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On a testé : une retraite de quinze jours dans un ashram en Inde

A notre arrivée en Inde, on voulait rapidement poser nos valises pour se détendre de notre périple à 100 à l’heure dans les capitales européennes et prendre le temps de nous adapter en douceur. En plus de ça, j’avais un vieux rêve : vivre dans un ashram pendant un mois, pour tenter de soigner mon vilain caractère prendre des cours de yoga. Au final, comme on vous le disait ICI , nous avons coupé la poire en deux en allant quinze jours à McLeod Ganj et ne sommes donc restés que deux semaines dans notre ashram.

Alors, ai-je atteins l’éveil ? Ne suis-je aujourd’hui qu’une boule d’amour pour la terre entière? On vous raconte notre expérience

Un ashram déjà, qu’est-ce que c’est ?

Pour ceux qui n’ont jamais fait de yoga, un ashram est un temple où sont enseignés des cours de yoga donc, et de méditation par un gourou aussi appelé yogi. La vie y est plus ou moins drastique en fonction de l’enseignement et de l’engagement de l’élève dans son expérience. Normalement, on dort yoga, on mange yoga, on respire yoga. Après avoir fait le tour des différents ashrams de Rishikesh (réputée pour être LA capitale mondiale du yoga, ce qui laisse la porte ouverte à un gros business d’écoles de plus ou moins bonne qualité) nous avons arrêté notre choix sur l’Anand Prakash, tenu par le Yogi Vishvketu. Matt n’ayant jamais fait de yoga et n’ayant moi-même qu’une toute petite expérience de la chose, nous avons choisi cette adresse plutôt qu’une autre pour son offre avantageuse : 1600 roupies par jour pour deux (soit 21 €) comprenant deux cours de yoga par jour, trois repas quotidien, l’hébergement et l’accès aux petits à côté sympa, comme le feu des cérémonies védiques, la salle de méditation pendant les périodes de temps libre, l’espace informatique, la librairie et les kirtan le soir (prières en chansons aka grosses teufs de yogi).

Verdict ? Nous avons bien choisi puisque, avant de rentrer plus dans le détail, on peut déjà vous dire que cette expérience nous a donné envie de continuer le yoga durant notre voyage et après, voire même de revenir plus longtemps dans cet ashram, très propre et accueillant.

L'ashram Anand Prakash - Rishikesh ©voyagesadeux

L’ashram Anand Prakash – Rishikesh ©voyagesadeux

Notre emploi du temps dans l’ashram

  • 5h30 : réveil (avec parfois du mal) pour aller au premier cours de yoga
  • 6h : premier cours de yoga enseigné par le Yogi Vishvketu dans une belle salle tout en bois, pour se réveiller avec le soleil, quelques étirements et des exercices de respiration
  • 7h45 : petit-déjeuner en silence après une prière en hindou au dieu Brahma (l’une des divinités les plus importantes du culte hindou) pour le remercier de toutes les bonnes choses dans notre assiette
  • 8h : agni hotra, la cérémonie du feu (« fire puja »qui correspond aux anciens yagya des pratiques védiques) pour remercier les dieux (mais surtout Agni, dieu du feu) d’avoir bien mangé, en chantant et en accomplissant différents rituels
  • 9h – 12h30 : temps libre jusqu’au déjeuner
  • 12:30 : déjeuner (toujours sans oublier la petite prière en cœur à Brahma)
  • 13h – 16h : temps libre jusqu’au deuxième cours de yoga
  • 16 : deuxième cours de yoga. Au moment où nous étions à l’Anand Prakash, des professeurs de yoya du monde entier venaient passer un diplôme. Nous avons donc suivi leur enseignement les après-midi, pendant qu’ils étaient notés par le Yogi Vishvketu pour leur YTT (yoga teacher’s training). Le samedi, un autre enseignant proposait aussi un cours de relaxation absolument tip-top.
  • 18 h : dîner (encore et toujours après un hommage à Brahma)
  • 19 h : kirtan les mardis et jeudis

Ce qu’on a pensé des cours de yoga

Les cours de Vishvektu du matin : Avant de partir en Inde, j’avais suivi des cours de Kundalini Yoga à Antibes, auprès d’un maître au look de sick (bien qu’il s’appelait Jean-Louis et qu’il n’ait jamais mis les pieds en Inde), qui me rappelait mes profs de sport au collège. Vous savez, ces mecs qui vous lancent : « faites moi dix tours de piste », pendant qu’il reste tranquillou sur leur banc sans même vous regarder ou vous donner plus d’explications. Autrement dit, j’ai abandonné au bout de trois mois, ne recevant aucune réelle pédagogie et ressortant des cours plus stressée qu’en y entrant. A l’Anand Prakash, nous avons suivi un mélange d’asana et pranayama, soit un yoga dit « pur ». Nous étions une trentaine d’élèves (parfois plus) par cours et notre Yogi Vishva (pour les intimes) prenait le temps de nous corriger au besoin, ou demandait à ses deux assistant(e)s de le faire. Nous avons donc pu recevoir un véritable enseignement et apprendre par-coeur des enchaînements basiques (qui ont tout de même permis à Matt de se découvrir de nouveaux muscles), faciles à reproduire même en voyage (au réveil par exemple) et quelques conseils pour la respiration en cas de stress (bien utiles en Inde !)

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Les cours de yoga à l’ashram Anand Prakash – Rishikesh ©voyagesadeux

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Les cours de yoga à l’ashram Anand Prakash – Rishikesh ©voyagesadeux

Les cours des « YTT » de l’après-midi : Si les cours des professeurs en plein examen n’étaient pas tous du même niveau (certains étaient stressés et confus dans leurs explications) d’autres avaient vraiment ça dans le sang et savaient transmettre leur passion, parfois même avec humour.

Mention spéciale au petit cours sur le toit de l’ashram : idéal pour s’entraîner en admirant le soleil se coucher sur le Gange.

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Les cours de yoga à l’ashram Anand Prakash – Rishikesh ©voyagesadeux

Le cours du samedi après-midi : On le disait plus haut dans notre emploi du temps, ce cours reste peut-être notre préféré. Nous n’avons pu suivre qu’une seule fois (malheureusement) ce cours de yoga de Yogi Yum Yums. On l’a surnommé ainsi parce que cet Occidental – installé depuis longtemps à Rishikesh – a créé une pâtisserie ambulante complètement bio du nom de « Yogi Yum Yums » et venait nous tenter à l’ashram avec ses gâteaux au chocolat orange (une petite tuerie), cacahuètes, sésame, etc. tous les midi ou presque. Quand il n’était pas aux fourneaux, il nous apprenait à nous détendre aussi bien au niveau des muscles que de l’esprit. J’ai retrouvé ma souplesse de danseuse d’antan (ou presque), même Matt qui se plaignait sans arrêt d’avoir deux jambes de bois arrivait à se détendre beaucoup mieux et on planait presque littéralement en sortant de son cours, surtout après la petite session de bol chantant tout bonnement magique.


Notre conseil : sans suivre tous les cours de l’Anand Prakash Yoga, si vous ne restez pas à Rishikeh très longtemps, venez au moins essayer le cours de Yogi Yum Yums (et profitez en pour lui acheter deux ou trois gourmandises au passage)

Et la vie dans un ashram pendant quinze jours, c’est comment ?

Les cérémonies védiques : En dehors des cours de yoga, si j’ai aimé chanté aux kirtan parfois très festifs, j’avoue avoir été moins assidue que Matt au fire puja. Les rituels religieux quels-qu’ils soient ne m’ayant jamais attirée (mais ce serait un très long débat qui n’a pas sa place ici) je lui laisse le relai sur cette partie.
« La tradition védique, de tout temps, a toujours été d’une grande richesse au niveau rituel. Par la cérémonie du feu, il s’agissait extérioriser la pratique du yoga. De même que le feu de la digestion fait écho au feu véritable (et derrière lui le Dieu Agni) que nous célébrons, le souffle que nous travaillons par la pratique du yoga est à mettre en parallèle avec le souffle essentiel qui rend le feu possible. Le yoga et le puja sont donc complémentaires, ils travaillent, d’un commun effort, à l’harmonie du souffle et du feu, de l’esprit et du corps. Souvent absent des cours de yoga classiques, cette tentative de retour aux sources, partagée dans le chant et la prière (dont une traduction était disponible) avec les membres de l’ashram m’a paru hautement salutaire et profondément bienfaisante. »


Les repas : En revanche, j’étais évidemment toujours à l’heure pour les repas (en grosse gourmande que je suis) et ai même aidé un peu en cuisine pour voir comment l’équipe nous préparait chaque jour ses supers dals, chapatis et légumes bouillis. A l’Anand Prakash Yoga, en plus d’être saine, la nourriture est vraiment excellente. Si on avoue qu’au bout de quinze jours, les plats étaient parfois un peu répétitifs et qu’on a même perdu quelques kilos, il faut reconnaître que la discipline yoga passe aussi par un régime simple et équilibré.


L’hébergement : Nous n’avons pas pu dormir dans les petites chambres de l’ashram qui semblaient très bien tenues, car elles étaient toutes occupées par les profs en entraînement. Nous sommes donc resté dans une guest house à deux pas, en collaboration avec l’Anand Prakash. Notre chambre était sommaire, plutôt froide et pas vraiment immaculée (ce qui est une normalité en Inde), mais on avait un petit balcon pour prendre le soleil.
Notre conseil : réservez très longtemps à l’avance si vous voulez trouver une chambre dans l’ashram. Etant cité dans certains guides de voyage, l’Anand Prakash est souvent pris d’assaut, d’autant plus pendant les YTT !

Les temps libres : Cela faisait des mois que je n’avais pas pris le temps de lire un livre (avec plus de 400 pages), de décrocher de mon smartphone ou de mon ordinateur, et encore moins de retrouver un bon rythme de sommeil. Pour rester dans l’ambiance zen, on vous conseille cependant d’éviter d’aller vous balader au marché de Rishikesh où, comme partout en Inde, vous vous ferez accoster tous les deux mètres pour acheter tout et n’importe quoi.
L’ambiance générale : Je ne sais pas si c’est parce qu’on a eu la chance de tomber à l’Anand Prakash pendant une session de YTT ou encore parce que les gens que nous avons rencontrés étaient tous dans le même état d’esprit (apprendre, partager, se détendre) mais notre expérience humaine reste peut-être la meilleure que nous ayons vécue en Inde à ce jour.

Nos meilleurs souvenirs à l’Anand Prakash Yoga Ashram

Vishva est tout simplement ce qui se rapproche le plus d’un Saint. Une belle personne qui irradie littéralement de bonté, toujours souriant, avec un rire communicatif plus exubérant que celui de Dominique Farrugia, conscient des problèmes de son pays et qui oeuvre pour les changer.

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Yogi Vishva de l’ashram Anand Prakash – Rishikesh ©voyagesadeux

Notre visite à l’école de Vishva : notre yogi a bâti avec l’aide de fonds caritatifs majoritairement canadiens (il a la double nationalité indienne/canadienne et vit au pays du caribou avec sa famille plusieurs mois par an) une école à 60 km au nord de Rishikesh, dans une zone rurale très pauvre. Au courant de notre visite, les élèves s’étaient mis sur leur 31 et nous avaient préparé un super accueil. Au départ, j’ai même été un peu mal à l’aise mais l’échange s’est fait dans les deux sens. Matt a mouillé le maillot en jouant et courant avec les plus grands, j’ai fait tourné les petits dans une ronde en chantant avec d’autres profs de yoga… Ce fut un vrai bon moment qui nous a permis au passage de constater tout ce que Vishva a fait pour ces gosses dont les parents dépensent leurs 4 roupies quotidiennes dans l’alcool. On retiendra d’ailleurs sa devise au sujet de l’éducation, problème primordial en Inde :

« Une femme éduquée en Inde, c’est trois familles d’éduquées ! La sienne, celle de son mari et sa future famille. En éduquant ces filles, c’est leurs parents que nous éduquons aussi. »

Pour répondre à la première question, je ne suis pas certaine d’être devenue une boule d’amour et de pardon pour la terre entière. Le pouvoir de compassion semble m’être impossible à mettre en pratique en Inde (voire peut-être tout court), mais j’apprends à faire abstraction des mauvaises ondes, vivre avec (ou plutôt vivre sans) et tant pis si, pour le moment, ça doit passer par éliminer certaines personnes de mon entourage. Quand j’aurai la sagesse de Gandhi, on verra si je pourrai faire autrement, mais pour le moment, je peux dire que ces deux semaines de yoga intensives m’ont aidé à relativiser et à laisser couler. Et ça, c’est déjà pas mal.

 

Infos pratiques :

Anand Prakash Yoga Ashram – Tapovan, Rishikesh
ashram@akhandayoga.com
Tarif : 21€ / jour pour 2 personnes (hébergement, repas et cours de yoga)

4 réponses to “On a testé : une retraite de quinze jours dans un ashram en Inde

  • Merci beaucoup pour cet article super intéressant 😉 C’est un peu ce genre de trucs que j’attends d’un blog voyage!
    C’est une expérience qui me tente vraiment pas mal en lisant ton compte-rendu! (même si pour le moment, l’idée de l’Inde me stresse un peu en dehors du fait que j’aimerais vraiment y aller un jour!)

  • Ce genre d’expérience me tente beaucoup et votre récit n’a fait que le confirmer ! Merci pour cette adresse que je vais noter précieusement!

  • Merci pour tous ses renseignements.
    Je suis en train de voir pour partir très prochainement.
    mais il semblerait que l ashram soit complet.

  • Merci beaucoup pour ce récit de votre voyage! Ça fait plaisir à lire et oui ça donne envie!!
    Pouvoir faire du yoga dans un ashram en Inde est l’un de mes rêves et je suis entrain de chercher le lieu et la formule qui me plairait pour cet été.
    J’ai été ravie de lire votre expérience!!
    Merci!

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