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Pondichéry, là où notre voyage en Inde aurait mieux fait de commencer

Notre (trop) court séjour dans le Kerala nous avait redonné le sourire car nous avions enfin découvert celui de l’Inde. On avait donc l’assurance que le sud nous serait plus doux, plus accueillant et que le Tamil Nadu n’allait pas déroger à la règle. Après tout,  nous n’avions fait que de belles rencontres depuis Mumbai ! Une parenthèse de vacances enchantées à Goa, suivie de dix jours supers au Kerala… Puis le bémol est arrivé à Madurai.

Il avait suffi de descendre de la montagne depuis Munnar pour retrouver certaines mauvaises habitudes du nord de l’Inde qui ne m’avaient pas manquées le moins du monde. Là où une heure avant on s’adressait à moi directement, je ne redevenais plus que la copine de Matt.  Alors je sais, c’est culturel, faut pas juger, c’est pour pas manquer de respect à mon mec qu’on ne me parle pas, parce que c’est comme ça en Inde, blablabla… Peut-être, mais n’empêche que culturel ou pas, ça reste bien sexiste à travers mes yeux de Française même pas féministe pour deux sous.

Ceci étant dit, Pondichéry est quand même arrivée comme une nouvelle parenthèse bienvenue à la fin de notre voyage en Inde. Si bien qu’on s’est dit qu’on aurait bien fait de commencer par là pour que la transition se fasse en douceur. C’est comme si on était rentrés en France, ou presque.

Ce petit goût de «comme à la maison » au bout de l’Inde

Arrivés aux aurores, on a pu admirer le lever du soleil sur la mer depuis le rooftop de L’Escale – l’hôtel que nous avions choisi dans le quartier français, aussi appelé « quartier blanc », pour les prochaines nuits – et prendre un super petit-déjeuner français à base de croissants et de vraie baguette. Qu’espérer de mieux pour la Saint-Valentin ? On a rapidement fait le tour du fameux quartier blanc (un nom dû à la couleur des maisons coloniales) et vite remarqué que l’on y croisait peu d’Indiens voire même peu de monde tout court à vrai dire. Les rues avaient des noms bien de chez nous, les routes des trottoirs et les trottoirs étaient joliment ornés de bougainvilliers. Nous n’étions plus en Inde mais de retour à la maison et ça faisait du bien. Enfin presque… Les Français avaient beau avoir levé le camp quelques décennies plus tôt, leur ombre planait toujours à travers des restaurants hors de prix et des boutiques bobos. J’avais beau apprécier me balader dans des rues calmes, mignonnes et propres, constater que les Indiens ne semblaient pas avoir repris possession des lieux à part pour continuer de servir quelques propriétaires occidentaux n’était pas une partie de plaisir. J’ai essayé de me rassurer en me disant que quelque part, ça créait de l’emploi et que certains de ces Occidentaux étaient vraiment plus cool que d’autres. Puis l’Alliance Française permettait de récompenser des étudiants en les envoyant découvrir notre hexagone et proposait  un tas d’activités ouvert à tous… Puis on a si bien mangé… Puis j’étais si contente de me balader en toute tranquillité….

Ok, j’avoue, le quartier blanc de Pondichéry restera peut-être l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage.
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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

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Pondichéry ©voyagesadeux

 

Et au milieu coule une poubelle

Pour trouver des Indiens qui ne soient pas les larbins des blancs ou en train d’essayer de nous faire monter dans leur rickshaw hors de prix, il suffisait de traverser le canal qui sépare le quartier français et le quartier tamoul… ou plutôt devrais-je dire la déchèterie à ciel ouvert. Tel un barrage qui délimite les deux zones, ce canal a marqué un point de non retour dans mon voyage en Inde. A peine franchi, le bordel reprenait ses droits et avec lui une cacophonie de klaxons doublée d’un bouquet d’odeurs nauséabondes. Pourquoi d’une rue à l’autre la route redevenait-elle défoncée ? Pourquoi les poubelles hantaient-elle à nouveau le décor, à moitié bouffées par des vaches elles-mêmes en train de nourrir les chiens galeux de leur bouse, tout ça devant les vendeurs d’oignons du marché ? Ce spectacle a littéralement failli me faire vomir. Le contraste était trop violent. Pondichéry avait peut-être le plus beau nom du monde mais elle venait de me faire péter les derniers câbles qui me restaient pour tenir le coup jusqu’à la fin du voyage. Je ne pensais pas en arriver au point de ne plus vouloir sortir de notre hôtel mais le fait est que je ne voulais plus chercher à comprendre ni pourquoi les Indiens étaient comme ça, ni pourquoi je ne pouvais juste pas l’accepter.

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Pondichéry ©voyagesadeux

 

J’ai quitté Pondichéry sur les rotules, vite, sans me retourner, sans adresser la parole à personne, avec des envies de meurtres et de pleurer très fort. J’ai pondu un bilan à chaud qui a fait plus de vagues que je ne le pensais mais dont j’ai pourtant pensé chaque mot. A l’heure où j’écris ces lignes, quinze jours après que nous ayons quitté l’Inde, je n’ai pas encore pris le recul nécessaire pour arriver à digérer toute l’amertume que la culture de ce pays m’inspire. On en reparlera peut-être plus tard mais, entre vous et moi, je suis contente de ne plus avoir à vous écrire sur ce sujet avant un (très long) moment. 

Une réponse to “Pondichéry, là où notre voyage en Inde aurait mieux fait de commencer

  • Il est clair que le contraste a quelque chose de brutal et de violent, on peut comprendre ta colère…

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