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Cinétrip : des Pays-Bas aux Etats-Unis, les Flodder font carnage

Pour s’accorder à l’heure hollandaise, on a choisi un cinétrip de là-bas en décidant de rendre hommage au cinéaste néerlandais Dick Maas. Si on connaissait le bonhomme pour ses films d’horreur originaux et plutôt bien ficelés (L’Ascenceur, Amsterdamned ou plus récemment Saint) on était moins habitué à ses comédies, pourtant réputées cultes en Hollande. On a décidé de se rattraper en vous parlant du second épisode de la célèbre (aux Pays-Bas au moins) trilogie consacrée à la famille Flodder : Flodder in Amerika !

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Pourquoi l’épisode 2 ? Parce qu’il y est plus clairement question de voyage. Après avoir emménagé dans le quartier riche de Zonnedael dans le premier opus, voilà que les Flodder sont invités à partir un an aux Etats-Unis lors d’un programme d’échange culturel. Confondu sur place avec une délégation de médecins russes, ils vont en faire voir des vertes et des pas mûres au pauvre Sjakie qui leur sert de tuteur, bien décidé à les retrouver malgré les mauvais coups que le destin lui réserve.

Dans l’esprit, cette famille cradingue rappellerait presque une autre famille autrement culte, celle du génial Affreux, sales et méchants d’Ettore Scola. Mais au fond, les Flodder ne sont pas vraiment méchants, ils se protègent les uns les autres, ils défendent même un homme qui se fait racketter dans Central Park… ils sont justes inadaptés et, il faut bien l’avouer, profondément idiots. Dans le traitement, le cynisme s’efface ainsi au profit de gags plus potaches, dans la lignée d’un Dumb & Dumber. Malheureusement, ni aussi finement mordant qu’Affreux, sales et méchants, ni aussi bêtement drôle que Dumb & Dumber, Flodder in Amerika ! souffre d’avoir le cul entre deux chaises. Pas assez comique, le film manque cruellement de rythme et ne décolle véritablement que dans les scènes pimentées d’action, comme par exemple la course poursuite où Dick Maas semble plus à l’aise avec sa caméra.

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C’est dommage, car le film recèle quelques bonnes idées : En comparant Wallstreet au Red light district, car c’est là que l’argent change de main, il insère une dimension politique autrement plus mordante que les gags un peu lourds sur la poitrine de Tatjana Simic, certes voluptueuse. Dans le même ordre idée, l’Amérique y est présentée comme le pays de tous les possibles (et par conséquence de tous les contrastes) où des dégénérés peuvent mener la belle vie tandis qu’un type sympa peut sombrer, au même moment, dans la déchéance la plus totale. Ainsi, grâce à la bonne vieille technique du quiproquo, les Flodder se retrouvent au Plaza et dans les soirées huppées tandis que Sjakie voyage d’un hôtel de passe à une cellule de prison en passant par la soupe populaire.

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Une autre excellente séquence, peut-être la meilleure du film : la scène de basket féminin dans Harlem. On ne s’y attend pas vraiment et le film bascule tout à coup, un peu gratuitement, dans ce jusqu’auboutisme qui jusqu’à présent lui faisait défaut. Un vrai souffle de liberté ! Et comme les Etats-Unis sont aussi le pays de toutes les prétendues libertés, avec pour symbole la fameuse Statue de la Liberté, il fallait bien que celle-ci prenne aussi un peu de plomb dans l’aile. Sont-ce les Flodder qui sont trop libres, où l’Amérique qui ne l’est pas tant ? Finalement, alors que le président des Etats-Unis en personne est compromis dans un club de strip pour une histoire de sexe, cette famille déglinguée deviendrait presque attachante. Presque… Dick Maas aurait-il eu une prémonition de l’affaire Clinton où cherchait-il tout simplement à parler, en filigranes, de la Hollande ? Les strip-teases, la plastique de Tatjana Simic, une certaine idée du basket féminin… autant de détails qui rappellent une partie de la culture Hollandaise symbolisée notamment par le quartier Rouge d’Amsterdam.

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Un peu laborieux au départ, le film, en définitive, emporte l’adhésion grâce à une deuxième moitié plus déjantée. A la fin, le fils ainé demande à sa mère ce qu’elle a pensé de ce voyage. Cette dernière lui répond : « En vacances, on n’a pas trop le temps de se reposer » et puis de souligner qu’en plus « les américains sont un peu rudes. » Il semble clair qu’en mettant en évidence les divergences culturelles entre la Hollande et les Etats-Unis, Flodder in Amerika ! critique également une certaine idée du peuple néerlandais, un peuple dont la réputation est autrement plus rude que celle des Américains. A titre personnel, on peut vous confirmer qu’ils ont, en tous cas, un humour assez particulier. Humour que Dick Maas, à travers ce Flodder in Amerika ! vous propose finalement de découvrir un peu.

 

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