Menu

Cinétrip : Hasta la vista, voyager au-delà des handicaps

On revient de Belgique et on part prochainement en Espagne. Quel pouvait être le film idéal pour évoquer à la fois ces deux pays ? La réponse avec notre cinétrip du jour : Hasta la vista.

hasta_la_vista_affiche

Trois jeunes belges d’une vingtaine d’années aiment le vin et les femmes, mais ils sont encore vierges. Sous prétexte d’une route des vins, ils embarquent pour un voyage en Espagne dans l’espoir d’avoir leur première expérience sexuelle. Rien ne les arrêtera… Pas même leurs handicaps : l’un est aveugle, l’autre est confiné sur une chaise roulante et le troisième est complètement paralysé.

Hasta-La-Vista-4

Sorte de Little Miss Sunshine belge sur des handicapés, (le réalisateur Geoffrey Enthoven ne cache d’ailleurs aucunement la référence) Hasta la vista est d’abord inspiré d’une histoire vraie, celle d’Asta Philpot, malade atteint d’arthrogrypose, qui est parti perdre son pucelage dans une maison close espagnole équipée d’un accès pour fauteuil roulant. Pas facile de voyager quand on est handicapé, mais comme dit l’adage, à cœur vaillant rien d’impossible. Nos trois héros vont donc vivre la même aventure, chacun à sa manière, chacun avec son handicap, mais chacun surtout avec son caractère. Un des atouts majeurs du film est justement de très vite reporter le handicap au second plan. Comme le voyage, il n’est plus dès lors qu’un prétexte, mais un prétexte jamais traité à la légère. Hasta la vista préfère en effet parler d’amitié et de sexualité. Si le sujet paraissait plutôt casse-gueule, Geoffrey Enthoven s’en sort haut la main en passant avec beaucoup de justesse de la comédie au tragique.

hasta_la_vista_2hasta-la-vista-3

Le pathos est évacué sans que la dimension dramatique ne perde en intensité et c’est l’humour qui est la mécanique principale du film. C’est dans la comédie qu’Hasta la vista excelle véritablement. Sans jamais se moquer, il aborde frontalement la question des problèmes liés à la sexualité des handicapés. Volontiers cru, jamais vulgaire (jamais gratuitement en tout cas), Hasta la vista roule entre les clichés et trace une jolie route sur un paysage cinématographique qui ose peu s’aventurer sur ce type de sujet. La force du film, un scénario solide qui transcende l’anecdote de base pour traiter efficacement de problèmes plus vastes et des acteurs excellents pour interpréter ces handicapés sans faire dans la caricature. En proposant un spectacle intelligent, le réalisateur signe donc un divertissement où l’on ne s’ennuie jamais et réussit à intégrer l’esprit farceur du teen-movie dans le drame inhérent à son sujet. Au final, Hasta la vista est un road-movie vraiment touchant et souvent tordant.

Hasta-la-vista-5

A certains moments, le film fait preuve d’une certaine grâce qui n’est pas sans évoquer un autre film belge, un petit chef d’œuvre de tendresse cinématographique, lui aussi drôle et bouleversant à la fois, le génial Le huitième jour de l’audacieux Jaco van Dormael. Dans ce dernier, le voyage est malheureusement un peu moins présent, sinon nous en aurions peut-être fait notre plus beau cinétrip, à la découverte d’une drôle de Mongolie, ce pays des conquérants les plus gentils du monde. Dans le huitième jour, au début il n’y avait rien, puis il y a eu la musique… Mexico. Déjà une invitation au voyage.

Dans Hasta la vista ce n’est pas Luis Mariano mais Joe Dassin qui emporte nos héros à travers sa chanson « Et si tu n’existais pas ». Comme un début de réponse au pourquoi de l’existence, que Dieu créa Georges ou qu’il nous invita à parler de cul avec Lars, Philip et Jozef, dans tous les cas, il vit que c’était beau. Et nous avec.

Laisser un commentaire

Suivez nos aventures !

Si vous voulez tout savoir de nos voyages à deux autour du monde, suivez nous sur Facebook  !

%d blogueurs aiment cette page :