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Un automne de bohème à Prague

Plus j’avance dans ce voyage européen, plus je commence à apprécier l’automne. Moi qui suis plutôt une fille de l’été, qui a besoin de lumière et de chaleur, j’apprends à découvrir les capitales européennes sous un tapis de feuilles mortes multicolores. Et c’est un vrai plaisir, voire une certaine définition du romantisme. Il y a eu l’Ecosse tout d’abord, notre premier voyage à deux dans cette région où je n’envisage désormais plus  aller à une autre saison, puis Munich et désormais l’Europe centrale qui nous offre un été indien plein de couleurs. On vous racontera bientôt nos premières promenades en forêt du côté de Bratislava, absolument magiques, nos longues heures de marche à Budapest, ou encore notre coup de cœur pour la campagne transylvanienne, mais c’est peut-être à Prague, ville de bohème, que le déclic s’est fait.

Prague, la petite Paris

Je n’avais aucune attente de Prague pour la simple et bonne raison que je n’arrivais même pas à la situer sur une carte ou à l’affilier à quoi que ce soit de populaire (Kafka mis à part bien sûr, mais je n’ai même pas lu La Métamorphose). D’habitude, nous passons la première journée de notre séjour dans une ville inconnue à nous perdre au hasard des rues, sans carte, sans but précis. Cette fois, nous avons un peu changé cette routine puisque nous avions un but : le château de Prague. Pourquoi ce choix ? Juste une question de proximité géographique avec notre hôtel. Nous pouvions nous y rendre (à pieds, toujours) en longeant la Vltava, ce qui promettait une première journée parfaite pour découvrir Prague en douceur. Nous avons fait d’une pierre deux coups sans le savoir : le château reste l’endroit le plus touristique de la ville, notamment pour ses jardins, sa superbe église, sa vue

Du romantisme à l’état pur qui pourrait même piquer la vedette à Paris.

En quelques minutes, j’ai tout de suite trouvé à Prague des ressemblances avec Paris, notamment à cause de tous les ponts qui enjambent sa paisible Vltava. Si à Paris on associe la bohème à un mouvement artistique, en Tchéquie c’est une histoire de géographie. Mais impossible de ne pas faire l’analogie : Prague est une ville de bohème au sens parisien du terme. En témoignent le pont Charles et ses petits concerts jazzy, les cafés, les galeries d’art ou l’île de Kampa… Ce n’est pas pour rien que Shakespeare est venu s’enfermer dans le grenier de la tour de l’alchimiste Edward Kelley pour y écrire sa pièce la plus célèbre : Roméo et Juliette… Enfin, selon la légende !

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Le pont Charles – Prague ©voyagesadeux

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Le pont Charles – Prague ©voyagesadeux

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Le pont Charles – Prague ©voyagesadeux

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Le pont Charles – Prague ©voyagesadeux

Prague, ville de pierres et de magie

Les légendes, ce n’est d’ailleurs pas ce qui manque à Prague. Si on peine à imaginer les alchimistes au travail entre les murs de la ruelle d’or (et surtout au milieu des centaines de touristes qui s’y pressent comme des sardines !) on comprend aisément que la colline de Petrin et sa vue imprenable aient fait perdre la tête à Kafka qui venait y puiser son inspiration à la nuit tombée. Rebaptisée « la colline des amoureux », cette petite butte n’a rien à envier à Montmartre. Encore une fois, tout me rappelle Paris dans ce poumon vert. Et la mini tour Eiffel n’y est pas pour rien bien sûr.

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La tour Eiffel de Prague ©voyagesadeux

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Vue depuis la tour Eiffel de Prague ©voyagesadeux

On aurait bien poursuivi cette visite pleine de magie au cimetière juif, mais on ne se voyait pas payer 15€ chacun pour admirer des tombes, aussi nombreuses et historiques soient-elles. Tant pis pour le golem, on s’est rattrapés sur d’autres légendes…

 

Prague, la ville que l’on aime du dessus

A Prague, si les hostinecs (petits pubs) proposent des prix très doux sur les plats traditionnels, l’offre culturelle peut être très chère, surtout s’il s’agit d’activités potentiellement « touristiques » ; tout est privatisé, souvent pour rien. On a donc évité les musées et de nombreux monuments que l’on a préféré apprécier de l’extérieur, ce qui est souvent suffisant. On a d’ailleurs fait pareil avec certains monuments gratuits, comme la fameuse maison qui danse. Mais ce qui vaut la peine de dépenser quelques couronnes (la monnaie locale) reste les tours. La ville en compte plusieurs dans lesquelles on peut grimper pour obtenir une vue magnifique. Celle de la mairie sur la place principale – la tour du joli carillon de l’horloge astronomique –  et celle du Pont Charles n’en sont que deux parmi tant d’autres. Au final, je crois qu’on aura d’ailleurs passé plus de temps en l’air que sur terre pour apprécier Prague du dessus !

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Le carillon de Prague ©voyagesadeux

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La vue du carillon de Prague ©voyagesadeux

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La vue du carillon de Prague ©voyagesadeux

Prague, la capitale qui ne se prend pas au sérieux 

Et quand on n’était pas au septième ciel, on se faufilait dans les rues du centre historique, où l’on peut croiser une école bâtie par Henri IV puis un musée du communisme dans la même rue, un spa à bières et un dresseur de serpent sur le même périmètre ou encore un hommage imposant au Roi Venceslas puis sa reprise dans une version surprenante trois cent mètres plus loin en face du joli cinéma Lucerna. Entre bons dans le temps et pieds de nez audacieux, Prague n’a pas peur de passer du coq à l’âne, n’a que faire de la cohérence, de prêter l’un de ses plus beux bâtiments à un Hard Rock Café ou d’exposer en vitrines les amateurs de fish spa, de racoler le passant pour un massage thaï (et parfois érotique) ou encore de prêter des lunettes de soleil fashion à sa garde royale. Après Paris, c’est presque à Amsterdam, capitale insolite par excellence, qu’elle pourrait presque voler la vedette.

 

Prague, une revanche à prendre

S’il nous fallait une seule bonne raison de retourner à Prague (bien qu’on n’en ait pas vraiment besoin pour avoir envie de revenir), ce serait pour sa Meet Factory, l’endroit underground le plus intriguant de tout notre voyage et qui n’était qu’à moitié ouvert lors de notre passage. La programmation électro d’une qualité rarement égalée autant que la façon de se rendre dans ce temple de la nuit – en longeant des rails – valent à elles seules le détour. On y aura au moins bu une bière avec deux sympathiques Tchèques à qui on a fait bosser leur français. Et puis il y a aussi les affiches de cinéma bien sûr. Certainement les plus belles qu’on ait vues, très graphiques, artistiques, quelle que soit la qualité du film. On n’a pas pu en emporter dans nos bagages évidemment, puisque le voyage continue encore pour un moment. A double charge de revanche donc !

 

 

 

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