Menu

On a testé : prendre le métro de Delhi à l’heure de pointe… et on a survécu !

Ça peut paraître absurde mais c’est un truc à vivre au moins une fois à Delhi et si possible à la bouche de métro de Chandni Chowk vers 17h. Un baptême du feu capable de vous immuniser contre n’importe quel métro dans le monde (RATP, excuse moi pour tout ce que j’ai pu dire, je t’aime).

Acheter son ticket : premier guichet à droite puis deuxième guichet à gauche puis en fait non c’est l’inverse, à moins que ce soit ça, puis…

Acheter son titre de transport est tout naturellement la première mission du processus. Une banalité en temps normal, une mission digne des « 12 travaux d’Astérix » à Delhi, dans la mesure où l’on veut acheter une carte de plusieurs trajets bien sûr. Pour un ticket simple, c’est assez rapide : on peut le faire à la machine en deux temps trois mouvements. Pour une carte donc, il faut d’abord l’acheter à un endroit et parfois la faire créditer à un autre. Sauf qu’il arrive que les deux comptoirs ne s’entendent pas sur le procédé et c’est à celui qui marquera  le plus de points en nous envoyant d’un comptoir à un autre comme une bille de flipper. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Et tout ça en sachant s’imposer au guichet entre les mains tendues et pressées des Indiens qui ne comprennent pas le concept d’une file d’attente, te coupent la parole ou t’ignorent même complètement. Last but not least : toujours bien vérifier la monnaie rendue par certains guichetiers qui ont parfois tendance à se garder quelques roupies dans la poche. Comme si on ne savait pas lire le prix indiqué devant nous sur la vitre ! Ou comment être bien en condition, calme, posé et souriant pour prendre le métro de Delhi.

Le portique électrique, la chenille part toujours à l’heure

Une fois muni du sésame qui permet de monter dans le métro, il reste encore un long chemin périlleux et semé d’embuches à surmonter. A commencer par le portique. Les femmes et les hommes ne rentrant pas par le même du fait que tout le monde est contrôlé et palpé, Matt et moi devons faire la queue chacun de notre côté. On se souhaite donc bonne chance, joyeux Noël et à l’année prochaine si on ne revoit pas d’ici là. C’est que la foule qui nous attend est aussi longue que celle devant l’Appel store des Champs pour la sortie de chaque nouvel iPhone ! De là, il faut jouer des coudes pour ne pas perdre sa place, baston de regards à l’appui. Etant plus grande que la majorité des Indiennes (du haut de mon petit mètre soixante-trois, faut le faire) et ayant un jeu de sourcils plutôt dissuasif dans ce genre d’occasion, je n’ai pas trop eu à m’en faire, mais c’était drôle de les voir se chamailler pour tenter d’avancer plus vite.

clintnod

« Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui savent attendre et ceux qui ne savent pas. Toi, tu vas apprendre à attendre. »

Le quai du métro, dans les starting blocks

Une fois de l’autre côté du portique de contrôle, je retrouve Matt qui a survécu lui aussi à cette deuxième étape. High five ! Sauf que le pire restait à venir : le quai du métro. On a vite trouvé l’astuce cependant pour ne pas mourir écrasés : aller attendre dans la partie réservée aux femmes, correspondant aux wagons qui leurs sont eux aussi réservés, où il y a bien plus d’espace et où elles sont en sécurité. Inutile de vous rappeler que des milliers de femmes se font violer chaque année à Delhi (24000 en 2011) et qu’on les accuse de l’avoir mérité, n’est-ce pas ?

DSC04618

La partie réservée aux femmes du métro de Delhi – Inde ©voyagesadeux

 

On se place donc juste à côté de l’entrée de la partie « women only » pour que Matt puisse rentrer de son côté puis me rejoindre à l’intérieur à la jonction des deux wagons. Interdiction formelle aux hommes de passer outre la contrôleuse qui assure avec zèle la sécurité des dames et c’est une bonne chose. Mais être bien positionné sur le quai ne veut pas pour autant dire que notre place est assurée dans le métro ! Ultime bataille que celle qui consiste à se faxer à l’intérieur d’un wagon.

giphy

Sinon, on peut aussi essayer la méthode Usain Bolt pour entrer dans le métro de Delhi, ça marche aussi.

Rentrer dans le métro et prier pour y arriver en un seul morceau

Malgré le traçage inscrit sur le quai qui permet de savoir par où entrer (deux flèches sur les côtés) et par où sortir (une grosse flèche dans le sens inverse au milieu), tout le monde se piétine, se bouscule, les enfants pleurent, les mères crient, les hommes plotent au passage et les chaussures valsent. Quelque chose entre le Titanic en plein naufrage et l’annonce de la mort de Kurt Cobain dans une cours de lycée en 1994. Le genre de scène d’horreur qui, tournée au ralenti avec Carmina Burana en fond, pourrait faire une bonne pub de prévention contre la connerie humaine. Bref, l’anarchie dans toute sa splendeur. On regrette tellement de ne pas avoir pu prendre de photos (à moins d’être un as des mêlées dans l’équipe néo-zélandaise c’est vivement déconseillé, sinon de loin), car, franchement, il faut le voir pour le croire. Je ne comprends pas bien à quoi s’attendait le type qui a conçu le traçage qui induit qu’on peut monter dans le métro ET en sortir en même temps ? « Les gars j’ai une idée géniale ! On va mettre des flèches pour qu’ils comprennent par où entrer et par où sortir et on dira partout dans le monde que Delhi est le seul métro où on peut faire les deux en même temps ! ». Non. Juste, non.

titanic6

Entrer dans le métro de Delhi. : si tu sautes, je saute !

 

Trouver une place assise facilement… non je déconne

Une fois enfin à l’intérieur, si on a la chance comme moi d’être dans le wagon pour femmes, tout se passe bien dans le meilleur des mondes et on peut même trouver une place assise (enfin pas forcément à Chandni Chowk). Blanche et blonde, j’attire l’attention mais je ne reçois que des sourires de bon aloi et l’ambiance reste saine et décontractée. Chez les mecs, ce n’est en revanche pas la même chanson. Certains wagons ont une rangée de sièges réservée aux femmes… en théorie. Il n’est pas rare cependant de n’y trouver que des hommes qui baissent les yeux pour ne pas céder leur place (même si certains ont du apprendre la galanterie je ne sais où et se lèvent gentiment). Heureusement, quand je n’arrivais pas à rejoindre le wagon pour femmes, Matt était là. Mon fier bodyguard contre lequel je pouvais me réfugier pour éviter les regards lubriques et d’être compressée contre des centaines d’individus face auxquels je me sentais comme un lapin dans les phares d’une voiture.

fnc0bnih00qh570s0

Bien le bonjour à vous aussi Monsieur du métro de Delhi !

D’une manière générale toutefois, malgré la surpopulation et le manque d’air dans les wagons, il faut bien avouer que le métro de Delhi, comparé au reste de la ville, est miraculeusement propre et confortable. On n’y trouve pas de déchets,  mieux que tout, ça ne pue pas et on n’a toujours pas compris comment c’est possible.

Sortir du métro : pardon, poussez-vous excusez moi, poussez moi excusez-vous

On s’arrangeait pour rester près des portes et ne pas avoir à slalomer entre les bras tendus de la marée humaine comme Catherine Zeta Jones dans les rayons d’Haute Tension. Un numéro de contorsion dans lequel nous sommes toutefois passés professionnels rapidement, surtout moi qui suis habituée à foncer dans le tas à Paris en mode Terminator quand des teubés se plantent sur mon chemin. Pour le reste, voir « rentrer dans le métro », parce que ça marche dans les deux sens.

Entrapment-CatherineZeta-JonesButt

Oui, c’est très sexy de sortir du métro de Delhi

Prochaine expérience ? Le métro à Pékin ou à Tokyo. On est prêts… enfin j’espère.

3 réponses to “On a testé : prendre le métro de Delhi à l’heure de pointe… et on a survécu !

  • Merci pour cet article nous sommes actuellement en Inde. et cela nous à permis de savoir à quoi nous attendre 😃. bonne continuation.

  • En dehors des heures de pointe c’est plutôt calme. Je n’ai jamais eu de problème avec les billets. De plus le métro est étonnamment propre.

Trackbacks & Pings

  • Découverte de l’Inde 3/3 – JE DE MOTS JE D'IMAGES :

    […] A New Delhi, nous alternons visites de sites (Qutb Minar, Fort Rouge, Tombe de Humayun) avec des déambulations dans les bazars du Old Delhi. Un pur régal malgré le monde, la poussière, le bruit… Nous nous égarons dans la rue des passementiers, des marchands de châles ou de cartes… et aussi des marchands de serrures et bien d’autres. Nous nous bousculons avec la foule dans le métro… […]

Suivez nos aventures !

Si vous voulez tout savoir de nos voyages à deux autour du monde, suivez nous sur Facebook  !

%d blogueurs aiment cette page :