’était sûr, je me le suis dit : je retournerai certainement en Inde.

Ce papier pour autant n’est pas une correction des réactions à chaud de Marie. D’abord, nous avons  chacun vécu notre propre voyage et si j’ai pu chercher à la dissuader de publier son post afin de laisser retomber la pression, j’ai également approuvé son choix et eu tout le loisir de ressentir chacune de ses émotions. Heureusement, la plupart du temps, nous ne les avons pas vécues au même moment, ce qui nous a permis de tenir. Pour tout vous avouer, c’était même moi à la base qui était parti pour m’occuper des réactions à chaud. Le sort en a voulu autrement et j’ai changé le titre de mon article, pas pour en diminuer la portée, mais pour mieux coller à l’actualisation de ma réalité. Exit donc « le problème indien », mais quid des problèmes de l’Inde ?

On dit souvent de l’Inde qu’on l’adore ou qu’on la déteste. Ce n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux, comme la plupart des phrases toute faites. Si bon nombre de témoignages recueillis vont dans ce sens, je n’étais moi-même pas très loin de la détester pour de bon. Pour faire simple (c’est-à-dire prendre déjà des raccourcis) on pourrait dire que j’ai détesté le Nord et adoré le Sud.

Chasser la diversité et elle revient au galop. Le Nord et le Sud ne sont pourtant pas si diamétralement opposés, mais j’ai eu l’impression que tous les problèmes de l’Inde, qui sont souvent propres au pays tout entier, sont amplifiés d’un côté autant qu’ils sont mesurés de l’autre. Quels sont-ils ces fameux problèmes ? Après le Nord, l’Inde avait presque réussi à me faire comprendre le point de vue des racistes. Si je me méfie énormément des considérations raciales, j’accepte cependant que l’on désigne le Français comme aimant se plaindre (on disait révolutionnaires à l’époque où nous avions des couilles), l’Allemand comme un esprit rigoriste, l’Italien comme un beau parleur et même le Portugais (au nom de l’humour ou pas) comme souffrant d’une pilosité disproportionnée. Ce que l’on peut donc isoler d’une race ou d’un peuple au niveau du comportement, on peut également parfois l’isoler au niveau des caractéristiques physiques : la couleur de peau, la forme des yeux, la taille, les poils… même si la mixité et la mondialisation ont tendance à brouiller les pistes. Je me méfie donc des considérations raciales, surtout quand elles peuvent créer aussi bien des affinités que l’inverse (c’est là d’ailleurs qu’arrive toute l’ambiguïté du sujet, à savoir qu’elles ne doivent jamais – et je dis bien jamais – mener à une quelconque forme de discrimination) même si je reconnais qu’en opérant sur le modèle trop tentant de la généralité elles contiennent, dans leur mensonge, une part de vérité.

Et l’Indien dans tout ça ? Puisque nous n’avons plus peur de faire des généralités (elles ne s’appliquent bien entendu pas à quelqu’un en particulier mais à tout le monde ou presque et, comme souvent, c’est le « ou presque » qui est le plus important) résumons la chose ainsi : la majorité des Indiens que nous avons croisée n’était pas éduquée (ils ne savaient ni lire, ni écrire leur propre langue et ne parlaient pas anglais), a cherché à nous arnaquer (et je ne parle pas uniquement de marchandage), était sale (ce qui peut inclure le fait de roter, cracher ou se moucher dans ses doigts à longueur de journée, mais aussi pour certains de ne se laver que deux fois par semaine. Je retiens ainsi de l’Inde un peuple de mendiants, depuis les enfants qui courent vers toi en te demandant des roupies ou un stylo (qu’ils vont revendre ensuite) jusqu’aux innombrables sans domicile qui peuplent les trottoirs. Je retiens de l’Inde une impression de moyen-âge en transition avec un système des castes qui refuse d’être aboli parce qu’il arrange trop de monde. Je retiens un peuple superstitieux, manipulé par des prêtres gourmands, que les dieux ont désertés dans un monde où ils avaient de moins en moins de place et des puissants corrompus, comme tout puissant qui se respecte ou presque (notez une fois de plus l’importance du « ou presque »). Globalement, je n’ai pas eu l’impression d’être le bienvenu ; mon argent oui, moi non. C‘est la fameuse hospitalité de l’Inde qui en prend un sacré coup. Difficile avec ce bilan de ne pas être tenté de faire de la discrimination. Heureusement, je suis obligé de penser également à Dipen et Hiral du Gujarat avec qui nous avons passé un délicieux après-midi à Fathepur Sikri, à la petite fille du temple sur les ghats de Bénarès qui nous a présenté ses divinités sans rien nous demander en retour, à l’homme du bus du Shekawati qui m’a raconté la beauté de son désert aux heures où il se couvre d’or et s’est excusé pour ses congénères des mauvaises expériences que j‘avais pu avoir, à Satinder de Jaïpur qui prouve que l’on peut être un excellent businessman tout en prenant soin de ses hôtes et plus généralement aux admirables Sikhs croisés au Temple d’or. Ceux-là vivent tous dans le Nord de l‘Inde et avec eux je pense à d’autres encore, dans toutes les directions cardinales du pays, si bien que je suis rassuré de me rendre compte que la liste n’est pas si courte.

Dans tout cela, il me faut de toute façon relativiser. Les standards d’éducation ou de propreté dont je parlais plus haut ne sont pas universels, il s’agit de ma vision (vision très occidentale sinon personnelle) de l’éducation et de la propreté. Vision possiblement opposée à la leur, tout du moins comparée. Qui sait si je ne passais pas, pour eux, pour un précieux pédant ? Qui a tort ? Qui a raison ? La question en soi est assez stérile et là n’est même pas le propos. Si j’étais rassuré de trouver sur les blogs des expériences parfois encore plus extrêmes que la mienne, je n’ai pu en tirer pour unique conclusion qu’actuellement, l’Inde du Nord n’était pas un (morceau de) pays idéal pour les backpackers. C’est là première fois de ma vie que je me suis vu résigner à quelque chose qui ne m’intéresse pas : une succession de monuments plus ou moins incroyables et un choc des cultures, mais de loin.

En effet, je pense que l’Inde du Nord se visite avec un guide et avec un chauffeur, c’est-à-dire avec des ornières. L’inde du Nord se visite avec beaucoup d’argent, dans le faste décrépi des maharajas d’antan qui finissent de disparaître dans une histoire qui file plus vite que la musique, derrière des demeures-musées de plus en plus difficiles à entretenir. L’inde du Nord se visite dans un luxe pas (trop) cher, fantasmé par des années de littérature merveilleuse que la réalité a depuis renié. L’inde du Nord se déguste dans un simili d’exotisme (« Tu as vu ? L’’eau chaude met vingt minutes à arriver ! Et sais-tu s’il existe encore des tigres ? On peut les voir au dos d’un éléphant ? »). C’est alors un (morceau de) pays incroyable.

Et tous ceux que nous avons croisés qui pouvaient s’offrir cette expérience vous raconteront un pays extraordinaire. Un pays qui, malheureusement, n’est pas l’Inde véritable. Pour les budgets plus serrés, c’est souvent un peu différent. Ceux qui ne restent que deux semaines peuvent garder un peu de poudre au fond des yeux ; l’exotisme pardonne tout. Les bénévoles qui font du sur-place sont souvent trop occupés à laver leur propre quotidien pour s’occuper d’un problème plus vaste. Pour les autres, dont les backpackers sans le sou (là aussi relativisons) l’Inde du Nord est à mon avis plus souvent un pays répugnant qu’autre chose. Les solutions hôtelières, à ce niveau, sont assez minables, les transports chaotiques et les relations humaines quasi-inexistantes. On se rapproche peut-être un peu plus de l’Inde véritable, mais on en est encore loin. Si l’on veut parler d’Inde véritable, comme avec les considérations raciales, il faut aller chercher du côté de la « généralité » et de la tendancieuse « normalité », c’est-à-dire donc du plus grand nombre. Le profil le plus représentatif en Inde : un hindou (ils sont majoritaires) pauvre (ils le sont aussi). Il faudrait donc demander à cet hindou pauvre de nous raconter son pays en toute sincérité. Ce serait là probablement la description la plus proche de l’Inde véritable, cette Inde à plusieurs visages où les déséquilibres règnent. Un insaisissable pays de chaos.

Le problème, c’est que l’hindou pauvre entre rarement en interaction avec le voyageur, sinon pour lui demander quelques pièces. Quant aux gens éduqués, passée la sempiternelle rengaine du « comment t’appelles-tu ? De quel pays viens-tu ? Tu es marié ? Quel est ton niveau d’étude ? » soit la conversation généralement s’arrête, soit comme elle peut quelquefois prendre des directions surprenantes et agréables, elle peut aussi tourner à l‘exposition des biens matériels de l’intéressé.

C’est que l’Inde malgré ses mendiants, n’est pas un pays pauvre. Nous avons pu lire dans le magazine Fortune, la vie de personnes en Inde actuellement plus riches que les plus riches de nos millionnaires français. Ces gens-là sont nombreux, ce sont des businessmen, des politiques, des acteurs ou des sportifs… des gens comme tout le monde ou presque, sous entendu pas des Mère Theresa, et derrière eux un peuple de crève-la-faim, une nation crève-cœur. A ce niveau, personne ne trouve rien à redire. Soit on se sert de cette image du riche comme modèle, le placebo idéal pour apaiser les pauvres, soit notre esprit a définitivement accepté les grands écarts imposés par cette méritocratie barbare instaurée par un sacro-saint capitalisme de plus en plus inattaquable.

Et oui, l’Inde est certainement le « pays riche » qui compte le plus de pauvres au monde. Encore l’un des visages, et pas des plus reluisants, de sa diversité. Si elle exhibe fièrement ses quelques multimillionnaires qui sont les nouveaux visages d’une Inde ultralibérale (à ce niveau en tout cas), elle semble dans le même élan n’avoir aucune honte concernant les milliers de laissés pour compte qui vivent littéralement dans la merde et dont la seule considération au réveil est encore « comment vais-je survivre aujourd’hui ?».

En bref, c’est chacun pour sa gueule et Dieu(x) pour tous

Les brahmanes, à ce titre, n’ont jamais cherché à tenir un discours intéressant face à nous. Ils se contentaient de nous sortir quelques inepties et de balancer des bénédictions à tout bout de champs en attendant de récolter une aumône qu’ils surévaluaient très souvent d’entrée de jeu. C’est que l’Inde semble avant tout un pays de superstitions où l’argent est le premier des Dieux. Même les vaches sacrées ne sont nourries que dans le but d’apporter en retour de la chance à celui qui la nourrie. Rien n’est gratuit. Difficile à ce niveau de parler de spirituel. Reste quelques sâdhus silencieux (et on les comprend dans un monde si bruyant), quelques mystiques qui ont autres choses à foutre que d’arnaquer les touristes occidentaux en manque de spiritualité.

Les touristes, d’ailleurs, ont droit à leur part du gâteau et ne sont pas pour rien dans cette déformation des rapports humains quand ils arrivent des stylos plein la poche en pensant sauver le monde. Un exemple parmi tant d’autres, mais j’ai choisi celui-là parce qu’il part d’un bon sentiment pour arriver à des conséquences désastreuses, avec des enfants qui ne vont plus à l’école parce que la mendicité leur fait gagner plus d’argent que leurs parents qui se cassent le cul à travailler.  C’est propre à l’Inde et peut-être à certains pays d’Afrique, mais là je ne connais pas. Les touristes en Inde agissent plus étrangement que dans n’importe quel pays du globe. En Roumanie par exemple, qui n’est pas un pays très très riche sans être trop éloigné du nôtre, mais où les enfants sont encore capables de sourire sans te réclamer l’aumône, nous n’avons vu personne (nous n’avons d’ailleurs pas vu grand monde) agir de la sorte. Il faut croire que l’Inde ne fait jamais dans la demi-mesure. Quand elle ne t’élève pas, elle te rend plus con. C’est peut-être le fameux « effet grossissant » dont tout le monde parle. Bref…

Pour sûr, le choc culturel a bien lieu. L’Inde est peut-être le pays le plus éloigné de la culture occidentale. A tous les niveaux. Dans la religion déjà leur trilogie principale (Bhrama-Vishnu-Shiva) opère en forme de cercle (création -préservation-destruction) une idée profondément intéressante mais qui n’est certainement pas pour rien dans le caractère profondément fataliste des Indiens. Chez nous, la trilogie Père-Fils-Saint-Esprit dessine plutôt un triangle et opère une sorte de descente qui par analogie incite à la transcendance. Mais à part deux ou trois idées et des monuments fascinants, je n’ai pas rapporté grand-chose de ce choc des cultures. Au contraire, j’ai même été obligé de me replier plus d’une fois sur moi-même (une première en voyage), comme pour me protéger, sans pour autant non plus avoir eu à vivre de choses particulièrement affreuses au niveau personnel. Juste un ras le bol général, plus rien à quoi se raccrocher.

De ce périple en Inde du Nord, je pensais que nous (l’Occident) avions beaucoup à apporter à l’Inde, mais qu’elle n’avait en revanche, et c’était là le plus triste, plus grand-chose à offrir en l’état. Plus que tout, j’espérais me tromper.

Ce qu’elle avait de plus beau résidait peut-être effectivement dans sa mixité, mixité qui est en train de s’aplatir au profit d’une culture mondiale qui n’a, ici, jamais été aussi fade. Et l’Inde de ressembler de plus en plus à une parodie de l’Occident en moins bien. Tristesse encore.

Reste les miséreux (mi-heureux) dès que l’on quitte les sentiers touristiques, avec leurs maisons en lambeaux et qui n’ont rien à vous vendre. Leurs sourires gratuits sont le plus précieux des souvenirs. Mais leur avenir, lui, reste particulièrement inquiétant.

Puis le Sud est arrivé et, malgré son lot de problèmes, a tout chamboulé. Je ne pourrais même pas dire qu’il y a deux Indes. Il y a probablement autant d’Inde que de gens pour en faire l’expérience. Retrouvant enfin un élan spirituel et derrière lui une réouverture au monde, je me suis posé la question de savoir pourquoi, dans un pays si chaotique et si « malade », des portes s’ouvraient plus facilement pour guider l’esprit vers d’autres conceptions tandis que chez nous ça patinait un peu à ce niveau.

J’ai repensé alors à l’histoire du Bouddha qui est parti sur le chemin de l’éveil après avoir croisé le regard d’un mendiant. L’Inde en effet  a peut-être cela qu’elle invite à la spiritualité. Ce n’est pas forcé, ça ne marche pas comme ça. C’est une porte qui s’ouvre parfois au moment où l’on passe devant. Certes, elle ne nous y invite pas toujours de la plus douce des manières, mais l’intention est là. Je ne crois pas en la nécessité de la douleur et de la peine, bien que pour certains il faille à un moment ou à un autre passer par là. La misère est trop rarement choisie, elle est souvent accablante, dans le corps comme dans l’esprit. Ereintante, elle peut briser. Mais elle a cette particularité d’être moins douloureuse chez le regardant que chez le regardé. La misère de l’Inde aurait-elle son utilité ? Affreuse idée, mais la chute a toujours sa logique que nous ne sommes parfois pas capables de saisir. Paradoxalement, en laissant l’esprit du regardant en état d’alerte, elle en devient potentiellement plus révoltante. Elle peut alors mener à des replis comme a des ouvertures. J’ai vécu les deux et, dedans, qui sait, de possibles solutions.

Voilà que j’arrive à la fin de cet article et je ne sais plus très bien quel en était le propos initial. Ah si, le problème indien, que dis-je, les difficultés du voyage en Inde. Est-ce que j’ai aimé, est-ce que j’ai détesté ? Je ne sais plus vraiment, j’ai peut-être besoin d’encore un peu de temps et là n’est pas le plus important de toute façon. Tout ce que je puis affirmer c’est qu’il s’agit, de toute évidence, du voyage qui m’aura demandé le plus. Le plus d’énergie, le plus d’abnégation, le plus de sentiments, bons et mauvais. Mais pas pour ne rien m’offrir en retour et, comme je ne voyage pas que pour le plaisir, cela me convient aujourd’hui. Si j’ai un seul conseil à donner à ceux qui nous lisent et espèrent découvrir ce singulier pays tout en ayant quelques légitimes appréhensions c’est de ne m’écouter que d’une oreille et d’en garder une pour l’Inde, même si parfois ça peut faire mal. Je ne vous conseille pas de visiter l’Inde, comme je l’ai fait (même si je ne regrette pas du tout ce choix), mais plutôt de visiter une partie de l’Inde. J’ai préféré le Sud, c’est vrai, et de loin, mais le Nord a son lot de merveilles également. D’une manière générale, si vous voulez avoir toutes les chances de les apprécier : ne pas enchainer les grosses villes et prendre votre temps. Voyager en Inde peut s’avérer pénible et les distances sont longues, même pour quelqu’un qui a l’habitude du voyage. Gardez-en un peu pour la suite, je pense que c’est plus aisé de cette façon. Si vous aimez, vous reviendrez et si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de honte à avoir, rassurez-vous, personne ne vous y oblige après tout.

27 réponses to “Le bilan de Matt : Des difficultés du voyage en Inde

  • Waouuu! Quelle écriture! Un billet qui a dû demander de réels efforts! Merci pour le partage! On ira en Inde du Nord en juin prochain et pour une durée courte. Personnellement, j’alterne entre impatience et appréhension. C’est la seule destination de notre Tour du monde qui me préoccupe en terme de vécu psychologique. On verra! Laissons la porte ouverte aux surprises!

  • Un bien bel article qui nous rappelle qu’en voyage tout n’est pas toujours rose. 😉

  • Ça serait bien d’avoir ton ressenti avec le recul 😉

    • « Mon » ? De qui ? Marie ?

      • le ressenti à froid de la personne qui a écrit ce même article.

        vous êtes aussi compliqué que les indiens, cela m’étonne que vous (tu, merde je sais plus) ne vous y êtes pas plu 😉

        bonne continuation !

      • Justement, la personne qui a écrit cet article c’est Matt et c’est justement un ressenti à froid. Votre commentaire n’était pas clair… comme la plupart du temps d’ailleurs. Bonne continuation

      • comme la plupart du temps ? je crois bien que c’est la première fois que je laisse un com sur votre site, non ?

        sinon, faut se relaxer, et essayer de comprendre l’humour, hein ? pourtant j’avais mis des smileys « clin d’oeil » à chacun de mes posts, je pensais que le message serait bien passé.

        donc : « ton » ressenti, s’adressait à la personne qui écrit l’article, quel qu’il soit 🙂 (smiley de personne qui sourit pour détendre l’atmosphère)

        et donc, j’aurai bien aimé avec le ressenti « avec le recul » (et non pas « à froid », là oui, je me suis emmêlé les pinceaux dans ma seconde réponse, mais j’ai été perturbé par la vôtre, j’ai une circonstance atténuante) de Matt, quelques mois plus tard …

      • Nous sommes tout à fait détendu on n’a juste pas employé de smiley pour le signifier.
        Nous avons quitté l’Inde il y a à peine un mois. Il faudra attendre un peu pour un ressenti encore plus froid que celui-ci.

      • ah mais non, c’est un ressenti à chaud cet article.

        vous m’en faites perdre mon latin

        ressenti à froid : de manière posée et calme, avec le recul nécessaire
        ressenti à chaud : réaction au plus près des émotions, au plus proche des événements.

        Là, vous êtes encore dans le voyage, la réaction à froid (avec le recul) n’est pas encore possible ! votre dernier article sur l’inde date du 20 mars, et cet article date du 22, c’est tout sauf un ressenti à froid.

        sinon on ressent bien votre vécu, c’est un article bien ficelé.

      • oui voilà, faut laisser un peu de temps.

      • Je ne suis pas certaine pour autant que le recul change pour beaucoup les impressions générales développées dans cet article. Mes impressions en revanche seront possiblement plus mesurées mais il me faudra du temps. Beaucoup…

      • par contre je suis sûr que voyager en couple en Inde doit être plus éprouvant qu’y voyager seul.

      • Ah. Je n’ai pas la prétention d’avoir cette certitude étant donné que je n’ai voyagé qu’en couple mais je n’aurais sûrement pas tenu le coup sans être accompagnée. Chacun son expérience.

      • oui, exactement. ceci dit j’ai aussi rencontré des couples heureux d’être en Inde. chacun son expérience, effectivement.

  • Super article traité de manière sincère et sans artifice. On comprend là toute la complexité de l’Inde. Merci d’en parler.

  • Le témoignage à chaud de Marie correspond exactement à ce que je crains et à ce qui fait que je n’irai probablement jamais en Inde.
    Les couleurs, la culture avec un grand C m’attire. Et je suis curieuse, et j’aimerai donc voir par moi-même ce que toi, Matt, en dit. Ces très riches et ces très pauvres dans un même pays. Aller au cinéma voir un Bollywood, me faire ma propre idée.
    Ce qui fait que derrière la déception et peut-être un peu de frustration qui se dégagent de ton article, tu te dis que tu y retourneras peut-être.
    Mais il va me falloir grandir/murir/m’endurcir avant d’oser !

    (et oui, un article de Maris, avec un peu de recul ce serait très intéressant, mais peut-être pas tout de suite, plutot dans 6 mois)

  • Je viens de lire l’article de Matt sur l’Inde et, malgré certains côtés négatifs, je regrette d’être trop vieux pour envisager d’aller en Inde.
    Bons baisers à vous deux de Pèpère et Monique.

  • Réflexion intéressante sur un pays si fascinant!
    Pour ma part, j’ai adoré l’Inde même si c’est le seul voyage où j’ai eu des gros ras-le-bol!
    La pauvreté et le choc de culture font un cocktail plutôt costaud lors d’un voyage en Inde. Je me demande comment j’aurais réagi si j’avais été en Inde sans avoir quitter l’Europe avant. Surement très mal.

    Je te rejoins entièrement sur le côté « résigné » lié à la religion. Le système des castes doit pousser les gens à être résigné et attendre la prochaine réincarnation. Mais c’est peut-être aussi ce qui maintient cet équilibre dans un pays si difficile à déchiffrer.

  • Bonjour, c’est mon premier commentaire sur votre blog que je découvre. Je trouve votre discours extrêmement ethnocentré, essentialiste voire néocolonial ! Ce n’est pas vraiment en 3 mois de voyage que l’on peut se faire une idée et émettre un jugement aussi radical sur le fonctionnement d’un pays et sur les maux d’une société. Je comprends votre ressenti et vos impressions puisque j’ai voyagé en Inde du Nord il y a 10 ans (j’avais donc 20 ans) à la roots, sans aucune préparation avec une copine pendant 6 semaines. C’est sûr que ce n’est pas une destination facile, le choc culturel est violent, avec une perte des repères. Les 2 premières semaines sont les plus difficiles mais après soit on démissionne, soit on prend le pli et surtout beaucoup de recul et ça va tout de suite mieux. Nous avons vécu de belles aventures, des situations absurdes, de bons moments, des frayeurs, des ptites frustrations, et fait de très belles rencontres, des gens généreux avec qui nous sommes encore en contact et ça va du guitariste d’un groupe de rock de Calcutta, à une mère célibataire qui tient une guest house à Jodhpur avec ces 2 fils.
    Il me semble important de garder en tête que quand on voyage, nous ne sommes que de passage, nous ne pouvons totalement comprendre et saisir la complexité d’un pays. Il est aussi important d’avoir conscience d’où l’on parle, de notre point de vue, il n’est jamais neutre….

    Pour moi l’Inde c’est un gratte ciel en construction avec des échafaudages en bambous….

    • Bonjour Sonia,
      il me semble que ce que vous évoquez je l’évoque justement dans l’article. Je n’en fais pas une vérité absolue mais une pièce de plus dans ce grand puzzle qui s’appelle la vérité. Quant au jugement, on peut parfois aller vingt fois dans un pays ou même y vivre un certain temps sans forcément donner d’avis plus juste qu’une personne qui n’y est restée que deux semaines. Si c’était le cas, Jean-Marie Le Pen, qui vit en France, ne devrait proposer que des solutions politiques justes. Hors c’est loin d’être le cas. Selon moi une fois de plus…

      Pour les maux de l’Inde, qu’on le veuille ou non, certains n’ont rien à voir avec une question de point de vue. L’insalubrité par exemple est par essence nuisible à la santé. Il en est d’autres, en effet, qui tiennent plus de la culture. Je voudrais souligner aussi qu’il est possible que l’Inde ait changé en dix ans (plus de pollution sonore due a plus de véhicules et donc plus de pollution tout court, marchands plus agressifs car plus « habitués » au touristes, tendance encore maladroite à l’occidentalisation… ces retours-là je les tiens d’autres voyageurs car je n’y étais pas il y a dix ans). Et si vous arrivez à faire avec, tant mieux pour vous. J’ai fait avec aussi, non sans mal et c’est la première fois qu’un voyage a été si pénible. J’en témoigne simplement.

      Je ne suis pas certain que prendre le pli, comme vous dites, soit la meilleure des solutions. Franchement, plus je voyage et plus je me dis que j’ai de la chance d’être en France (ce qui ne m’empêche pas d’avoir un tas de coup de cœur à l’étranger comme vous l’aurez peut-être déjà constaté si vous nous avez lus un peu plus). J’aime à croire que c’est parce que nous (une partie du pays en tout cas) nous sommes battus pour certains privilèges, et non parce que nous avons laissé couler. Après, nous nous sommes parfois battus au détriment d’autres pays, mais c’est là un autre débat. Dans tous les cas, je me demande si tout laisser couler n’est pas pour beaucoup dans les problèmes de l’Inde. Il me semble que sa décadence (puisqu’elle est paraît-il dans l’âge de Kali) est plus fulgurante que partout autour ou presque. Pour conclure, je vous répondrai qu’un gratte ciel en construction avec des échafaudages en bambous, cela me semble au pire dangereux, au mieux critiquable.

      Cordialement. Matthieu.

    • Bonjour mademoiselle sonia,
      merci pour ce beau témoignage je pars 3 semaines à compter du 6 septembre 2016, je reviendrai surement dans le même état d’esprit que le votre,
      et je vous raconterai ma petite histoire et mon vécu .
      @très bientôt

  • Quel billet cinglant! Bravo pour l’écriture, en plus d’être très bien écrit (terriblement percutant), il englobe un point de vue général sur l’Inde à travers le prisme de voyageurs occidentaux auxquels je m’identifie sans crainte ; soit exactement ce qu’il me fallait pour comprendre où je m’apprête à mettre les pieds!
    Du coup, voyageant seule et d’une sensibilité avérée, je choisis l’Inde du Sud pour commencer.
    Votre retour d’expérience m’est précieux, merci pour vos témoignages.
    Bonne route!
    SA

  • Merci pour cet article, alors bien sûr d’après les commentaires précédent que j’ai aperçu, on aime ou on aime pas vos propos. Mais nous sommes actuellement en Inde avec mon conjoint à Delhi, et nous devons avouer que nous avons ressenti la même chose que vous sur de nombreux aspects. Il est certain qu’il faut garder du recul mais cela fait 2 jours que nous y sommes, et en terme de racisme nous avons ressenti ce que vous expliquer et surtout par rapport à l’argent. La froideur des gens et j’en passe, enfin nous tentons de rester positif et de ne pas juger mais pour le moment mon conjoint et moi restons perplexe. merci pour cet article, de votre vision qui quoi qu’il en soit permet d’apporter un avis un ressenti, votre perception et le ressenti de votre voyage, et pour le moment notre ressenti et assez similaire au votre. De plus nous pensions être fou ou alors exagere mais il me semble avec vos propos que nos ressenti ne sont finalement paS si erronés. nous verrons la suite de notre séjour en espérant que notre ressenti pourra changer en positif.(Très belle écriture également).
    Bonne continuation.

  • Je viens juste de tomber sur ces articles,je suis actuellement au nepal (avec mon amie)depuis 3 semaines et avant ca nous avons passé 1 mois au rajasthan et notre experience colle tout a fait avec la votre, merci de metre des mots sur des ressentis bien délicats a exprimer,cet article me conforte dans mes idées…nous y repartons dans quelques jours, direct a varanasi pour 3/4jours puis directions le sud dont le kerala… donc merci pour les conseils

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