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A la découverte de la Transylvanie, de Dracula à la réalité

Si depuis toujours, la Transylvanie faisait partie de ma bucketlist de voyage, c’était avant tout pour le fantasme de découvrir la terre qui abrita Dracula, l’un de mes personnages littéraires préférés. Je le savais toutefois par avance : je risquais d’être déçue par le château qui avait été désigné pour être soit disant celui du fameux vampire. N’en restait pas moins que cette région avait d’autres choses à nous dévoiler. Des trésors beaucoup plus précieux que Ionut, notre guide devenu un véritable ami à la fin de ce séjour, s’est appliqué à nous faire découvrir de surprise en surprise. Rien n’était organisé à l’avance, ou presque. Exactement le genre de blogtrip qu’on adore, parce qu’on a l’habitude de voyager de la même façon. Tout à l’impro, c’est la clé d’une aventure réussie !

Au-dessus des Carpates pour admirer la vue

Après une première nuit à l’hôtel Armatti de Brasov, dont je vous parlais déjà ICI, nous suivons Ionut les yeux fermés sur les routes de montagnes sans connaître notre destination. Nous écoutons ses histoires sur la Roumanie accompagner le trajet jusqu’à un premier stop pour nous mettre en bouche avec la région. En hauteur, nous admirons la vallée dans laquelle est nichée Brasov. D’ici déjà, je savais que la Transylvanie allait rentrer directement dans le top de mes plus beaux voyages (quelque part entre le Parc Torres del Paine du Chili, la plage Cabo de la Vella en Colombie et McLeod Ganj en Inde). Le temps de respirer l’air pur des montagnes que nous voilà repartis sur la route sinueuse des Carpates qui n’en finit pas de grimper tout en virages en épingles à cheveux. Ionut doit avoir du sang d’Alain Prost !

 

La Transylvanie, de château en château : Rasnov, l’empire dacien indétrônable

Dans un crissement de pneus, notre guide s’arrête à un premier château, ou du moins ce qu’il en reste : les ruines de Rasnov. A l’entrée, nous sommes accueillis par un gentil géant tout en sourires francs et anecdotes historiques pleines d’humour. Ce passionné s’est battu avec une poignée de volontaires pour sauver le patrimoine de Rasnov des griffes de l’ancien maire, prêt à le vendre à un Italien pour se faire un peu de fric. Décidemment, comme pour Poveglia, l’histoire intéresse peu les hommes d’argent et tant pis si des siècles de souvenirs sont transformés en hôtels ! C’est d’ailleurs ce que le racheteur a tenté de faire avant de laisser sa terre à la merci des chèvres du coin. Tombé en désuétude pendant des années, le site a retrouvé ses lettres de noblesses en 2010, entre les mains de l’équipe du nouveau maire dont fait partie notre guide. Des travaux ont été entrepris pour restaurer ce qui fut l’une des premières forteresses en bois de Transylvanie, impossible à abattre pendant des siècles. Tartares et Ottomans ont du s’y reprendre à plusieurs fois nous raconte notre guide. On le suit de l’ancien marché artisanal jusqu’au « frigo » où nous rencontrons des acteurs venant ponctuer la visite de leur numéro d’époque. Carcassonne n’a qu’à bien se tenir ! Pour finir, la vue sur la vallée des roses (en réalité, on appellerait plutôt ça des églantines en français) me fait me poser une seule question :

A quand une sixième saison de Game Of Thrones dans le coin ? George R.R. Martin, si tu me lis…

Notre conseil : si vous voulez en apprendre d’avantage sur l’histoire du château deRasnov, on ne saurait que trop vous conseiller la visite guidée pour tout savoir des Daciens ou encore des techniques barbares entreprisent par les assaillants pour tenter de conquérir le site.
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Le chateau de Rasnov – Transylvanie ©voyagesadeux

De Bran à Bram (Stoker), le château qui inspira la légende de Dracula

De nouveau sur la route, toujours les yeux scotchés au paysage, on arrive rapidement au lieu que j’espérais au fond de moi ne pas être aussi décevant que  ce que tout le monde m’avait prédit : le château de Bran. Loin de la forteresse macabre qui fait froid dans le dos à laquelle on pourrait s’attendre, nous sommes accueillis par un superbe château blanc, avec une jolie promenade en balcons fleuris, le tout niché au cœur d’une forêt plus digne d’un conte de fées que d’une légende de vampires. Une guide au fort accent roumain nous demande avec malice dans un français presque parfait : « Je vous fais la visite classique ou le tour spécial Dracula ? ». Ca veut tout dire… On opte pour la première option, découvrant l’histoire de la Reine Marie, dernière occupante des lieux dont le magnifique mobilier est resté intact. Mais pendant le tour, je ne peux m’empêcher de demander à notre guide de me raconter ce qu’elle peut sur celui qui déplace véritablement les foules.

 

Inspiré de l’histoire du Prince Vlad Tepes Dracula, littéralement « Vlad l’Empaleur fils du dragon » (Dracul = dragon, nom de son papa, si on rajoute un « a » à la fin on obtient « fils de »), Dracula est un personnage fictif inventé par l’écrivain irlandais Bram Stoker en 1897, qui aurait survécu des siècles en buvant du sang après avoir vendu son âme au diable (plus ou moins, mais je vous laisse lire le livre pour les détails, c’est l’un des meilleurs romans de tous les temps).

Pourquoi s’être inspiré de Vlad Tepes ? Aucune archive historique ne préciserait les dates exactes de naissance et mort du Comte, laissant la porte ouverte aux légendes les plus folles. De plus, ce tortionnaire fut considéré comme un traître par son peuple pour avoir sympathisé avec les Ottomans, desquels il aurait appris les pires tortures comme celle qui lui valut son petit surnom : l’empalement. Ce que la légende ne dit pas, c’est que la torture à l’époque était monnaie courante et qu’il était loin d’être le seul à exhiber les restes de ses ennemis pour faire peur aux potentiels prochains ! Le fait est qu’il fut donc enfermé pour sa traîtrise au château de Bran. Pendant deux jours, deux mois, deux ans ? Faute d’archive encore une fois, personne ne sait vraiment, mais une chose est sûre :

Dracula n’a jamais vraiment vécu au château de Bran !

Nous avons eu la chance de découvrir la petite cellule où il aurait été enfermé (interdite à la visite normalement). On m’aurait dit que c’était un placard à balais, j’y aurais tout autant cru. Si comme moi vous aimez les histoires de vampires, vous viendrez sûrement en pèlerinage un beau jour au château de Bran comme des milliers de touristes chaque année, mais au moins vous saurez : seul le personnage de Bram Stocker a foulé les planches craquantes de cette forteresse. Mais si vraiment, vous voulez à tout prix (et je dis bien « à tout prix », parce que ce n’est pas donné !) vous offrir un Dracula Tour, de nuit, à la bougie avec ambiance glauquissime à souhait et bruits chelous en bonus, des entreprises privées pourront répondre à vos attentes. Sinon, il faudra vous contenter du dernier étage du château composé d’un petit musée des tortures et d’une salle spéciale Dracula : de simples panneaux d’informations et un costume de cinéma du fameux vampire.

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Le chateau de Bran – Transylvanie ©voyagesadeux

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Le chateau de Bran – Transylvanie ©voyagesadeux

 

La Transylvanie de village en village, de Viscri à Prejmer en passant par Feldioara

Après une bonne nuit de sommeil dans ce parfait petit écrin de bois au cœur de la région de Bran qu’est la Casa Nostalgia, la Transylvanie profonde nous attendait de bon matin. Viscri tout d’abord, ce village coup de cœur situé loin de tout, dont on vous parlait déjà ICI, puis plus tard Feldioara, connu essentiellement pour sa jolie église évangélique et sa citadelle (actuellement en travaux).

Notre conseil : essayez de vous y rendre pendant le festival médiéval début septembre ou aux périodes des fêtes de fin d’année durant lesquelles les traditionnels chants de Noël et autres cortèges de « l’Esprit de l’hiver » animent le village. Et puis on parie que les Carpates sous un manteau blanc, ça doit valoir le détour !
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Feldioara – Transylvanie ©voyagesadeux

Pour notre dernier jour de visite en Transylvanie, après la découverte de Brasov, Ionut nous a emmenés sous une fine de pluie d’octobre à la très belle église fortifiée de Prejmer. Plus que le village en lui-même, à l’instar de Feldioara, c’est bien pour l’église que la visite est intéressante. D’autant plus qu’elle est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco et reste l’église fortifiée la mieux préservée de toute l’Europe de l’est. Dans l’enceinte, on pourra emprunter les escaliers en bois pour se balader d’une pièce à l’autre ; là où étaient abritées les provisions, les villageois en cas d’attaque ou encore les voyageurs de passage.

Avec ses montagnes bienveillantes qui l’entourent de toute part, ses villages qui vivent encore aujourd’hui de la terre, ses châteaux et ses églises aux légendes ancestrales parmi les plus connues du monde, la Transylvanie, je me répète, reste véritablement l’une des plus belles régions qui nous ait été données de visiter. Bien que j’ai réalisé mon rêve de venir la découvrir, il me tarde d’y revenir en hiver (oui, moi qui déteste le froid !) sous un manteau blanc de neige qui doit lui conférer des airs encore plus magiques. De plus, en cinq jours, nous n’en avons vu qu’une infime partie ! Autant de raisons d’y retourner plus longtemps une prochaine fois. Matt s’est même laissé à rêver d’une maison de vacances dans le coin. Avec tous nos coups de cœur (Uruguay, Colombie, Munich, McLeodGanj), il va falloir qu’on pense un jour à devenir riches pour s’offrir toutes ces maisons secondaires !

 

 

CheileGradistei : pour manger traditionnel et dormir au cœur des montagnes

Nous avons eu la chance de pouvoir déjeuner tardivement au restaurant du très beau complexe hôtelier, le CheileGradistei, situé à Moeciu de Jos, soit à dix minutes en voiture de Bran et trente kilomètres de Brasov. Hormis la vue panoramique sur les Carpates à couper le souffle depuis la salle du restaurant et les délicieuses spécialités de Transylvanie, les chambres douillettes de l’hôtel (375 en tout) permettent de dormir au pied des pistes de ski (10 stations dans les environs sont alimentées par des canons à neige) et profiter  des différentes activités « nature » de la région, ainsi que du spa. Un autre restaurant, plus bas, sans vue panoramique cette fois mais avec un super décor de roche et une mini rivière d’intérieur permet de dîner en amoureux au son du moulin à eau. On n’a rarement vu plus romantique !

 

La Casa Pastravarului pour manger de la truite d’élevage, façon roumaine

Si la Transylvanie reste une région très carnivore, on peut aussi trouver quelques plats à base de poisson comme au joli restaurant Casa Pastravarului qui propose une truite maison, fraichement pêchée dans les bassins d’élevage derrière les cuisines. Pour être tout à fait franche avec vous, je n’ai pas du tout aimé la soupe à la truite à cause de la texture étrange que ce genre de cuisson apportait au poisson. Matt en revanche a été beaucoup plus fan, jusqu’à la version panée particulièrement savoureuse.  J’ai par contre beaucoup apprécié le petit tour des bassins où l’on voit frétiller des centaines de truites. Je me suis même essayée à la pêche au filet dans la petite boutique attenante, où l’on peut acheter son poisson et demander à le faire vider sur place avant de le ramener chez soi.

 

Encore un immense merci à Ionut et Christian de l’office de tourisme de Brasov pour leur chaleureux accueil et de nous avoir permis de découvrir une bonne partie de la Transylvanie lors de ce merveilleux blogtrip !

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