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Comment on a fêté le nouvel an dans le désert de Thar.

A la base Marie voulait passer les fêtes de Noël à Bali mais cette escapade s’est avérée trop coûteuse au regard de notre budget. A la place, comme on s’était résignés à passer Noël dans le Shekhawati, une région paumée du Rajasthan (au final c’était très sympa malgré nos proches qui nous auront manqué), on avait décidé de s’offrir un jour de l’an un peu singulier, façon nomade, direction le désert de Thar.

Le moins que l’on puisse dire est que la concurrence est rude en matière de proposition de safari dans le désert au niveau de la ville de Jaisalmer. On s’était renseignés à distance et on avait trouvé une agence qui nous semblait pas mal. Bien sûr, nous n’avions rien payé et, bien sûr, nous avions bien fait… Arrivés sur place, la Sagar Guest house où nous avions élu domicile nous proposa d’emblée un safari équivalent mais moins cher et ce, sans que nous ayons besoin de négocier. Comme le feeling était bien passé (notamment avec l’équipe du restaurant, particulièrement sympathique) nous avons donc réservé directement auprès de notre hôtel une formule trois jours et deux nuits dans le désert.

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Nos fidèles montures pour notre safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Marie imite très bien le châmeau dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Le matin du premier jour, une jeep vient nous chercher à la sortie du fort. Nous faisons quelques kilomètres, nous arrêtant notamment pour observer une région riche en fossiles, puis nous entrons dans le parc du désert où la jeep s’arrête dans un petit village. Le conducteur nous présente le jeune Sambu et son oncle Abbey : les chameliers qui nous serviront de guides. Pendant qu’Abbey prépare les dromadaires, Sambu nous fait visiter son village. Bon, la visite est rapide, quelques cases par-ci par-là, les habitants qui ne sont pas à la ville sont occupés à leur labeur, seuls les enfants se greffent à notre sillage. « Pen, pen… money, money… » On en discute un peu avec Sambu qui nous conseille de ne rien donner. Les enfants s’habituent très vite à mendier et arrêtent d’aller à l’école. Souvent ils revendent les dons des touristes et parfois ils gagnent plus que leurs parents. Les touristes croient bien faire, hypnotisés par ces frimousses, mais à long terme cela fausse toute l’authenticité, polluent les rapports humain et nuit à l’avenir des gamins. Nous enfourchons nos montures et passons rapidement par un deuxième village. Même topo. A part les réponses de Sambu, nous n’aurons pas appris grand-chose de ces villages du désert. Les visites expéditives n’auront pas permis d’arriver au plus important : l’humain. Dommage, nous n’aurons fait qu’effleurer la réalité.

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Les enfants du désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Les villages du désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Après ces apartés, nous pouvons enfin nous avancer dans le désert. Nos dromadaires ne sont pas particulièrement confortables mais on s’y fait, heureux de découvrir cette nouvelle expérience. C’est assez impressionnant, la première fois, quand la bête se lève. Elle commence par les pates arrière et l’on accompagne son laborieux mouvement pour ne pas être déstabilisé. Dessus, on est presque à trois mètres du sol. Ça fait haut, mais heureusement la selle est bien fixée et les dromadaires sont attachés les uns aux autres. Cette randonnée dans le désert de Thar se fera au pas, un rythme lent propice à la contemplation du paysage mais pas très agréable à tenir, d’autant qu’il n’y a pas d’étriers et que l’on ne sait pas vraiment où mettre nos pieds qui pendent comme deux petits jambons de plus en plus lourds au fil des heures. Marie avait la chance d’arriver à tenir en tailleur sur sa monture, la plus sage du cortège des dromadaires. Heureusement l’expérience du désert est plus forte que celle de la douleur.

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Cela dit, on ne vous cachera pas que l’on n’était pas mécontents de redescendre sur terre pour la première pose déjeuner. Le dromadaire, c’est comme qui dirait très chouette, mais ça fait du bien quand ça s’arrête. On déjeune à l’abri d’un arbre, avec la gentille famille d’Anglais qui fait le safari avec nous et c’est l’occasion de faire plus ample connaissance. Le repas que nous ont préparé Abbey et Sambu (auquel on a un peu participé, apprenant au passage comment réaliser des chapatis en plein désert) est simple mais savoureux. Petite sieste sur le sable et nous repartons à l’heure où le soleil est moins violent, direction une première dune où nous passerons la nuit.

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Le désert de Thar n’est pas un désert comme on a pour habitude de l’imaginer quand on évoque ce mot. C’est un désert rocailleux, buissonneux, avec quelques champs aux aguets prêts pour éventuelle mousson qui n’arrive pas chaque année. En somme, c’est un désert relativement varié (pour un désert j’entends) avec des paysages parfois changeants, une flore semi-aride où des arbres s’élèvent et une faune composée d’oiseaux, de chèvres domestiques, de chameaux sauvages, de rares vaches, d’antilopes et de renards. Il y a aussi quelques serpents et autres scorpions mais pas à cette période de l’année, trop froide pour eux. Puis d’un coup, la terre peut laisser place au sable et les dunes magnifiques créent des décors singuliers qui correspondent plus volontiers à notre imaginaire gorgé d’exotisme.

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Safari dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Cette première dune est merveilleuse et l’on y court comme des enfants, s’amusant à s’enfoncer dans le sable et à faire des roulés-boulés pendant que nos chameliers préparent notre campement. Avec nos nouveaux amis anglais, nous prenons un joyeux apéritif avant de déguster notre dîner pendant que la lumière s’efface et que nos têtes se couvrent d’étoiles. Un berger nous rejoint, attiré par la lumière du feu et des chants s’élèvent dans la nuit pour clore cette première soirée avec entrain. Nous gagnons nos couches à l’aide de notre torche. Ce soir, nous dormirons à la belle étoile.

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Coucher de soleil dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

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Feu de camp dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Dodo dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Réveil au flash dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Passé les considérations d’ordre romantique, une nuit à la belle étoile dans le désert de Thar n’est pas de tout confort. Le sol n’est pas le plus moelleux et ce n’est pas la maigre natte qui nous sert de matelas qui fait grande différence, mais surtout la nuit est fraîche, très fraîche, avec des rafales de vent qui nous glacent le visage. J’ai du me réveiller quatre fois dans une nuit pourtant courte ! Tant pis, cette expérience restera doublement inoubliable. (Je vous passe l’épisode « comment faire caca dans le désert » pour vous laisser quelques surprises quand vous aurez à votre tour à vivre cette expérience.)

Le deuxième jour est assez semblable au premier, si ce n’est que nous ne visitons pas de village. Mon dromadaire est jeune et craintif, il part au trot à la moindre frayeur. La deuxième fois, alors qu’une ombre inhabituelle l’aura lancé dans sa course, je tombe de ma monture, mais comme un chat ou presque je me retrouve sur mes deux pieds. Réaction en chaîne, le dromadaire de devant est apeuré par le mien et c’est Dan, le cadet de la famille anglaise qui en fait les frais. Sa chute est plus spectaculaire et il s’y pète un os de l’épaule. Dur pour finir l’année ! Il ne peut plus remonter et finit le safari à pieds. Apparemment, c’est la première fois qu’un incident de cette gravité arrive. Pas de bol. Mais Dan est courageux et ça ne l’empêchera pas de passer un réveillon digne de ce nom.

On y arrive. Pour fêter 2015 comme il se doit, nous avons demandé de la chèvre. Ce soir nous aurons un repas de fête. Et nous avons demandé (c’est surtout les Anglais qui ont eu ces bonnes idées) des feux d’artifices et des recharges en alcool – l’apéritif de la veille ayant duré plus que prévu – dont un curieux whisky du désert fait à base de cactus. C’est le directeur de l’agence qui vient nous livrer tout ça en jeep et la fête peut commencer. Le repas est délicieux. Entre le gin, le whisky, le cactus whisky et les bières… autant vous dire qu’on n’est pas trop mal. On est même tellement bien que, la fatigue aidant, on tient tout juste jusqu’à minuit pour faire péter en fanfare nos feux d’artifices avant de nous écrouler dans nos couches. C’était une excellente soirée. Un jour de l’an que l’on n’est pas prêts d’oublier. Ce soir, la nuit connaîtra un sommeil plus lourd.

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Marie apprécie le repas du nouvel-an dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

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Nouvel an dans le désert de Thar – Jaisalmer ©voyagesadeux

 

Au réveil, Abbey nous prépare le chaï pendant que Sambu est parti rechercher nos montures. On petit-déjeune laissant le soleil chasser lentement la brume. Le paysage est extraordinaire dans cette deuxième dune. On brûle tous les déchets et il est déjà l’heure de rentrer. Nous aurions pu rester dans le désert jusqu’au soir, mais nous profitons du retour de nos amis anglais, le vent étant particulièrement fort et glacial ce premier jour de l’an. Cette expérience du désert aura été aussi courte qu’enchanteresse. Seul bémol (ou pas), le traitement des dromadaires. Je ne m’y connais pas du tout alors je ne juge pas, mais je sais que les bêtes ne sont pas toujours considérées pour autre chose que ce qu’elles sont, à savoir des montures. N’empêche, Abbey et Sambu auront été très sympathiques avec nous ; j’espère qu’ils le sont aussi avec leurs animaux. Au fond de moi, j’aimerai vivre pour de bon une aventure nomade plus consistante. Si c’est le cas, je m’équiperai mieux car, il faut bien l’avouer, je ne suis certainement pas fait pour le désert. Je repense aux bergers qui affrontent la nuit, plusieurs jours d’affilée, avec quasi rien du tout et des repas très pauvres. Je sais que le désert que j’ai vécu n’est pas leur désert. C’est le désert le plus roots que l’on puisse proposer à un occidental (d’autres formules proposent des nuits sous tentes avec des spectacles de danse, des douches et des vrais toilettes), mais il me reste quelques étapes encore avant de suivre, à l’ombre du temps, les lentes caravanes qui m’attirent.

2 réponses to “Comment on a fêté le nouvel an dans le désert de Thar.

  • Voilà un jour de l’an dont vous devriez vous souvenir longtemps !

  • C’est une très belle idée le nouvel an dans le Désert de Thar ! Je retiens l’adresse pour l’équipe car vous aviez l’air très bien entourés ! J’ai toujours été un peu effrayé à l’idée de passer la nuit dans un désert, mais je suis rassuré avec votre article, je pense même tenter l’aventure lors d’un prochain voyage 🙂

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