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Dossier infos pratiques : comment préparer son voyage en Inde ?

Comme nous planchons sur le sujet depuis plusieurs semaines, on a réuni ici toutes les informations qui pourraient être utiles pour préparer un voyage en Inde. Si vous avez d’autres conseils à nous donner, n’hésitez pas à nous laisser un petit commentaire ou à nous écrire

Quelles sont les démarches administratives pour un voyage en Inde ?

 

Un voyage en Inde demande une certaine organisation d’un point de vue administratif puisqu’en plus du passeport, tout résident européen doit faire une demande de visa. Cette démarche peut-être fastidieuse et se doit d’être entreprise en avance, voire, selon les conseils du site officiel de la société VF Services qui fait le lien avec l’ambassade de l’Inde, AVANT l’achat des billets d’avion. Comme nous ne faisons jamais les choses dans le bon sens, nous avons d’abord acheté nos billets d’avion puis fait nos demandes de visa.

Il existe plusieurs types de visa pour les résidents Français :

  • touriste: le plus courant et le plus facile à obtenir, qui peut aller jusqu’à 6 mois pour 65,5€
  • étudiant : 5 ans maximum pour 93€
  • longue durée : difficile à obtenir mais qui coûte 80€ pour un an ou 160€ pour 5 ans
  • journaliste : qui englobe normalement toute activité propre au métier de l’écriture, de l’édition et des médias, même si de nombreux journalistes (surtout s’ils viennent en vacances) arrivent à passer pour des « worker », et qui coûte 99€ pour 3 mois
  • affaires ou travail (le prix varie)

Les résidents français ont le choix de faire leur demande :

  • à Paris
  • à Marseille
  • à Lyon
  • via une agence qui peut demander une commission très élevée
  • par courrier

Le prix diffère donc en fonction du type de visa et il n’est pas rare de le voir changer régulièrement (mais officiellement bien sûr) au gré des humeurs et envies de l’ambassade de l’Inde. Une rumeur court selon laquelle le visa indien pourrait être délivré à l’arrivée dans le pays à compter d’octobre. Même si nous serons en Inde à partir du 27 octobre justement, nous ne voulions pas trop tenter le diable étant donné que nous allons nous balader pendant un mois en Europe avant.

Dans la région des Alpes-Maritimes, on peut donc faire une demande de visa pour l’Inde à Marseille ou à Sophia Antipolis mais pour le second choix, il s’agit uniquement d’un bureau qui réceptionne les documents sans apporter aucune information et les envoie à l’agence de Paris qui se charge ensuite de les retourner par courrier. Ce service a donc un coût : 24€ par visa en Métropole ou 58€ pour les Dom Tom ! (soit l’équivalent d’entre une et deux semaines pour deux en Inde, #justsayin). Nous avons préféré aller à Marseille (en TER avec la carte Zoo pour Matt = 6€ et en covoiturage pour moi = 20€), où il est en plus possible de faire les deux photos nécessaires au visa dans une cabine adaptée..

 

Attention : les photos pour le visa indien ne sont pas les mêmes que celles que l’on peut faire dans un photomaton européen ! Si on fait une demande par courrier, il vaut mieux se faire photographier chez un photographe professionnel en lui apportant un document (imprimable sur le site de VF Services) lui précisant les normes photographiques nécessaires. Sinon, on pourra très bien se voir retourner sa demande de visa pour photos non conformes et devoir recommencer toute la procédure.

Nous étions partis très (trop !) tôt à Marseille pour ne pas être confrontés à la file d’attente interminable dont se plaignaient certains forums de voyage sur le net. Résultat, nous étions seuls à l’arrivée, avec tout le temps devant nous pour faire nos photos et demander les informations dont nous avions besoin. A Paris cependant, et selon les périodes (en août c’est un peu moins le cas) il est préférable d’arriver à l’ouverture de l’agence pour gagner du temps. Sur place, on check les documents avec un gentil Monsieur de la sécurité qui nous raye spontanément notre demande d’entrée unique pour nous « offrir » une entrée multiple (la possibilité d’entrer et sortir du territoire autant qu’on veut pendant la durée du visa). En réalité, comme je l’écrivais plus haut, les normes du visa changent tout le temps et nous sommes tombés à une période où l’entrée multiple est offerte. Sinon, c’est 50 € en plus. Joli cadeau donc !

Il ne suffit plus que d’attendre quelques jours pour venir rechercher son passeport décoré d’un nouveau visa. Nous avons personnellement attendu 8 jours pile, mais c’est très variable. On peut suivre la demande en cours par mail ou sms, puisque l’agence VF Services envoie des infos régulièrement pour nous tenir informés de la situation. Une vraie petite décharge électrique dans l’épine dorsale qui se finit par un « hihihi » incontrôlé à chaque fois en ce qui me concerne !

S’il faut être présent au dépôt de la demande (à moins d’avoir un avis du médecin), ce n’est pas une obligation pour le retrait. Matt y est donc allé tout seul comme un grand pour faire quelques économies de plus dans notre budget voyage et a eu la gentille idée de m’annoncer par téléphone que nous n’avions que 3 mois accordés, donc un mois sur place. Une vraie petite décharge électrique qui a failli se finir par une crise cardiaque !

C’est un peu « au petit bonheur la chance ». Déjà, le visa commence à date d’émission et pas quand on pose le pied sur le territoire. Si vous partez en décembre et que vous obtenez votre visa en novembre, il sera donc valide un mois avant votre départ ce qui vous retire un mois sur la totalité  de votre séjour. Si vous avez un visa de 6 mois, il ne vous restera donc que 5 mois sur place. La blague de Matt m’annonçait que nous n’avions que 3 mois en totalité et, comme nous partions à la fin du deuxième mois, il ne nous restait qu’un mois sur place (LOLYLOL !). En réalité, nous avons bien 6 mois, donc 4 sur place ce qui nous convient très bien. En revanche, l’ambassade décide d’accorder le temps qu’elle souhaite en fonction de son bon vouloir. Une même demande peut se voir octroyer 3 mois, ou 2 ou 4, même si c’est rare. D’où le conseil d’acheter ses billets d’avion en fonction pour ne pas avoir peur (comme moi) pendant une semaine avant d’avoir le verdict. Le risque, c’est que les prix augmentent, mais entre ça et devoir annuler son billet, le choix est vite fait. Si vous ne restez pas longtemps dans le pays, mieux vaut donc commencer par la demande de visa.

Pour plus de sécurité et comme pour n’importe quel voyage, il est bon de photocopier visa et passeport en cas de perte ou de vol des originaux. On a même laissé à nos parents respectifs une version numérique, juste au cas où.

 

Santé : comment bien se préparer pour l’Inde ?

 

Aucun vaccin n’est obligatoire pour l’Inde, à moins d’être passé par l’Amérique du Sud ou l’Afrique avant (comme nous), auquel cas le vaccin contre la fièvre jaune est imposé. Pour les Européens, il est cependant conseillé de faire les vaccins contre :

  • rappels universels R-O-R, D-T-polio et hépatite B
  • Hépatite A (qui traine dans les pays où le niveau d’hygiène est faible)
  • Fièvre typhoïde (l’Inde reste le pays recordman de cette maladie dans le monde)

Peuvent également être faits les vaccins contre la rage, surtout si vous vous éloignez dans des zones rurales où vous croiserez peut-être un tigre du Bengale (mais si vous vous en sortez juste avec la rage, vous aurez limite de la chance) et contre les méningites A et C, qui frappent surtout au nord du pays. Enfin, si vous comptez rester plus d’un mois en zone rurale ou réaliser un trek en pleine nature sauvage, un vaccin contre l’encéphalite japonaise est également conseillé. Appréciant moyennement l’idée de me faire injecter de la cervelle de souris malade (oui, oui) pour 180€ les deux injections dans le corps, j’ai personnellement refusé.

 

L’Inde est un pays impaludé surtout dans les zones rurales. Si on est à l’abri des piqures dans les grandes villes et la journée, il faudra se protéger à la tombée de la nuit : vêtements longs, anti-moustique et moustiquaire. Dans les zones impaludées cependant, il est conseillé de prendre un traitement anti-palu tout le temps de votre séjour pour ne pas contracter cette maladie qui tue 1.2 millions de personnes par an, surtout dans les pays où l’accès aux soins est très restreint. Il existe certains traitements anti-palu adaptés aux longs séjours. Ayant très mal réagi à la Malarone en Amérique du Sud (un traitement pour les courtes durées en zones impaludées) je ne prendrai rien cette fois-ci et me transformerai en apicultrice pour échapper au maximum aux moustiques. Nous avons une moustiquaire imprégnée dans notre sac à dos pour les auberges qui n’en seraient pas pourvu. Pour le reste, je vais faire confiance à ma bonne étoile.

 

L’Inde est un pays chaud certes, mais pour lequel aucune préparation physique intense ni acclimatation ne sont nécessaires, contrairement à certains pays comme le Pérou (un jour, je vous raconterai comme j’ai fini à l’hôpital à cause de ça) ou la Bolivie à cause de l’altitude. Cependant, certains organismes fragiles surtout au niveau du système digestif, peuvent se préparer avant le départ pour mieux profiter de la gastronomie locale.

Rajasthanthali

Rajasthanthali CC BY-SA 2.0 Raveesh – (http://www.flickr.com/photos/chromatic_aberration/3458557873/sizes/l/)

 

La nourriture en Inde est bien plus épicée qu’en France. Même en précisant « no spicy » dans les restaurants, on aura toujours un petit côté relevé dans l’assiette, d’après ce que nous ont dit nos amis ayant voyagé en Inde et même certains Indiens eux-mêmes. Mon ventre ne supportant pas du tout le piment ou trop de curry, je vais, sur les conseils d’une amie encore une fois, le préparer avec de l’argile verte. Pour résumer, ça a l’effet d’un SMECTA, mais de façon totalement naturelle. Autrement dit, ça plâtre le ventre et le renforce pour l’aider à digérer toute sorte de nourriture qui pique. On peut en acheter en pharmacie puis en diluer un peu dans l’eau. Evidemment, même le meilleur mangeur de piment n’est pas à l’abri d’une bonne tourista !

Pour le reste, les carnivores devront faire le plein de steaks avant de partir (c’est un peu mon cas en ce moment) parce que s’il n’est pas complètement impossible de trouver de la viande (surtout de bœuf) en Inde, c’est toutefois très compliqué.

 

 

Comment se préparer psychologiquement à un voyage en Inde ?

Ahhhh la grande question… Ce n’est qu’un début de réponse que je vais essayer d’apporter, mais chacun réagira évidemment de façon différente lors de son séjour.

 

Il paraît que l’on pleure deux fois en Inde : la première en arrivant et la seconde en partant. Il existe un mal du pays propre à l’Inde, « le syndrome indien » qui ronge parfois les voyageurs. Certains ne veulent plus quitter leur chambre, par angoisse voire névrose. Il ne semble pas y avoir de demi mesure dans le ressenti et l’appréciation générale que l’on peut avoir du pays, même avec du recul. L’Inde, on aime ou on n’aime pas. La question est de savoir : va-t-on survire au choc ? Car oui, il n’y a pas d’autre mot : l’Inde est un choc. Culturel, spirituel, physique et donc psychologique. A moins de ne se rendre qu’au sud du pays, bien plus calme et touristique, ou dans les resorts de luxe avec piscines à débordement, l’Inde est un melting-pot culturel où la pauvreté, la misère et même la mort peuvent transparaître à chaque coin de rue. Malgré cela, l’Inde est un pays de sensations certainement uniques au monde. Le voyage d’une vie en somme, pour lequel il faut parfois se donner du mal pour arriver à le comprendre et l’apprécier malgré tous ses défauts.

Un pays parfait, ça n’existe pas ; d’ailleurs la France en est le parfait exemple.

Si on part uniquement en pensant ouvrir ses chakras en se faisant saupoudrer d’épices de toutes les couleurs comme au Holi festival ou pour danser sous LSD toute la nuit avec des gentils hippies, on risque d’avoir plus qu’un choc mais carrément une vraie déconvenue. L’Inde ce n’est pas seulement Bollywood où tout le monde chante toutes les dix minutes. Ce n’est pas juste des temples majestueux, des paysages fantastiques et le regard si sensuel d’Aishwarya Rai. C’est volontiers plus Slumdog Millionaire, mais souvent sans happy-end. L’Inde, c’est des centaines d’hommes qui te scrutent et te suivent quand tu as la peau blanche parce qu’ils n’ont jamais vu ça. L’Inde, c’est des gens (pas tous, mais une secte le pratique) qui mangent leurs morts en plein milieu de la rue, non pas parce qu’ils ont trop regardé The Walking Dead mais juste parce que ça fait partie de leur croyance. L’Inde c’est un bordel sans fin, sans silence, qui pue et qui suinte. L’Inde, c’est une foule de petits mendiants mutilés qui te courent après pour te réclamer de l’argent en permanence. Tout ça je le sais. Sur le papier, en tous cas. Mais est-il possible de s’y préparer autrement qu’en l’ayant vécu ? Rien n’est moins sûr.

 

Ce dont je suis certaine en revanche c’est que l’Inde, après ne pas m’y être intéressée pendant des années, j’ai aujourd’hui plus que jamais envie de la découvrir. Vais-je pleurer, ne pas résister et vouloir repartir au bout de deux jours ou deux heures ? Comment vais-je en ressortir ? Qui vivra verra et on vous le racontera très bientôt.

 

Pour poursuivre la lecture, voici un dossier réalisé par Géo Magazine, répertoriant les meilleurs articles de la blogosphère sur le sujet.

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