Menu

Cinétrip : La Coupe, bouddhisme, football et cinéma

Le voyage est toujours subjectif. Il en est qui se sentent obligés de rechercher les bouts du monde, d’autres qui voyagent en allant chercher une baguette de pain. Certains partent tous les ans dans un pays différent, d’autres retournent chaque année au même Club Med. Voyage, vacances, il y en a pour tous les goûts et la frontière est parfois mince. Aujourd’hui, nous vous proposons de partir en Asie pour assister à la naissance d’un cinéma.

Petite révision d’abord. Si le débat est encore ouvert, chauvinisme oblige nous retiendrons la date du 28 décembre 1895 avec la projection historique de nos bien nommés frères Lumière. Fin XIXème donc, le cinéma venait de naître. Il faudra attendre un peu plus d’un siècle pour qu’il fasse des petits au Bhoutan. Le premier film d’un réalisateur bhoutanais s’appelle La Coupe, il est sorti en 1999 et nous y consacrons notre cinétrip du jour.

phorpa5

S’il ne se déroule pas au Bhoutan mais en Inde (il faudra attendre le deuxième film de son réalisateur, Khyentse Norbu, pour découvrir véritablement le pays) le film fait néanmoins voyager. On y découvre d’abord, au détour de quelques plans, de charmants paysages de montagnes. Mais le voyage de La Coupe réside plutôt dans l’immersion qu’il propose au sein de la culture bouddhiste. Quasiment entièrement tourné à l’intérieur d’un monastère, on y voit se dérouler avec beaucoup de précision la vie quotidienne des moines. Les gestes rituels y sont fidèlement reproduits. A ce niveau, le film fait presque preuve de qualités documentaires. Il est l’un des premiers films réellement intéressants au niveau du bouddhisme pur avec Pourquoi Bodhi-Dharma est-il parti vers l’orient ?, de dix ans son ainé. Suivront Printemps, été, automne, hiver… et printemps de Kim Ki-duk et Milarépa – La voie du bonheur de Neten Chokling, lui aussi bhoutanais, pour ne citer que les meilleurs. A ce niveau, La Coupe fait donc quasiment office de précurseur. Néanmoins, on pouvait s’y attendre, le réalisateur étant lui-même un lama reconnu.

kinopoisk.ru

Là où le film détonne, c’est qu’il parle aussi de football. L’histoire, en effet, est celle de jeunes moines qui veulent assister au match de finale du mondial 98. Idée originale et pourtant inspirée d’une histoire vraie. J’ai beau ne pas être fan de foot, je dois avouer que ce sport est particulièrement fédérateur. Moi-même, au cours d’un voyage en Corée, j’ai pu rencontrer et discuter un peu avec un jeune moine. De quoi avons-nous parlé ? De Zinedine Zidane… voilà pour la petite histoire. Pour le reste, la dimension footballistique n’est pas la plus développée. En dehors des quelques extraits des vrais matchs en noir et blanc (les télés indiennes en noir et blanc se louent moins cher qu’en couleurs) on y voit tout de même les jeunes moines s’amuser avec une canette ou un ballon tandis que le religieux en chef semble n’avoir encore jamais entendu parler de cette discipline. Le traitement, jamais grossier, ne manque pas d’humour. Pour le reste, l’interprétation et la musique sont un vrai plus et nous permettent de nous immerger plus intensément.

bscap0123pl7

Il en est qui voyagent par delà les mers et les océans et il en est d’autres qui voyagent au gré d’un simple match de foot ou devant un bon film. Pour tous ceux-là, on recommande vivement La Coupe. Un film sage, dans sa forme et plus encore dans son fond. Une œuvre unique, drôle et touchante. Il est regrettable qu’il soit quasi introuvable en France aujourd’hui. Il existait un dvd aux éditions Montparnasse, aujourd’hui épuisé et qui se vend une petite fortune sur le net. J’ai pour ma part une édition thaïlandaise achetée sur place, bien moins coûteuse et plutôt agréable à condition de se contenter de sous-titres en anglais. Peut-être une réédition viendra. En attendant, il serait dommage de s’en priver ; la preuve, en complément de programme, on vous conseille même L’Autre finale, le documentaire de Johan Kramer où, pour la coupe du monde 2002 cette fois, le réalisateur Néerlandais ne pouvant suivre son équipe nationale non qualifiée, décide de filmer la finale des moins bonnes équipes du championnat : Montserrat et… le Bhoutan. Il n’est pas dit d’ailleurs qu’on ne vous reparle pas, d’ici quelques temps, de ce petit pays qui nous attire pas mal…

Les commentaires sont fermés.

Suivez nos aventures !

Si vous voulez tout savoir de nos voyages à deux autour du monde, suivez nous sur Facebook  !

%d blogueurs aiment cette page :