Menu

Andorre : une autre façon d’apprécier le tabac et le vin

Avant de partir en Andorre, je n’en connaissais pas grand-chose. Je savais qu’on pouvait y acheter du tabac et de l’alcool à prix réduit et c’est à peu près tout. C’est dire ! En plus d’y avoir découvert une nature enchanteresse comme Marie a pu vous en parler ICI et des hôtels prestigieux, nous avons eu l’occasion de faire quelques visites plus culturelles pour en apprendre d’avantage sur le tabac et le vin.

Alors oui, c’est vrai, Andorre-la-vieille est encore très attractive en matière de commerce du tabac et des alcools. Ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire avec les quelques bouteilles que je me suis ramené et la cartouche de cigarettes à 29€ qu’on a rapportée à un ami. Mais, vous l’aurez compris, ce n’est pas que ça Andorre. La preuve :

Quand on nous a proposé de visiter le musée du tabac, je craignais d’abord qu’il s’agisse simplement de meubler un début de matinée. Je m’étais en fait bien trompé et j’étais même loin de soupçonner combien ce petit musée valait finalement le détour. Je dois vous préciser d’emblée que n’étant en rien passionné par le tabac (je ne suis même pas fumeur) j’avais peur de m’ennuyer un peu, d’autant que la visite dure tout de même une heure. Au final, je n’ai pas vu le temps passer une seule seconde, grâce à scénographie interactive et très bien pensée. Installé dans l’ancienne fabrique de tabac Reig de Sant Julià de Lòria, le musée du tabac revient efficacement sur l’histoire du tabac qui joua un rôle fondamental en Andorre.

Moins cher qu’en France et qu’en Espagne, il devint rapidement une des clefs de l’économie andorrane, si bien qu’il fut, à une certaine époque, la seule récolte vraiment rentable du pays. Et si après la guerre, les blends américains ont bouleversé la consommation, et donc la production, poussant l’industrie du tabac en Andorre à se transformer peu à peu en une agriculture fictive (le tabac était même parfois brulé) le pays a tout de même continué à lui rester fidèle. Aujourd’hui, le tabac produit n’est bien évidemment plus envoyé à la fabrique qui est fermée depuis 1957, mais il est acheté par le gouvernement qui soutient ainsi les paysans, puis revendu à d’autres pays. Voilà pour la petite histoire du tabac.

Pour le musée, il est présenté sur plusieurs étages. La première salle présente cette histoire du tabac et plus précisément celle de la fabrique. Elle se conclut par la présentation des arômes (réglisse, cèdre, coriandre…), essences variées entrant dans la composition du tabac et dont le mélange était le secret du maître. La deuxième salle revient sur le travail du tabac, différent s’il s’agit d’un Scaferlati ou d’un autre type de tabac. La troisième salle est consacrée au processus de manufacture et introduit également la contrebande tandis que la dernière salle revient sur le rapport au tabac en Andorre et dans le monde entier, depuis sa consommation en Amérique du Sud avant que les colons ne l’introduisent par chez nous. Une exposition très complète donc, mise en lumière par un système multimédia ingénieux organisé sous la forme d’un parcours. En plus des informations fournies, le musée présente tout un tas de machines, d’outils et de mobiliers en rapport avec l’industrie locale du tabac. Une autre salle, enfin propose des expositions temporaires qui n’ont rien à voir mais où sont régulièrement mis à l’honneur des peintres de grande renommée tels que Picasso, Dali ou encore certains expressionnistes Russes.

Un très beau musée donc qui nous aura donné envie d’en visiter d’autres la prochaine fois que nous viendrons. A noter, pour mieux vous encourager à le visiter, si vous n’êtes pas déjà convaincu, Andorre à crée le Passmuseu, un pass à 19€ valable un an pour avoir accès à 18 musées de la Principauté. Une belle initiative, très rentable !

Et le vin me direz-vous ? S’il y a bien un musée du parfum (c’est quand même difficile à boire), il n’y a pas encore de musée du vin en Andorre. Par contre, en plus de produire sa propre bière avec la brasserie Alpha, Andorre produit depuis peu son propre vin. Ils ne sont pas nombreux à s’être lancés dans cette entreprise et nous avons eu la chance de visiter l’un des meilleurs endroits pour cela : la Borda Sabaté. La visite commence sur les chapeaux de roues (et c’est le cas de le dire) quand Joan Albert Farré, le propriétaire des lieux, nous fait monter dans son 4X4 pour grimper par un chemin sinueux jusqu’à 1100m d’altitude où le vin est travaillé.

 



Un petit trajet impressionnant digne à lui seul des attractions vertigineuses des fêtes foraines. Là, on nous présente tous le processus de vinification des deux cuvées de la maison, la cuvée Escol (blanc) et la cuvée Torb (rouge). Des vins de haute montagne (la vigne est cultivée entre 1100m et 1200m) lancés sur le marché en 2009. Vinifiés par Alain Graillot, ces vins bénéficient, en plus de son savoir-faire, d’un cadre exceptionnel avec des conditions météorologiques favorables, d’un sol de schiste organiquement pauvre et d’investissements importants en matière de biodynamique.

DSC06053

La Borda Sabaté – Andorre ©voyagesadeux

DSC06047

La Borda Sabaté – Andorre ©voyagesadeux

Si nous n’avons pas eu le temps de déguster la cuvée Torb (Cornalin, Syrah et Merlot) nous avons par contre pu apprécier la cuvée phare de la maison : l’Escol. Référence à la vallée sacrée de l’Ancien Testament, L’Escol est un riesling assez surprenant. Très frais, très minéral, c’est un vin estival d’une richesse toute en retenue. Très marqué par des saveurs citronnées en entrée, il se déploie subtilement vers des arômes de fleurs blanches et de pomme verte pour finir sur une touche très minérale des plus agréables. Distribué uniquement sur Andorre, sinon sur Internet, l’Escol devrait vous convaincre sans problème que l’histoire nouvelle du vin en Andorre à encore de beaux jours devant elle.

DSC06044

La Borda Sabaté – Andorre ©voyagesadeux

Infos pratiques :
Museu del Tabac :
c/ Doctor Palau, 17 AD600 Sant Julià de Lòria
Tarif : 5 €
Fermé le dimanche après-midi et le lundi
 
Borda Sabaté :
Ctra. General d’Espanya AD600 Sant Julià de Lòria
Visite et dégustation sur réservation : 20€
Bouteille d’Escol : 45€ Possibilité de dîner sur place au Restaurant Le Domaine

Les commentaires sont fermés.

Suivez nos aventures !

Si vous voulez tout savoir de nos voyages à deux autour du monde, suivez nous sur Facebook  !

%d blogueurs aiment cette page :