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Murcie : à la découverte du sud de l’Espagne

Tout compte fait, je ne connaissais pas tant que ça l’Espagne. J’avais bien passé une semaine à Madrid et fait quelques excursions à Barcelone et la frontière, mais n’importe quel Catalan vous dira que ce n’est pas vraiment l’Espagne. J’avais donc hâte d’y retourner et qui plus est avec Matt à qui j’avais vanté les mérites de ce pays dont je gardais un souvenir chaleureux et festif. Et malgré la crise qui a laissé par endroits de vilaines séquelles (des commerces et des maisons à louer, à vendre et parfois en ruines), l’Espagne, ou du moins ce bout du sud que nous avons exploré pendant une semaine a su garder son sourire. Je parie d’ailleurs que les Français ne se retourneraient pas aussi bien si leur confort en prenait un coup comme celui des Espagnols ! La philosophie latine, que l’on a connue en Amérique du Sud se confirme à Murcie. Elle pourrait se résumer à « On a peu, mais on le partage et même avec joie ».

Il n’y a qu’à voir notre contact de l’office de tourisme sur place. Nous lui avons certes demandé de nous conseiller les lieux immanquables à visiter, mais surtout de nous vendre « son » Murcie. Dis-nous, Mar, ce qu’on doit vraiment voir à Murcie ? Où doit-on vraiment manger ?

Murcie, ses gens

Et après Mar, il y a eu cette petite dame, postée deux heures en avance pour le passage de la procession de la semaine sainte, sur sa chaise en plastique perdue au milieu de centaines d’autres, vides, sur la place entourée de confiseurs préparant les festivités. Elle s’est levée et nous a expliqué, sans presque jamais s’arrêter de parler, heureuse d’aider deux petits jeunes qui ne connaissaient rien aux traditions locales. « Ah bon ? Vous n’avez jamais vu ça à la télé ?!  Mais la semaine sainte, c’est un événement international ! ». C’est que nous, la télé, tu sais Madame… Elle nous a proposé de la rejoindre plus tard pour assister à la procession avec sa famille. La foule faisant, on ne l’a jamais retrouvée. Comme quoi, même sans avoir fait de Couch Surfing, puisque cette fois nous étions invités à l’hôtel, nous avons pu faire de belles rencontres, comme ces jeunes qui nous ont intrigués avec leur jeu ressemblant au quidditch, ou ce Monsieur jovial qui m’a demandé de le prendre en photo, derrière ses poissons au marché.



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Murcie, ses marchés

Ah les marchés… Ils nous avaient manqué depuis l’Amérique du Sud et je pensais ne jamais retrouver une telle ambiance avant notre voyage en Asie peut-être. Mais Murcie a su me prouver le contraire. On y a même croisé Kate Moss en égérie de boucherie, au milieu de quelques têtes d’agneau et des abats peu ragoûtants. On a aussi pu manger, accoudé au comptoir, le poulpe fraîchement acheté au stand du voisin et préparé minute par une cuisinière aussi rapide que le lever de coude des habitués autour d’elle. Je crois que l’on reconnaît le caractère d’une ville à l’authenticité de ses marchés. Murcia en est la preuve depuis le marché de la gare routière à celui des halles Victoria. Selon moi, pas besoin d’aller prier Marie et tous les Saints dans les églises de la ville pour trouver l’âme de Murcia.

 



 

Murcie, ses églises

Mais pour ceux qu’une bonne ambiance pittoresque ne contente pas pour prendre le pouls de la ville, les églises de Murcie seront là pour répondre à leurs attentes. Nombreuses, elles n’arrivent toutefois pas à la cheville de la cathédrale Sainte-Marie qui fait office de symbole touristique de la ville par excellence. Flanquée d’un petit musée (inclus dans les visites proposées par la carte de l’office de tourisme) elle impressionne avant tout pour son architecture, du fait qu’elle ait été installée à l’emplacement de l’ancienne mosquée de la ville. Santo Domingo, Sainte Carmen, La Merced… autant d’églises qui tentent de lui faire de l’ombre mais qui, à quelques exceptions faites (comme  l’ancien couvent Victoria réhabilité en belle galerie d’art moderne ou le musée Salzillo, tout en extravagances de bondieuseries too much à mon goût) ne valent pas son prestige.
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Murcie, son casino

Il a fallu aller chercher du côté du casino de Murcie pour trouver un rival de taille à la cathédrale. Si quelques locaux nous ont indiqué les directions du casino où tu peux tenter ta chance pour gagner le jackpot, ce casino-là n’a rien à voir. Il s’agit bien d’une ancienne salle de jeux, oui, mais pas que. On y  a bien croisé quelques joueurs de billard, oui aussi, mais pas que. Quand on parle du casino de Murcie, on fait référence à un musée qui vaut le détour encore et toujours pour l’architecture. Un vrai palais des mille et une nuits, avec un hall d’entrée tout en arabesques et mosaïques qui rendent hommage aux racines arabes la ville et de tout le sud de l’Espagne, complété par des salles au style plus baroque et néo-classique. Une véritable pièce d’art hors du temps qui achève en apothéose notre visite touristique.

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Murcie, ses rues

Reste plus qu’à se perdre volontairement dans les rues de Murcie pour découvrir des trésors cachés comme les arbres géants aux racines hors de terre dans les jardins de Floridablanca ou les amphores de la place Camachos qui marquent le temps en se vidant de leur eau l’une dans l’autre pour mieux se remplir à nouveau. Jamais sèches, contrairement au rio Segura qui traverse la ville, parfois péniblement, presque comme un filet d’eau, mais toujours assez pour que la sardine de Miguel Llamas ait de quoi se baigner, sous le vieux pont, aussi appelé pont des dangers. Un pont qui porte bien mal son surnom puisque nous ne l’aurons senti nul-part ce danger, même pas la nuit, que ce soit en nous baladant dans le centre-ville ou dans les quartiers plus populaires, n’en déplaise aux clichés pas toujours vérifiés qui associent délinquance et pauvreté.
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Alors si vous voulez découvrir une Espagne pittoresque, certes moins touristique que ses grandes sœurs Madrid, Barcelone ou même Alicante qui lui font de l’ombre, mais où l’on pourra connaître la gentillesse des habitants, ceux qui ont subi des coups parfois durs mais qui ont su gardé leur sourire et la tête haute, une Espagne où l’on peut déguster des tapas qu’on ne trouve nul part ailleurs dans le pays (dont on vous parlera bientôt !), où l’on peut vivre véritablement « à l’espagnole », en se réglant à l’heure de la sieste entre 12 et 16h et du dîner à 22h, allez à Murcie !

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