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En mission à Séville

« Matthieu, votre mission si vous l’acceptez : abandonner Marie le temps d’un petit voyage en Andalousie pour fêter un anniversaire collectif et symbolique (30 ans) dont celui de Seb (nom de code : « Blacky » ou « Gros copain » lors de la dernière mission «Cassoulet/Choucroute» des plus périlleuses), vu qu’il tombe pile-poil dans la durée de vos vacances. Pour cela, vous bénéficierez de votre équipement habituel : une paire de Bensimon dernière génération qui vous permettra de vous déplacer à loisir, de lunettes Cheapo qui vous protégeront (ou pas) du soleil tout en mettant en valeur vos yeux de biche, et de 250€ pour tenir 10 jours dans un pays où le Smic avoisine les 750€ (autant dire qu’il va falloir vous faire passer pour un local). Sébastien s’est occupé de toute la logistique et vous attend dans son appartement (enfin c’est pas vraiment le sien) avec sa voiture (c’est pas vraiment la sienne non plus) et sa petite-amie (là, c’est la sienne). Ce message ne s’autodétruira pas. Du moins ce n’est pas prévu. Alors ne nous décevez pas et faites nous rêver. Sincèrement vôtre, signé : la nation reconnaissante. »  

Voilà ce que j’ai reçu sur mon Tatoo qui ne me sert d’ailleurs plus que pour correspondre avec ces bons vieux services secrets, sinon pour jouer à Pyramide avec le Président quand il s’ennuie pendant un conseil des ministres. J’ai fait ma valise, j’ai embrassé Marie en lui donnant le moins de détails possible sur cette mission pour ne pas qu’elle s’inquiète, j’ai regardé pour toute préparation Le 13ème guerrier avec Yann, mon fidèle compagnon d’armes et amant notoire de la Reine d’Angleterre (mais je me suis endormi devant… le film, pas la Reine) et, prêt à affronter 29h de bus avec nos amis d’Eurolines, j’ai dit au réveil :

Séville, nous voilà !

Après un si long trajet au milieu d’une foule inconnue et de possibles contre-espions, je savais d’emblée que ma couverture de touriste lambda risquait d’être mise à mal, c’est pourquoi j’ai d’ailleurs dormi sans, à l’intérieur du bus. Arrivé à Séville, pour mieux ruser d’éventuels poursuivants, j’ai trompé la fatigue et simulé une crise de foie après une nuit arrosée au bar La Corona. Voilà, tel un Clouseau des temps modernes, j’avais trouvé là mon masque idéal : celui du parfait idiot que tout le monde laisserait tranquille et qui me permettrait de visiter Séville à ma guise.

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En mode Clouseau pour visiter Seville, je n’ai pas trouvé de barbier… ©voyagesadeux

Et Séville m’a plu en tout point (ou presque). Si bien que je n’ai pas compris pourquoi Luis Mariano n’a jamais chanté Sevilla. Peut-être qu’il s’est dit que fredonner quelques airs avec la Carmen serait suffisant ? Ma foi… Je tentais de résoudre ce mystère de plus en me baladant. Donc je vais me balader dans le centro tout d’abord, quartier sympa, Plaza del Salvador et le bar Europa où j’ai pris tous mes petits déj ou presque parce qu’ils avaient le meilleur salmorejo de la ville. Sous la Metropol Parasol ensuite, où je pense à une gaufre géante, mais comme on n’est pas à Lièges je me laisse plutôt tenter par une glace chez Bolas, figue, pistache… Tout est délicieux. Barrio Santa Cruz, c’est là le quartier le plus swag de la ville si bien qu’on y swingue même du flamenco, mais il y a tellement de touristes, d’hôtels et tout le tralala que je suis plus à l’aise derrière la Plaza de la Encarnacion, où bat le vrai cœur de Séville, au bar San Juan de la Palma par exemple, avec leurs Cruzcampo à moins d’un euro ou encore au Bodegon Alfonso XII avec les bonnes boulettes de mamie.

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Metropol Parasol, la gaufre de Séville ©voyagesadeux

 

Pour ne pas payer (et aussi parce que je préfère) je visite la Cathédrale pendant la messe. C’est beau, c’est massif et il y a même la tombe de Christophe Colomb. Comme il n’y a pas de messe dans la Casa de Pilatos je ne la visite pas, mais je vais quand même jeter un œil à sa jolie façade.

L’Alcazar j’y vais le jour où c’est gratuit. C’est merveilleux. C’est LA plus belle visite de Séville et on comprend tout à fait pourquoi la prochaine saison de Game of Thrones y sera bientôt tournée. Et oui, le Real Alcazar servira de décor au Palais de la famille Martell dans la saison 5 de la fameuse série. Vous vous rappelez Oberyn Martell dans Game of Thrones, à la fin de la saison 4 le beau gosse un peu bisexuel qui… Ah non pas de spoiler, je déteste ça, même s’il s’agit de l’un des épisodes les plus marquants de Game of Thrones. (Et bim le référencement sur Game of Thrones, tu l’as pas vu venir !)

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L’Alcazar à Séville, palais de la famille Martell dans la saison 5 de Game of Thones ©voyagesadeux

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L’Alcazar à Séville, palais de la famille Martell dans la saison 5 de Game of Thones ©voyagesadeux

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L’Alcazar à Séville, palais de la famille Martell dans la saison 5 de Game of Thones ©voyagesadeux

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L’Alcazar à Séville, palais de la famille Martell dans la saison 5 de Game of Thones ©voyagesadeux

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L’Alcazar à Séville, palais de la famille Martell dans la saison 5 de Game of Thones ©voyagesadeux

La Cartuja (qui ne sera pas dans Game of Thrones, et bim !), j’y vais le jour où c’est fermé (lundi) et je me demande à quel moment les types vont me sauter dessus pour me foutre à la porte tandis que je me balade tout seul au milieu des jardins, parmi les œuvres d’art abandonnées.

Le Parque Maria Luisa et la place d’Espagne, c’est vert et saumon (ou une couleur du genre), il nous aura fallu un après-midi (et pour Yann une insolation) pour le visiter. C’était chouette (sauf pour Yann). On a hésité à y aller en calèche, mais les pauvres chevaux glissaient sur les pavés. Il y en avait même un qui bavait, je craignais qu’on ne lui ait refilé Ebola depuis que j’avais appris que Madrid aussi avait été contaminée. Triste.

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La place d’Espagne de Séville ©voyagesadeux

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La place d’Espagne de Séville ©voyagesadeux

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La place d’Espagne de Séville ©voyagesadeux

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Dans les parcs de Séville ©voyagesadeux

L’Université, dans l’ancienne fabrique de tabac et l’hôtel Alfonso XIII, bâti pour l’Exposition ibéro-américaine de 1929, dans le style néo-mudéjar, avec pour ambition, paraît-il, de devenir l’hôtel le plus luxueux d’Europe… la Torre del Oro sur le paseo Marquès de Contadero où l’on a pique-niquer comme sur le canal Saint-Martin (pas dans la tour, faut pas déconner, mais le long du Guadalquivir), mais tout seuls, mis à part un dangereux fugitif en marcel qui semblait donner bien du mal à la police locale… autant de visites incontournables sans oublier les dessous des balcons, délicieusement carrelés, pour le seul plaisir des passants.

Séville se visite aussi la tête en l’air. Séville se visite de plein de manières différentes, sous l’impulsion d’un Tinto de verano (bof) ou sous l’influence d’un bon Gin Tonic (on préfère), autour d’un verre de Jerez pourquoi pas, ou en jouant à Pyramide pendant l’heure de la sieste ; sinon en traînant dans les quartiers périphériques comme celui de Triana, particulièrement agréable, ou encore en ouvrant la porte de toutes ses églises dont celle de San Antonio Abad, qui, bien que modeste, reste ma préférée…

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Dans les rues de Séville ©voyagesadeux

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Dans les rues du quartier Triana de Séville ©voyagesadeux

 

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Les calèches de Séville ©voyagesadeux

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Séville vue du dessous ©voyagesadeux

Séville est pleine de coups de cœur, dans ses rues et dans son architecture, dans ses restos et ses bars à tapas, parmi les plus recommandables d’Espagne (on fera très bientôt un post sur ce sujet) si bien que la seule question qui me taraude encore est la suivante : Luis, pourquoi n’as-tu pas chanté Séville ?

Sur cette profonde interrogation arrive enfin la soirée d’anniversaire du Seb. Et comme on commençait à connaître Séville sur le bout des doigts, on a décidé de fêter ça à Cadix. Et l’on est restés sages, parce que 30 ans c’est aussi l’âge de raison (ah bon ?). Alors on a mangé plus qu’on a bu (ou presque), comme tout gros copain qui se respecte. Ah, la vie prend parfois des directions bien incongrues… Mais on la suit fièrement, sans jamais reculer face au devoir. Et comme on est tous revenus vivants, et heureux par-dessus le marché, je crois que ça s’appelle une mission réussie.

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Streetart d’amour à Séville ©voyagesadeux

 

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