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Notre séjour à McLeod Ganj, dans les pas du Dalaï-Lama

Autant vous dire que si ce n’était pas là-bas que résidait le Dalaï-Lama, nous ne serions probablement jamais allés à McLeod Ganj. Avant d’y arriver, nous ne connaissions d’ailleurs même pas son existence et n’avions entendu parler, comme tout le monde ou presque, que de Dharamsala. Si nous avions prévu, au préalable, de n’assister qu’à la première matinée des enseignements bouddhistes avant de poursuivre notre voyage, nous serons finalement restés jusqu’au bout de ces trois journées.

Cela faisait une dizaine de jours que nous avions fait le tour de McLeod Ganj, ce petit village de poussière dans la partie haute de Dharamsala, au pied de l’Himalaya et qui est le siège du gouvernement Tibétain en exil. En attendant le Dalaï-Lama, nous avions fait à peu près tout ce qu’un touriste peu espérer faire dans les parages : visites des temples et des musées, balades pédestres, dégustation de la gastronomie tibétaine mais aussi bhoutanaise, japonaise et même italienne, achats de souvenirs et jusqu’à la découverte des milieux associatifs. C’était bien, très bien même, mais nous commencions à tourner un peu en rond. Heureusement, le Dalaï-Lama est arrivé. Retrouver par sa voix la voie du milieu.

Voici, dans les grandes lignes, l’essentiel de l’enseignement du Dalaï Lama dispensé durant ces trois jours.

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Les drapeaux de prières tibétains – McLeod Ganj ©voyagesadeux

Pourquoi le mantra de la perfection de la sagesse ? Parce que la foi, sans la sagesse, peut être aveugle. Dans nos sociétés prônant la matérialité, même le plus riche des hommes peut finir par se suicider. C’est donc que la matérialité n’est pas la clef du bonheur. Il faudrait en échanger un peu contre de l’amour bienveillant et déjà le monde se porterait mieux.

Cette sagesse là ne doit pas être uniquement personnelle, car elle a également pour but d’aider les autres. Tout est dépendant, interdépendant. Chaque chose, ou chaque phénomène implique des causes et des conditions. Rien n’a d’origine intrinsèque. Tel est le sens véritable de la vacuité. Et qu’importe si les connaissances sont donc imparfaites puisqu’au dessus réside le vide des phénomènes. Il s’agit de se méfier des apparences. Mais apparences et vacuité ne sont pas forcément contradictoires. Au niveau conventionnel, les phénomènes existent : si l’on met sa main dans le feu, on en sent la brûlure. Il y a bien la cause et l’effet qui l’accompagne, comme il y a l’élément et il y a l’ensemble. Au niveau ultime en revanche, cela n’existe pas ; cela n’existe qu’en dépendance. L’objet, en réalité, n’existe que par sa désignation. De même, il existe des sutras définitifs et des sutras qu’il s’agit d’interpréter.

Gaté gaté parasamgaté bodhi satva

Il nous faut d’abord accumuler les connaissances propres à la sagesse jusqu’à acquérir le calme mental et la vision pénétrante. Ensuite, il faut nous préparer pour arriver à la non-dualité. Enfin, il nous faut méditer pour perdre nos émotions négatives et nous retrouver dans un état de dépouillement, nous débarrasser du « je » et cultiver la compassion.

Voilà, dans les grandes lignes, quel fut l’enseignement du Dalaï-lama qui se termina par l’initiation d’Avalokiteshvara à quatre bras.

Après la furieuse Delhi, McLeod Ganj nous aura permis de retrouver un rythme sain et d’apprécier enfin l’Inde. Cette Inde là ne ressemble pourtant pas vraiment au reste de cet immense pays. On essaie d’y apprendre aux gens à ne pas cracher et à faire attention à l’environnement. Si les Tibétains ont parfois l’air plus consciencieux que certains Indiens, il reste quelques progrès à faire d’autant que l’urbanisation grandissante est en train de modifier le visage du village. La plupart des personnes que nous avons rencontrées qui connaissent les environs de Dharamsala depuis un moment s’en inquiète un peu. Il n’y a pas que McLeod Ganj qui est train de changer. Bhagsu par exemple, l’un des villages les plus proches, s’est enlaidi de bâtiments sans charme pour répondre à l’expansion touristique. Que sera McLeod Ganj dans dix ans ? Dans vingt ans ?  Difficile à dire. Gageons que d’ici là la question du peuple tibétain sera bel et bien réglée. Le Dalaï-Lama a dit que ce serait le cas du temps de son vivant. Ce serait bien, d’autant qu’il n’est pas sûr, à l’heure actuelle, qu’un nouveau Dalaï-Lama poursuive un jour son combat.

 

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