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Canal du Midi #2 : de village en écluse, de Roubia à Marseillette

Après une très courte première journée de navigation, nous voilà repartis pour un trajet plus sérieux, avec notamment nos premières écluses à traverser, toujours aussi plaisant quoique plus sportif.

Juste avant de passer le village de Paraza (que nous gardons pour le retour), nous effectuons un petit passage par le Pont Canal de Répudre, achevé en 1676 par Pierre-Paul Riquet (à qui l’on doit le Canal du Midi) et qu’on a l’occasion d’apprécier du dessus. C’est le premier pont-canal construit en France et, paraît-il, la deuxième construction de ce type au monde.

 

Roubia, où l’on rencontre Patrick Duffy et Mireille Matthieu dans un vide-grenier

Nous nous arrêtons une première fois pour déjeuner à Roubia, petit village où nous nous promenons dans les rues et où nous achetons quelques légumes à une jeune Américaine postée sur le bord de la route, avec sa cagette et son vélo. Au hasard de la balade, on se dirige gentiment vers un grand vide-grenier où l’on trouvera quelques souvenirs merveilleux comme un 45 tours de Mireille Mathieu et Patrick « Bobby Ewing » Duffy (oui oui, écoutez plutôt ICI), ainsi qu’un bon sandwich à la saucisse préparé sous nos yeux par les experts en barbecue du village. Comme on était dimanche, le moulin à huile de la Restanque était fermé. On a bien cherché à acheter de la fameuse huile locale à l’épicerie Lou Mercat, mais les prix étaient un peu trop élevés à notre goût. Roubia nous aura néanmoins permis de faire quelques emplettes et de déjeuner en tête à tête les yeux dans l’eau, de savoureux légumes du jardin.

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En mode blogueuse mode – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Le barbecue de Roubia – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Dans les rues de Roubia – Canal du Midi ©voyagesadeux

Premières écluses, ou comment se muscler en mettant les mains dans le cambouis la vase

C’est donc l’après-midi que les choses sérieuses commencent véritablement, avec l’écluse d’Argens tout d’abord, juste avant le village d’Argens-Minervois. L’avantage sur notre trajet, c’est que toutes les écluses du coin sont gérées par des éclusiers, du coup, on a juste à faire attention à bien manœuvrer le bateau. Comme on nous l’avait dit, le passage des écluses est finalement assez aisé quoiqu’un tantinet sportif quand il s’agit de les enchaîner en montée, à deux passagers seulement. Pour cette première écluse nous sommes deux bateaux à passer en même temps. Puis arrivent les doubles écluses de Pechlaurier, où nous passons à quatre après pas mal d’attente (là c’est déjà plus stressant mais on s’en sort très bien) et celles de l’Ognon avant l’écluse simple de Homps enfin, pour arriver au village du même nom. Une après-midi musclée et salissante mais que nous ne voyons pas passer, pris au jeu des écluses.

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Ecluses du Canal du Midi ©voyagesadeux

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Ecluses du Canal du Midi ©voyagesadeux

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Ecluses du Canal du Midi ©voyagesadeux

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Ecluses du Canal du Midi ©voyagesadeux

Homps, où les chevaliers de Malte vendent encore leur vin

Homps est l’un des plus gros villages de notre trajet sur le Canal du Midi. Nous y sortons piquets et marteau pour accoster plus tranquillement à la sortie du port. Un exercice sportif surtout quand on tombe sur une racine, ou pire, un caillou ! A Homps, nous visitons la Capitainerie qui partage ses locaux avec un commerce de produits régionaux et une petite exposition à l’étage. Si l’église est malheureusement fermée (comme beaucoup d’églises de villages), au Cellier des Chevaliers de Malte (le meilleur rapport qualité/prix en matière de vin à Homps), en face de la commanderie qu’ils occupèrent jadis, on s’offre une petite bouteille de blanc que l’on dégustera plus tard sur le bateau.

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Homps – Canal du Midi ©voyagesadeux

 

Le soir, après toutes ces aventures on ne se fait pas prier pour dormir. Le lendemain, le temps est tristement couvert, ce qui nous gâche un peu la surprise de l’étang de Jouarres, seul point d’eau où se baigner un peu de toute notre croisière. Mis à part un surfeur heureux sur sa voile, on se serait plus volontiers cru en Bretagne un jour d’hiver. On n’a pas tenté le plouf et on est repartis par l’écluse de Jouarres pour faire un nouveau stop à La Redorte.

La Redorte, un no man’s land sous la pluie, figé au siècle dernier

C’est dommage, mais on n’a pas tous une raison d’aimer La Redorte. Les maisons nous ont parues moins charmantes que dans les villages que nous avions traversés précédemment et les quelques lieux historiques comme l’ancien pressoir ne nous auront pas vraiment convaincus, beaucoup moins en tout cas que les viandes de la boucherie du village. En fait, dans les rues désertes, on se serait crus replonger au début du siècle dernier. Avant de vieillir prématurément, on a repris le bateau pour traverser la double écluse de Puichéric, puis celle de l’Aiguille.

Enchaînement d’écluses comme la veille, mais plus rapide cette fois. La semaine, le « trafic » semble moins dense que le weekend sur le Canal du Midi, et nous l’avons presque pour nous tout seuls. L’écluse de l’Aiguille – la plus charmante de toutes celles que nous avons passées avec ses sculptures originales et rigolotes – l’écluse de Saint-Martin, la triple écluse de Fonfile, assez impressionnante, et enfin celle de Marseillette, la dernière que nous passerons sur notre trajet aller. On en aurait presque redemandé, enfin habitués au manège des cordages à accrocher pour maintenir le bateau en toute sécurité pendant l’écoulement de l’eau, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Marseillette, pilleurs d’église et tour de communication historique

A Marseillette, notre apprendrons que l’église Saint-André (un beau petit monument prometteur du XIIème siècle) est fermée depuis qu’on a tenté de la piller. Nous nous rattraperons donc sur la tour Chappe, du nom de son constructeur, fabriquée en 1834 et qui servait d’ancien relai du premier réseau structuré de télécommunications au monde ; un système apparemment révolutionnaire qui intéressa même Napoléon avant d’être distancé très vite par l’invention du télégraphe électrique. Aujourd’hui, le monument ne sert plus qu’à donner l’heure. Plus bas sur la gauche, nous passerons devant les locaux de Radio Marseillette, ainsi que devant d’anciens commerces dont les devantures sont autant de traces d’un passé révolu.

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L’ancienne Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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La fameuse radio Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

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Marseillette – Canal du Midi ©voyagesadeux

Le soir, entre un salut aux canards et un plein d’eau pour remplir notre réservoir, nous sommes cueillis par la pluie au moment d’aller dormir. L’ambiance est des plus romantiques avec l’orage qui tonne au loin et les gouttes qui s’écrasent contre le hublot de notre chambre. On ne tangue pas plus que ça, mais vu la météo, on est contents d’être seulement sur le Canal du Midi et pas en pleine mer !

Dans le dernier épisode de notre récit de croisière fluviale, encore un no man’s land, un estanquet sympathique, des  melons bio, un château norvégien et un autre échangé contre un gros bateau.  

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