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Carthagène, entre le désert et la mer, l’Espagne en crise

 

Pour nous qui connaissions sa petite sœur des Indes, la Carthagène d’Espagne était pleine de promesses. Au final, elle nous aura surtout laissé des déceptions…

 ©voyagesadeux

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Nous sommes arrivés par le train dans un lambeau de terre entre le désert et la mer. La gare de Carthagène semble tout droit sortie d’un western. On a laissé dans le hall des boiseries et quelques affiches d’époques comme pour souligner cette impression. Carthagène, d’emblée, se conjugue au passé. Hors de la gare, c’est l’heure de la sieste, les magasins sont fermés, pas un chat dans les rues… En se rapprochant un peu plus, on se rend vite compte que les magasins sont fermés depuis plus longtemps que la sieste. Une épaisse couche de poussière défigure les vitres des magasins. La crise, par ici, a laissé une vilaine balafre.

Le premier hôtel est en haut de la rue. Los Habaneros. Un trois étoiles dont au moins une de trop. On se renseigne sur les prix. On décide de faire un tour en espérant trouver mieux. Hormis les rares points signalés sur la carte, pas d’autres hôtels à l’horizon. Le tourisme, à Carthagène, ne semble pas avoir fait beaucoup d’émules. Retour à Los Habaneros. Si la chambre est plus que basique, les prix sont corrects et le personnel sympathique.

On entame sans tarder la visite de la ville. Sans surprise, un jour est suffisant. Entre les vieilles pierres et les nouvelles ruines, Carthagène semble attirée vers un passé sans fond. Quel avenir lui réserver ? Hormis le théâtre romain, le reste de ce que nous avons vu est assez décevant, si bien que nous ne visitons pas tout et laissons de côté certains sites comme la Casa de la Fortuna. Idem au niveau des musées, nous passons notre tour après un bref détour par le MURAM (Museo Regional de Arte Moderno) et le musée d’Histoire Militaire. Nous ne doutons pas que Le sous-marin de Peral puisse avoir un intérêt historique ; de notre côté, il ne nous a pas émoustillés beaucoup. De même, la variété des fouilles archéologiques sera certainement passionnante pour quelqu’un qui s’y connait un peu, pour un néophyte, malheureusement, tout cela n’est pas très bien mis en valeur. Il y a pourtant des choses à voir, mais rien de très impressionnant. Même le casino, tout en restant charmant, est loin de valoir celui de Murcia. On y fera tout de même une rencontre sympathique avec un monsieur désabusé sur la situation du pays. Le reste du centre-ville alterne sans harmonie entre d’agréables micros quartiers comme entre la mairie et le port ou autour du Barrio del Foro Romano et des rues sans charme où la moitié des appartements et des commerces sont à vendre ou à louer. Pour couronner le tout, c’est à Carthagène que Marie boira le pire vin qu’elle n’ait jamais bu de sa vie.

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Comme s’il y avait un trésor qu’on aurait oublié, trois châteaux encerclent la ville. Nous essayons d’en visiter au moins un, le plus accessible depuis le cœur de la cité. Abandonné à son triste sort, il trône sans fierté au-dessus d’un parking sur une colline pelée aux airs de bidonville.

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Heureusement, le soir nous assistons à l’une des processions de la Semaine Sainte et Carthagène retrouve enfin un peu de vie. C’est un vrai beau moment, mais le bilan reste plus que mitigé. C’est la première fois que nous serons heureux de quitter une ville aussi rapidement. Le lendemain, nous décidons de partir pour la plage qu’on nous avait plutôt bien vantée. Direction la Manga, ce petit cordon littoral d’une vingtaine de kilomètres de long qui sépare la Méditerranée de la Mar Menor.

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Sur place, c’est la déception à nouveau. Encore et toujours ces panneaux à vendre ou à louer. C’est l’apocalypse touristique et cette station balnéaire, hors saison, semble en faire les frais plus que jamais. La plage, réputée parmi les plus belles de la région, n’a rien d’exceptionnel. Rien d’atroce certes, mais vraiment rien d’incroyable. Nous trouverons tout de même un coin de sable où s’allonger un peu, sur les transats du resto de plage où nous avons mangé des clams aux pignons. Là encore, le vent gâche la fête si bien que nous ne profiterons jamais de la température plus chaude de la Mar Menor. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, une colonie de kitesurfers viendra troubler notre tranquillité.

Entre le sable du désert et celui de la plage, Carthagène est comme enchristée dans la poussière. Peut-être faudrait-il revenir en été… J’en doute. Pour nous, elle ne s’est guère réveillée qu’à l’occasion de la Semaine Sainte. Nous lui souhaitons, à l’image du Christ qu’elle a si bien célébré, une résurrection enfin digne de son nom et un avenir aussi riche que son passé, aujourd’hui terni. 

6 réponses to “Carthagène, entre le désert et la mer, l’Espagne en crise

  • Bonjour,
    C’est bien dommage en effet qu’elle soit laissée à l’abandon! Elle a du potentiel mais c’est peut-être au niveau local qu’est le problème non?

  • Bonjour
    Je ne suis pas allée à Carthagène mais j’avais eu la même impression dans certaines parties de l’Andalousie, un laisser-aller dû à la crise qui se manifestait par des projets immobiliers totalement abandonnés défigurant le paysage… j’avais beau avoir lu dans l’actualité ce qui se passait en Espagne je ne l’avais pas vraiment réalisé avant d’y être allé

  • Seul un miracle (financier) peut faire renaître Carthagène de ses cendres! Un site qui mérite pourtant de s’inscrire dans les plus grandes destinations touristiques.

  • C’est plus que dommage. Je ne doute pas qu’elle ait du potentiel cette ville. Comment faire ? Même sur place ils ne semblent pas avoir la réponse pour l’instant. Sans argent, aujourd’hui, ça paraît compliqué. Quant à savoir si le problème est local, c’est difficile à dire. Nous n’avons pas fait toute l’Espagne. Je pense que des régions, voire des villes, ont morflé plus que d’autres.

  • C’est vrai que pour un français, la ville espagnole est déroutante pour ne pas dire décevante. Pour découvrir cette ville il m’a fallu plusieurs mois et voire plusieurs années, je suis allée 7 année de suite pendant 4 mois d’hiver dans cette région, je l’ai écumé dans tous les sens. Mais il faut du temps,oublier vos idées toutes faites, pousser les portes ( palais des congrès , mairie ,club nautique…) . J’y ai même découvert derrière l’arsenal, perdu dans une petite baie un lieu étonnant, quelques maisons de pêcheurs sans eaux, sans électricité: reste d’un lieu impossible dont un habitant m’a raconté l’origine. Cette ville en grande rénovation depuis 2005 (mon premier passage) peu à peu perd son âme et ses habitants populaires au profit du tourisme de masse. aller encore vous perdre dans les barios, vous y ferez connaissance avec des figures. Bonne découverte

    • Bonjour Evelyne et merci pour votre témoignage. Il est vrai que nous aurions peut-être du accorder plus temps à cette ville pour en découvrir un autre visage. Nous n’y avons vu en revanche aucun tourisme de masse… voire aucun tourisme tout court, laissant justement en désuétude certains lieux comme après le passage d’une apocalypse. Ce n’était pas pour nous déplaire, puisque nous fuyons les lieux hyper touristiques, mais ça nous a surtout brisé le cœur pour les locaux. Surtout d’entendre le discours très amer de certains, sur le départ de la jeune génération…

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