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Vienne, cette princesse aux deux visages

Il y a des villes que je trouve plus féminines que d’autres. Amsterdam, par exemple, n’en fait définitivement pas partie, avec la population majoritairement masculine, enfumée et lubrique que nous y avions croisée lors de notre séjour pour le nouvel an. Lima, en revanche, m’a fait penser à une vieille dame qui aurait bien vieilli et qui confierait ses recettes de cuisine à ses enfants pour qu’ils perpétuent son savoir avec amour. Quant à Vienne, je lui ai tout de suite trouvé des airs de princesse, à la fois arrogante et séduisante, mais aussi moderne et hyper fashion. Une princesse qui a su vivre avec son temps. Une Marie-Antoinette façon Sofia Coppola, qui se goinfrerait de macarons en Converse.

Dans les pas de l’Impératrice…

Sauf que, plus que Marie-Antoinette, ici, la princesse star c’est bien Sissi. Et bien qu’elle ne soit pas la seule figure du pays, c’est pourtant celle que j’ai tout de suite identifiée à la ville. Vienne = Sissi, il ne peut en être autrement. Allez savoir pourquoi mes connaissances de l’histoire d’Autriche (pourtant très liée à la nôtre) s’arrêtent à la plus pimbêche des Impératrices ? La faute à Romy Schneider sûrement… Le fait est que Vienne n’a pas vraiment essayé de me contredire. Bien que la place François Joseph rende hommage à son plus courageux souverain avec une très belle statue cavalière, il n’existe pas de Franz Ticket pour découvrir le palais Schönbrunn et les appartements royaux. Un ticket Sissi, si.

Ce tour est très intéressant si on veut découvrir les dessous de l’Impératrice. Au sens propre, puisque ses culottes sont exposées, comme au sens figuré, puisque ses lubies les plus folles sont décrites sans ménagement. L’idéal pour rendre hommage à celle qui faisait peigner ses cheveux trois heures par jour et leur consacrait une journée entière chaque semaine pour les laver. Une anecdote parmi tant d’autres que vous pourrez découvrir en vous munissant d’un audio-guide. Pour une fois, les commentaires ne sont pas trop longs ni trop lourds et quand on découvre l’amour de Franz-Joseph pour sa femme, avec force de détails romantiques, on en a même presque la larme à l’œil.

Après le palais de Nymphenburg, on pensait que ce serait difficile d’être encore bluffés par un autre château. Celui de Schönbrunn n’a pas détrôné la magnifique résidence d’été de Munich dans nos cœurs mais presque, surtout pour ses jardins où les statues grecques et la vue en perspective sur toute la capitale pèsent lourd dans la balance. On comprend difficilement comment Sissi pouvait déprimer à longueur de journée en vivant dans une telle demeure. Sans parler de ses appartements dans le Palais Hofburg, idéalement situés à deux pas de la magnifique école d’équitation espagnole et ses beaux opéras.

A Vienne, l’opéra est un véritable commerce. On peut négocier presque autant qu’en Inde pour obtenir une place à l’une des nombreuses reprises des plus grands répertoires de musique classique du pays. Vous n’échapperez pas au « Where do you come from ? » et au sourire carnassier des rabatteurs en perruque blanche, queue de pie et baskets, disséminés aux endroits les plus touristiques de la ville pour vous vendre un ticket à « une super place ». Achetez-les directement au petit bureau près de l’opéra national.

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Le commerce de l’opéra- Vienne ©voyagesadeux

 

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Dans les pas de Sissi – Vienne ©voyagesadeux

 

Gourmandises et controverses

Après le shockozauber du Café Central, viennent les mirabelles de Mozart. Assez chères (comme beaucoup de choses à Vienne) on les a dégustées en une bouchée… avant d’avoir déjà envie d’en avaler une autre. Une vraie petite drogue chocolatée que l’on trouve à peu près n’importe où dans le centre-ville.  De quoi nous consoler d’avoir appris qu’un café Viennois ici, un vrai, c’est un simple « mélange » qui ressemble plus à un cappuccino qu’à un café plein de Chantilly, et que la saucisse de Frankfort est plus viennoise qu’allemande. Autre gourmandise à ne pas rater : les fallafels du marché de Naschmark et leur houmous à la mangue. Un délice à picorer avec les doigts en marchant dans ce capharnaüm aux faux airs de Camden market.

Balade au vert entre Strauss et Mozart 

Comment ne pas identifier un peu plus Vienne à une Princesse quand elle se découpe tout en jardins magnifiques où les compositeurs classiques qui ont fait les grandes heures de la musique autrichienne ont droit à des hommages en forme de statues dorées ? Des lacs artificiels où pataugent des petits canards, des musiciens de rue qui envoûtent les lieux d’une jolie musique au violon. On n’oserait presque pas se balader en jean-baskets… si on ne savait pas que Vienne cache un autre visage.

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Au vert à Vienne ©voyagesadeux

Art de rue et art tout court

Au hasard de notre balade, loin du joli Stadtpark, nous sommes tombés sur les quais du Danube rhabillés de façon hyper moderne par du street-art haut en couleurs. Quelques mini beach-bars improvisés complètent le décor, offrant un tout autre côté à Vienne. Le fameux moderne de la Princesse en Converse, celle qui va se cultiver au Museum Quarter, sur l’avenue électrique du Quartier 21, véritable paradis du geek, ou au Léopold pour rêver sur le baiser de Klimt.

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Streetart à Vienne ©voyagesadeux

Finir par retomber en enfance

A l’autre bout de la ville enfin, loin des statues imposantes du centre, des cafés baroques et de la musique classique, Vienne prend un sacré coup de jeune. A deux pas du quartier d’affaire et de ses gratte-ciels en verre, on tombe amoureux du quartier étudiant et on veut tout de suite retourner sur les bancs d’école rien que pour le design des salles de classes. Un bâtiment en forme d’ovni par-ci, un chalet gigantesque par là, un cours de stats dans une salle Red Bull, des bars dans des tipis… Les campus universitaires américains n’ont qu’à bien se tenir.

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Fac d’éco de Vienne ©voyagesadeux

Et à l’autre bout, pour relâcher les neurones ? Une énorme fête foraine où l’on est revenu trois nuits de suite pour s’imprégner de l’ambiance si singulière de ce genre de lieu. Entre le côté freaks un peu flippant de certains manèges fermés et la bienveillance du Prater, dont sa grande roue historique, on regrette seulement (surtout Matt) de n’avoir pu tester la maison hantée dédiée à Jack l’Éventreur.

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Le Prater – Vienne ©voyagesadeux

Alors, que deviennent les valses de Vienne ? Finalement on a eu la réponse. Elles survivent encore dans le côté le plus classique de la ville même s’il est devenu très touristique. Pour combien de temps ? Reste à savoir ce que le côté pile de la capitale, définitivement moderne, va devenir, lui. On reviendra dans dix ans pour avoir la réponse. Ou peut-être avant ?  

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