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Portrait : Denis, entre le Népal et le Tibet, l’amour de l’Himalaya Bhotia

A l’occasion de la projection le vendredi 13 juin à 20h à Nice du documentaire « Himalaya Bhotia, entre Népal et Tibet », nous laissons la parole aujourd’hui à son réalisateur, le documentariste et amoureux de la montagne Denis Olivier Poulet. 

 

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Ayant eu et ayant encore trois passions dans la vie, je ne vous parlerai que très brièvement que de deux d’entre elles. Le sport et plus particulièrement les courses en circuit de vitesse, en voiture et en moto. La deuxième est tout ce qui se rattache au milieu montagnard dans les Alpes, dans l’Himalaya, le Caucase, le Pamir, le cercle polaire que j’ai pu visiter pour y travailler ou à titre de voyage personnel.

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Septembre 2001 – ©Denis O. Poulet

Vous allez projeter vendredi à Nice le film « Himalaya Bhotia, entre Népal et Tibet ». Pouvez-vous revenir sur cette aventure ? Je crois que le tournage a duré 5 ans, cela n’a pas été un projet trop compliqué à mettre en œuvre ?

Ce documentaire est une succession de rencontres à travers 12 tournages sur une durée de 5 ans. C’est un long voyage d’est en ouest à travers le Népal avec ces ethnies, toutes originaires du Tibet venues après le 9ième siècle s’installer dans des vallées au sud de l’Himalaya. A cette époque, le Népal n’existait pas. Ayant organisé les tournages seul avec une petite caméra, je pouvais plus facilement aller à la rencontre de ces peuples sans les choquer avec un matériel trop agressif et une équipe de tournage.

Pourquoi avoir choisi de réaliser un documentaire sur le Népal en particulier ?

Dans le documentaire précédent « Saisons himalayennes », nous survolons tous les pays himalayens en 26 minutes en donnant une priorité au Pakistan, au royaume du Bhoutan et au Népal. En dehors de la beauté des paysages, des cinq pays qui constituent la chaîne himalayenne, le Népal représente une population avec laquelle on s’attache le plus.

La gentillesse des gens ne me laisse pas insensible, il y a peu de pays où le sourire est une marque de bienvenue.

Cette communauté d’origine tibétaine vivant au Népal m’intéresse d’autant plus quelle est montré du doigt par le régime communiste chinois qui est en train d’envahir commercialement le Népal et particulièrement la bordure nord de l’Himalaya népalais. La majorité de l’introduction du documentaire est tourné au Tibet.

Depuis quand voyagez-vous et où avez-vous voyagé ?

Mon premier voyage, je l’organise en vélo à 12 ans en 1960, je suis parti de nuit assister aux 24 heures du Mans. En septembre 1977, je démissionne d’une société d’import/export pour partir vers l’aventure. Une expédition en haute montagne vers le Cachemire indien ouvert au tourisme en 1975 avec des amis guides, dont l’une deviendra la première femme guide de haute montagne en France.

Est-ce le besoin de voyager qui a déterminé le choix de votre métier ou est-ce que c’est votre métier qui vous a poussé à voyager ?

Après une licence de géographie, j’ai voulu faire de la glaciologie à Grenoble qui refusa ma candidature si je ne repassais pas tous les examens et devant une commission. Durant ces études, voulant gagner un peu d’argent, je commence le premier voyage professionnel avec une agence durant l’été 1980 en Inde, puis on me propose le Népal que je ne connaissais pas en octobre. Ce type de vie et de travail sans sécurité me convenait, j’ai souvent voyagé pour des reconnaissances, mes plus belles années.

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Envisagez-vous de réaliser un autre documentaire ? Sur cette destination ou une autre ?

Oui, je continue. En plus de faire une version de 52 minutes de ce documentaire pour une télévision étrangère,  j’arrive du Népal où j’ai continué à tourner des images. J’aide une famille, quatre générations, les jeunes adolescents doivent trouver leur avenir dans un pays surpeuplé, difficile si ils n’ont pas fait un minimum d’études ou d’apprentissages. Je suis parti avec l’un deux qui voulait connaître la vie en haute montagne.  Je pense qu’il ne continuera pas, il m’a dit avoir trop froid à l’approche des 5000 mètres. Mon but est de conserver ce noyau familial afin d’éviter de les retrouver mendiants dans la rue, surtout la nouvelle venue qui a 2 ans et demi et à qui je veux offrir des études.

Que conseilleriez-vous de faire ou voir à un voyageur qui découvre le Népal pour la première fois ?

Ce pays est d’une richesse culturelle extraordinaire, il faut apprendre à regarder. Si ce voyage est orienté vers un trek et la nature et si vous en avez les moyens et le temps, n’hésitez pas à quitter les trois régions trop fréquentées par le tourisme (Everest, Annapurna et Langtang). Vous découvrirez au 21ième  siècle, le Népal qui a existé tel qu’il était des dizaines d’années auparavant. Depuis quelques temps, le trail et les courses en altitude font leur apparition. Les jeunes veulent parcourir un trek comme le tour des Annapurna en jogging. Je leur rappelle qu’ils sont les plus vulnérables et que l’acclimatation même à 5000 mètres existe toujours (attention au MAM, mal aigu des montagnes).

Enfin, le thé au beurre de yack, ça a quel goût ?

Le thé au beurre de yak ressemble à une soupe salée avec du beurre. Très agréable à boire en haute altitude mélangé avec de la « tsampa », farine d’orge grillée. L’ensemble est beaucoup plus riche en vitamines et nourrissant que le riz.

 

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Kyzylkum – ©Denis O. Poulet

Rendez-vous en salle Linné au Parc Phoenix de Nice vendredi à 20h pour la projection du film de Denis : « Himalaya Bhotia, entre Népal et Tibet »

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