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Kerala #2 : Cochin, quand l’Inde se fait insolite

Nos douze jours à Goa m’avaient fait un bien fou. Malgré mes six kilos de perdus grâce à la dysenterie (comme formule régime, on ne peut pas faire mieux), j’avais pu souffler un peu (beaucoup) revoir des amis, faire la fête, me balader en short sur la plage et prendre le soleil. De vraies vacances ! Goa, ce n’était pas vraiment l’Inde mais je l’aimais quand même. Je l’aimais même peut-être plus. Si bien que j’ai presque eu peur de repartir, affronter à nouveau les transports, le bordel… La vraie Inde quoi ! Sauf qu’on allait dans le Kerala et qu’à l’instar de Goa, on pourrait presque dire que ce n’est pas non plus tout à fait l’Inde. Ici, tout est propre (simplement parce qu’il y a des poubelles, ce truc révolutionnaire qui n’existe pas dans le reste du pays), les gens sont sympa, souriants, accueillants, cultivés (comprenez juste lettrés, à savoir que le Kerala est la région la plus éduquée de toute l’Asie), et plus fou encore : communistes ! Comment était-ce même possible d’imaginer un bout de l’Inde où on aurait droit de penser autre chose qu’à travers le sacro-saint prisme des valeurs ancestrales et traditionnelles ? Nos dix jours dans le Kerala ont été une bénédiction. En grande partie grâce à Arnaud de Darshan Travel qui nous avait concocté un programme aux petits oignons, mais aussi grâce aux belles rencontres qu’on a pu y faire. Après une belle mise en bouche dans le Waynad que Matt vous a déjà contée ICI,  nous arrivions dans la grande ville du nord : Cochin.

Cochin, où l’on peut apprécier une ville en Inde

Le fait que le Kerala soit une région propre et calme (pas de bruit de klaxons, le bonheur !) n’induisait pas forcément que cela s’applique aussi aux villes. On était sur nos gardes après Calicut dont le centre ne nous avait pas convaincus, si bien que Cochin n’allait peut-être pas déroger à la règle. Il a suffi d’une petite traversée en bateau vers Fort Kochi pour nous rassurer. Non, j’ai failli oublier. Il a suffi que l’on prenne un rickshaw à la gare d’Ernakulam pour me faire tomber amoureuse des Kéralais. Enfin des Indiens qui n’essayaient pas de nous arnaquer sur le prix de la course ! C’était si simple, mais pourtant si beau. Bon, cette impression est un peu retombée arrivée à Fort Kochi. Comme toute ville touristique qui se respecte, Cochin a son lot de rickshaws malhonnêtes pour qui le compteur fait uniquement office d’objet décoratif. Il faut donc imposer un prix correct, mais dans l’ensemble, nous n’avons pas eu à batailler. Et puis une petite balade dans le centre-ville a suffi à nous convaincre qu’on allait adorer Cochin, d’autant qu’on arrivait en pleine biennale artistique. Du street-art partout ! On n’aurait pas pu rêver mieux pour assouvir notre soif de culture en manque depuis des lustres. Et quoi de mieux pour découvrir une ville que de commencer par un safari street-art en se perdant dans ses rues, comme on adore le faire ?

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Street-art à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

 

 

Accueillis chez Arnaud (notre premier Couch Surfing depuis notre arrivée dans le pays !), on sympathise très vite avec ce gentil Breton amoureux de l’Inde du Sud, installé à moitié à l’année ici depuis quinze ans. Ses conseils sont précieux et son regard lucide. Il aurait pu « nous vendre la soupe », comme de nombreux agents de voyage, mais Arnaud est honnête. Sa façon de faire la part des choses,  de toujours relativiser, sa douceur et son courage forcent le respect. Une belle personne avec qui nous avons apprécié discuter de l’Inde et de tout, et qui a su nous ouvrir les portes du Kerala et la sienne avec une gentillesse rare. Grâce à lui, Cochin a été une étape enrichissante à de nombreux niveaux. Il a su nous conseiller quoi voir dans le peu de temps qui nous était imparti et nous donner envie de revenir. Quelles épices achetées, où aller se balader, quel spot évité… Une mine d’infos personnalisées !

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Dans les rues de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

 

Cochin, où l’on découvre le théâtre Kathakali

Après un passage par le port pour observer la remonter mécanique des filets (l’attraction touristique numéro 1 de Cochin où tu peux te prendre en photo avec ton pêcheur pour quelques roupies, ouais trop bien !) nous avons poursuivi notre promenade au hasard. Une librairie par ci, un petit café à la déco chinée par là, et soudain : un théâtre folklorique. Arts-martiaux, danses et spectacles traditionnels étaient proposés tous les soirs. Il fallait qu’on voie ça ! On s’est renseignés, on a comparé les différentes adresses (il existe trois théâtres à Cochin) et prix nos billets pour un spectacle de Kathakali le soir-même. Nous avions peu de temps à Cochin et il aura nous fallu choisir entre aller au port pour acheter du poisson à la criée (qu’on aurait pu déguster au barbecue chez Arnaud) ou découvrir cet art traditionnel. Choix cornélien. Bien que nous soyons de vrais estomacs sur pattes, on a opté pour le théâtre. Tout commence par une séance de maquillage d’une heure. Dans l’art traditionnel kathakali, les couleurs ont une importance, comme les gestes et les expressions du visage. S’en suit d’ailleurs une petite parenthèse explicative par les acteurs, pour nous apporter les codes de certaines positions de main qui seront utilisées pendant le spectacle. Une explication bien trop rapide pour des novices, mais je me suis demandée si ces codes étaient identiques au langage des signes ou du moins compréhensible par les sourds et muets ? Malgré la barrière de la langue, et surtout grâce au petit livret distribué au début du spectacle, nous avons apprécié la scénette jouée sous nos yeux et je conseillerais à n’importe quelle famille d’y emmener de jeunes enfants. Les costumes et les maquillages, ajoutés aux instruments de musique qui rythment les gestes des acteurs, composent un très beau spectacle.

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Les pêcheurs de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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La remonrée des filets à Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Le théâtre Katakali Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Le théâtre Katakali Cochin – Kerala ©voyagesadeux

 

Cochin, où l’on apprend qu’il ne reste que sept juifs

L’autre découverte incongrue qui nous aura marqués à Cochin reste le quartier juif. Le judaïsme est une religion peu représentée en Inde, voire presque plus du tout. Dans une rue, on retrouve pourtant quelques vestiges du peuple arrivé au XVIe siècle et dont seulement sept membres survivent à Cochin aujourd’hui. Parmi eux, nous avons d’abord croisé la guichetière de la synagogue, une jeune femme timide et sans enfant. Il se pourrait donc que la  communauté s’éteigne avec elle. Plus loin, dans l’arrière boutique d’une échoppe de broderies faites-main, la doyenne des sept était en grande conversation avec deux jeunes touristes de passage. Nous n’avons pas osé les déranger mais plein de questions nous brûlaient les lèvres. Pourquoi être restée quand tout son peuple est parti s’installer en Israël à sa création ? On aurait aimé qu’elle nous raconte son histoire, mais nous n’avons juste que tenté de lire entre les lignes de son sourire malicieux accroché partout en polaroid et tirages géants sur les murs de la boutique. Véritable star locale, un film lui a été consacré et elle était au cœur d’une exposition de portraits touchants, dans l’une des galeries de la biennale. Quand on voit avec quel fierté elle continue de représenter sa communauté à Cochin malgré son grand âge, on en a déduit qu’elle devait trop aimer sa ville pour la quitter.

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L’une des dernières juives dei Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Quartier juif de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

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Quartier juif de Cochin – Kerala ©voyagesadeux

 

Et  on peut la comprendre. Cochin est un petit bout de paradis. Une ville touristique, certes mais à échelle humaine, facile à vivre et dans laquelle on aurait aimé traîner encore un peu. Le temps d’un dernier dîner dans le quartier Gujarat avec Arnaud et de chiner quelques vieux clichés en noir et blanc chez les antiquaires que nous étions déjà repartis sur les routes du Kerala.

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