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Nos premières impressions en Inde : bienvenue à Delhi !

D’aéroport en aéroport, de sas de décompression en sas de décompression, Delhi s’est imposée à nous comme l’ultime big boss d’un jeu vidéo qu’il nous faudrait mater après plusieurs niveaux de difficulté.

Start / Player 1

Level 1 : L’aéroport de Dubaï, d’abord, où nous passons en transit vers l’Inde. Je constate que je suis la seule femme dans la longue file d’attente qui mène au comptoir d’embarquement de notre vol pour Delhi. Des hommes enturbannés me fixent sans pudeur, parfois avec arrogance. Certains me bousculent et me doublent comme si j’étais transparente. Une insulte en arabe apprise il y a des années me revient en mémoire et je me retiens de la leur lancer en pleine barbe pour qu’ils comprennent que, femme et blanche ou pas, le respect reste universel dans ma conception des choses. Le contrôleur aérien ne répond pas à mon sourire et ne me regarde même pas dans les yeux au moment de vérifier mon passeport. Il aurait pu avoir Beyoncé en plein booty-check ou une terroriste sanguinaire en face de lui qu’il ne s’en serait pas rendu compte. Comme d’habitude, Matt tente de me calmer : « Dis toi que c’est un avant goût ». Comportement grégaire ou instinct de survie, perdue en terre inconnue je me retrouve à compter les femmes dans la salle d’embarquement et me sens bêtement rassurée. Comme si l’évaluation de cette minorité pourrait m’aider en cas de problème. Mais quel problème au juste ?
Level 2 : L’aéroport de Delhi, ensuite, où nous attendons une heure décente pour commander un taxi prépayé et arriver au B&B où nous avons réservé. On en profite pour faire trois fois le tour du terminal où les boutiques sont encore (ou déjà ?) ouvertes et retirer de l’argent. Il est 5h, Delhi s’éveille… ou a-t-elle seulement fermé l’œil ? On hésite à s’offrir une sieste dans un hôtel-spa ou un milk-shake chocolat blanc framboise complètement chimique. On choisit quand même la deuxième option pour se tenir éveillés. « Tu as vu leurs billets ? Il y a Gandhi partout » « Je crois qu’on a oublié l’anti-moustiques » « Il fait pas si chaud que ça, en fait ». On a atterri mais on ne le sent pas encore.
Level 3 : Le taxi, enfin. Je crois qu’on a du échanger trois mots avec Matt sur la longue route qui menait au cœur de la bête. Je ne sais pas si c’est la fatigue ou la fameuse claque visuelle à laquelle on nous avait dit de nous attendre. Un peu des deux sûrement. Je me rappelle notre arrivée en pleine nuit à Lima ou au petit matin à La Paz presque sans avoir dormi et je me dis que c’était du pipi de chat à côté de ce qu’on aurait vécu à Delhi si on avait été propulsés de l’aéroport directement dans sa jungle urbaine. Notre chauffeur fait office de Samaritain et son taxi de douce bulle protectrice même s’ils n’ont pas le pouvoir de faire disparaître la pollution, le bruit déjà omniprésent à 7h du matin et encore moins les corps morts des chiens au bord de la route ou ceux (presque morts) de certains mendiants sous les ponts. Pourtant, j’oublie les heures d’avion, le jetlag et je n’ai qu’une envie : descendre de la voiture au plus vite pour me noyer dans ce grand bain de foule où il semble impossible d’avoir pied pour reprendre son souffle. La porte s’ouvre. On plonge. Game Over

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Sur la route de Delhi – Inde ©voyagesadeux

Restart / Player 2 :

D’abord un voile, un long voile qui recouvre toute la ville. Et puis des routes pleines de voitures qui conduisent n’importe comment, avec des gens qui traversent encore plus anarchiquement du fait qu’il n’y a pas ou peu de passages cloutés. Sur quatre voies, il n’est pas rare de croiser cinq ou six véhicules qui se frôlent, des scooters qui débordent avec les parents et deux enfants, tous sans casque bien entendu. Des piétons avancent le long de la route, un motard s’est arrêté pour pisser et des gens balaient le bitume… oui, des gens balaient le bitume, comme si le plus important était de rouler, rouler toujours dans la ville la plus polluée de la planète. Des chiens errant, puis des vaches, des cochons, qui mangent les poubelles. Malgré cela, des déchets de partout. Pas assez d’errants il faut croire. Moins de mendiants que prévu. Quelques singes. Des montagnes de déchets si bien que la géographie même de la ville s’en trouve bouleversée. Une bouffée d’air impur. Un égout à ciel ouvert. Des odeurs d’évier bouché. Pire parfois. Pire souvent… et quelquefois des vapeurs d’encens pour oublier. Essayer d’oublier. Et quand l’œil se lasse de la misère : le bruit. Du bruit partout, du bruit tout le temps. Une symphonie de klaxons à vous donner des envies de meurtres. Du bruit encore, du bruit toujours. Du bruit. Juste du bruit. BRUIT. Un grand bruit avec un grand voile par-dessus, comme pour cacher au monde toute la douleur de la ville. Il paraît que certains arrivent à Delhi et, choqués, disent « je veux rentrer chez moi ». Je suis resté. J’ai bien fait je crois, mais je les comprends.

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Petit bain à Delhi – Inde ©voyagesadeux

Next Level : ?

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