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Canal du Midi #3 : suite et fin de notre croisière fluviale

Après une escale à Trèbes et Carcassone, juste le temps de jouer aux touristes dans la plus belle cité médiévale de France (épisode que l’on vous racontera bientôt), nous voilà de nouveau sur le Canal du Midi à rebrousser chemin pour rentrer au Somail et parcourir les villages que nous avions gardés exprès pour nous occuper au retour. De rencontres en discussions, de dégustations en investigations, ce dernier épisode au fil de l’eau nous aura appris quelques secrets pas toujours glorieux sur le Canal du Midi. On vous dit tout.

Puichéric, où acheter du jus de raisin bio

A première vue, comme pour La Redorte, ici aussi le temps semble s’être arrêté. On longe un champ après avoir amarré notre petit bateau près de l’écluse de Puichéric pour rejoindre le village du même nom, en débouchant sur la zone agricole. Alors qu’il n’est que 4h de l’après-midi, les rues sont déjà désertes. Impossible de visiter le château qui domine l’horizon et qui nous avait donné envie de nous arrêter, alors on se rabat sur le domaine Jeanson qui semble faire vivre tout le village, jusqu’à vendre son vin et son jus de raisin 100% bio au bureau de tabac central dont il est également propriétaire. A part lui, tout le reste du village était fermé, même le Vival. Ce n’est pas que ce boulanger chez qui on a bu un chocolat chaud et dévoré un éclair (seule pâtisserie proposée en vitrine avec des tartelettes à l’abricot) ne nous ait pas bien reçu, ni que cette femme qui affichait sur sa porte ne pas être la SPA pour chatons nous ait particulièrement fait peur (au contraire), mais avec une journée de navigation dans les pattes, nous n’avons pas voulu creuser le contact rural plus que ça. Retour sur les rives du fleuve pour une nuit de plus sur notre petit bateau, une excellente bouteille de jus de raisin bio en prime.
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Ici, c’est pas la SPA ! – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les rues de Puichéric – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Puichéric – Canal du Midi ©voyagesadeux

Jouarres et Paraza, où l’on va se baigner puis déguster du vin vendu par un Canadien

Le lendemain, le soleil est de retour plus que jamais. Nous l’avions un peu perdu à Carcassonne et il nous a accueilli à Homps juste à temps pour nous permettre d’aller nous baigner à l’étang de Jouarres. Il avait pris des airs de Mer du Nord, voire de lac écossais à l’aller, mais au retour, on mourrait  d’envie de s’y baigner. Après un accostage haut en couleurs et surtout en insultes avec un Allemand qui refusait qu’on approche trop près de sa péniche et poussait l’avant de notre bateau pour nous empêcher d’accoster (comment dit-on « gros connard » en allemand ?), on a finalement pu se détendre sur les galets qui bordent le fameux étang de Jouarres, mais malheureusement pas vraiment se baigner. L’eau était bien trop froide malgré la température extérieure.
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Etang de Jouarres – Canal du Midi ©voyagesadeux

Deuxième fail au château de Bassanel où l’on voulait s’offrir une dernière petite dégustation de vin sur le chemin du retour.  On a eu beau sonner, personne n’a répondu. On s’est rattrapé sur les mûres sauvages qui bordaient le chemin de la propriété et on a soulagé notre soif au village suivant : Paraza. La visite est vite faite. On demande la clé de l’église à une entreprise anglaise de location de vélos. Si l’église ne paye pas de mine de l’extérieur, dedans, c’est un festival de couleurs dû aux rénovations récentes. Une belle visite. A l’intérieur par contre, aucun fascicule en français. Dure loi du marché axée autour du tourisme existant, c’est-à-dire le tourisme étranger. Nos plus beaux villages sont en train de changer de visage… et de langue. Le jeune Canadien qui s’occupe de la dégustation au château de Paraza est le premier étonné de voir un jeune couple de Français se balader dans le coin. C’est pourtant bien une famille française qui a racheté le fameux château où fut logé autrefois Pierre-Paul Riquet. L’ancien propriétaire lui, riche héritier d’un patrimoine historique de 300 ans, a vendu ses 15 châteaux et s’est racheté UN SEUL gros bateau avec. On espère que c’est au moins une réplique du Titanic. Notre Canadien nous confie aussi avoir vendu le stock entier de rosé 2013 à un restaurant californien. On lui fait quand même travailler son français, le temps de nous offrir un blanc liquoreux comme j’aime et quelques melons bio du jardin fraîchement cueillis par une autre stagiaire, puis nous repartons au fil de l’eau.
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Le château de Paraza ©voyagesadeux

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L’église de Paraza – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Le vin du Château de Paraza – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les melons de Paraza – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les rues du village Paraza – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les rues de Paraza – Canal du Midi ©voyagesadeux

Argens-Minervois, où l’on apprend que les arbres meurent 

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises en matière de loi du marché. Le château d’Argens-Minervois en est le parfait exemple : il vient d’être racheté par un Norvégien  tandis que d’anciennes dépendances ont été transformées en gîte. C’est l’amical tavernier de l’estanquet du village qui nous confie tous ces secrets. Bien que sa clientèle ait changée et soit quelque peu clairsemée, il garde le sourire. Si ses nouveaux voisins, tous allemands, ne sont pas encore venus s’accouder à son comptoir, il continue à servir ses habitués et partager ses connaissances sur le Canal du Midi avec passion. Sa taverne est un véritable musée. On y découvre un vieux Jukebox, des bouteilles de vin sponsorisant les anciennes équipes de rugby, le tout dans un cadre vraiment pittoresque. Au passage, on apprend aussi que les peupliers bordant le Canal sont en train de mourir. Plusieurs théories se disputent malgré elles les origines du problème : les munitions américaines du débarquement, pleines de poison, auraient fait des dégâts avec l’écoulement des eaux depuis la Normandie, les bateliers transporteraient le virus avec leurs cordages et auraient transmis la maladie en s’accostant à l’arrache autour des arbres, (c’est d’ailleurs depuis interdit !) Rumeurs ou vérités, certains ne sont pas contents. Surtout les maires des communes à qui l’on demande des sommes folles pour arracher les arbres et en replanter de nouveau. Mais ils continuent de mourir… On se console autour d’un magret de canard et d’une assiette de cuisses de grenouilles flambées au pastis à la Guinguette du village. Mais ça, c’est une autre histoire que l’on vous racontera bientôt dans un article « food tour » pour savoir où bien manger autour du Canal…
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Argens-Minervois – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les rives d’Argens-Minervois – Canals du Midi ©voyagesadeux

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L’estanquet d’Argens-Minervois – Canal du Midi ©voyagesadeux

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L’estanquet d’Argens-Minervois – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Les arbres ne se cachent pas pour mourir ©voyagesadeux

Quelle conclusion tirer de notre périple au fil de l’eau sur le Canal du midi ? Doit-on vraiment en tirer une ? La seule chose que l’on gardera en mémoire, c’est que ces petits villages, traversés pendant notre séjour, nous auront permis de faire le vide, de belles rencontres, de nous nourrir sainement, prendre notre temps, relativiser sur l’inutilité de la technologie à des endroits où la nature est encore maîtresse et complètement suffisante. Un séjour qui nous aura même donné l’envie de renouer, plus tard, avec le milieu rural. Y envisager une lointaine retraite, avec quelques livres, films, vinyls, un grand jardin à bêcher, une péniche sur laquelle se promener à volonté avec quelques potes ou en amoureux… pourquoi pas. L’idée est tentante. Et si c’était juste ça la clé du bonheur ? On en reparle dans une quarantaine d’années.

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