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Portrait voyageur : Ingrid fait voyager l’art avec le MuMo

Aujourd’hui, nous donnons la parole à Ingrid, fondatrice du très beau projet MuMo, le musée mobile qui fait voyager l’art jusqu’en Afrique pour éveiller les enfants aux œuvres d’artistes renommés. Elle nous raconte.

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

Le MuMo est un musée mobile d’art contemporain destiné à aller à la rencontre des enfants, en particulier ceux qui se trouvent éloignés de l’accès à la culture, en se rendant directement sur leur lieu de vie. Lancé en 2011, il a parcouru 40 000km à travers la France, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Belgique, la Suisse et bientôt l’Espagne pour faire vivre à 43 000 enfant. Une expérience unique : la découverte sensorielle et ludique de 14 œuvres spécialement créées pour eux par des artistes internationalement reconnus. Aménagé dans un conteneur tiré par un camion, le MuMo vient se stationner dans la cour de l’école, sur une place de village ou sur un parking, puis se déploie sur deux niveaux : installations au rez de chaussée ; peinture, sculpture, vidéo et design à l’étage.

IngridBrochard©Anthony Lycett

 

Comment est née l’idée d’un musée mobile ?

L’histoire de MuMo s’inscrit dans un cheminement très personnel. L’art occupe une place importante dans ma vie. C’est à mes yeux un formidable outil d’ouverture et de partage qui abolit les frontières, les différences culturelles. Cela m’a donné envie de concevoir un projet pour les enfants, principalement en direction de ceux qui n’ont pas accès à l’art, ou du moins n’ont jamais eu de contact direct avec les oeuvres.

Pourquoi avoir choisi les enfants plutôt que les adultes, en tant que public cible ?

Nous souhaitions intervenir à l’âge tendre où l’on apprend à lire, écrire, compter… mais où il est tout aussi important d’apprendre à regarder, ressentir, partager.

amer©isabelle_auzas

©Marc-Josse-Rennes-ATD

A quel moment le voyage est-il devenu une dynamique importante au sein de ce projet de musée mobile ?

Le voyage fait partie intrinsèque du projet depuis sa création, la vocation du musée mobile étant de s’adresser à tous les enfants dans le monde et sur tous les continents, dans une dynamique d’ouverture, de partage et de métissage culturel. Au sein du musée nous faisons dialoguer les oeuvres d’artistes de toutes les nationalités : américaine, égyptienne, espagnole, finlandaise, française, iranienne, italienne, jamaïcaine… Par sa mobilité, ce musée tient peut-être plus du monde du cirque, des forains, que du monde institutionnel des centres d’art. L’idée étant de le sortir de l’espace conventionnel des musées pour le faire rayonner dans chaque ville, chaque village aux quatre coins du monde.

Au niveau personnel, voyagez-vous beaucoup ?

Oui je voyage physiquement beaucoup, c’est pour moi source d’inspiration, d’échanges de partage. Je voyage aussi dans ma tête grâce à la musique, la littérature, ce qui est tout aussi intéressant !

 

Quel est votre meilleur souvenir de voyage ?

Un voyage à Lamu, j’ai aimé l’atmosphère de cette île, contempler les paysages et découvrir d’autres îles aux alentours comme Kiwayu.

 

Quelles sortes de liens peuvent se tisser, selon vous, entre l’art et le voyage ?

Le voyage a toujours eu une grande place dans l’inspiration de l’artiste, qui y puise de nouvelles formes, de nouveaux langages. L’art comme le voyage, en brouillant nos repères habituels, offrent à voir et à sentir un autre espace-temps. Ils nous poussent tous deux à l’extrémité de nous mêmes, sur de nouveaux territoires, de sorte que nous en revenons en étant «ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre»…

Comment avez-vous choisi les artistes participant à cette belle aventure ?

Je connaissais déjà certains d’entre eux, je suis allée en rencontrer d’autres sur leurs lieux de travail. Tous avaient envie de faire une expérience qui leur permettait de sortir du contexte habituel de l’exposition, une expérience sans enjeu commercial. La seule contrainte était de penser une oeuvre en direction des enfants. Tous se sont montrés d’une grande générosité.

Une œuvre qui vient vers vous est-elle différente d’une œuvre vers qui l’on va ?

Je pense que ce geste, ce mouvement spontané du musée mobile vers les enfants, dans leur quotidien, joue un rôle essentiel pour créer une relation de confiance, de bienveillance et de curiosité. Mais au-delà du fait que le musée mobile vient à eux, les enfants sentent, comme je le disais précédemment, que les oeuvres sont faites pour eux, que l’artiste pensait à eux en travaillant. Une chose m’étonne d’ailleurs, c’est la cohérence qui s’est instaurée entre les 14 oeuvres du musée, alors que les artistes ne se sont pas concertés pour ce projet…

©Marc-Josse

©andre-morin-leveque

Le voyage enseigne aussi une certaine idée de l’impermanence. Si le projet Mumo est itinérant, est-ce que les artistes présents actuellement sont amenés à laisser leur place, dans un futur plus ou moins proche, à de nouveaux créateurs ?

Plusieurs oeuvre ont été renouvelé depuis la 1ère tournée du Mumo : la sculpture de l’artiste Chinois Huang Yong Ping a laissé sa place à l’installation du Français Claude Lévêque, puis tout récemment de l’Espagnol Miquel Barcelo ; aux 3 installations au sol successives de l’artiste écossais Jim Lambie s’est substituée une création du designer Sébastien Cordoléani ; et enfin la peinture murale qu’avait réalisée l’artiste congolais Chéri Samba a passé le relais à un tableau de l’Américain John Baldessari. Donc oui, nous cultivons aussi avec plaisir ce côté de «perpétuel renouveau»!

Retrouvez plus d’informations sur le MuMo sur son site ICI.

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