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Une bouffée d’air au Mont Saint-Michel

Notre premier voyage à deux ne nous a pas emmenés bien loin, mais nous a fait voir du pays quand même. A l’époque, nous vivions à Paris et pris dans notre routine métro-boulot-dodo, nous avions souvent besoin de vert pour nous aérer un peu. La Normandie s’est donc présentée à nous comme une évidence. Je n’y avais pas mis les pieds depuis mon enfance et l’image d’Epinal du Mont Saint-Michel m’avait toujours donné envie de découvrir la région. Matthieu, tout aussi enthousiaste que moi à l’idée de partir un petit weekend, s’est vite laissé convaincre.

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Pas encore des pro de l’organisation – bien que je doute que nous le soyons vraiment plus aujourd’hui – nous avons trouvé le B&B où nous dormirions, un soir à 1h du matin au retour du cinéma, après nous être tout simplement dit sur un coup de tête : « faudrait penser à réserver l’hôtel ! ». Matt, persuadé qu’à cette heure là dans l’hôtellerie on ne dort pas, prend son portable et appelle le numéro correspondant à un petit gîte écolo que nous avons trouvé en pianotant nos budgets et nos envies sur le net : le Gué de Beauvoir. Situé à seulement 4kms du Mont Saint-Michel, il propose des petites cabanes en bois très design, complètement faites main par le propriétaire et prête même des vélos gratuitement pour se balader. Il ne nous reste plus qu’à réserver les billets de train.

Puisque le voyage nous impose un arrêt à Rennes, on décide de rester une nuit dans cette grande ville étudiante de Bretagne et on réserve dans le premier hôtel pas cher que l’on trouve. Ca nous donnera aussi l’occasion d’y revoir un ami de Matt. Nous voilà donc partis pour trois jours de grand air. Tant bien que mal, puisque étant responsable des billets de train (grave erreur) je nous fait rater notre TGV après avoir vérifié au moins cinq fois l’horaire. On paie 3€ de plus chacun et partons avec une heure de retard. Matthieu apprendra rapidement que je suis la spécialiste des faux départs. Boulet, vous avez dit boulet ?

Il fait déjà nuit quand nous arrivons à Rennes et le peu que j’arrive à discerner de son architecture me fait d’abord penser au quartier historique de Montpellier. Les villes étudiantes se ressembleraient-elles toutes, à la faveur du clair de lune ? La célèbre rue de la soif ne fera qu’abonder dans mon sens à ce sujet. Monptellier – Rennes, un vendredi soir, même combat. Avec un léger avantage pour Rennes tout de même, qui exalte un taux d’alcoolémie légèrement plus élevé et qui se rapprocherait plutôt de celui d’une feria nîmoise. Je me demande d’ailleurs si une occasion particulière est célébrée mais le maître d’hôtel où nous avons réservé notre chambre nous assure que c’est « tous les vendredis comme ça ». On prend donc vite peur quand on constate qu’il n’est pas minuit et que la fenêtre de notre chambre donne sur cette fameuse rue, mais le Dieu du double-vitrage a pensé à nous. Le temps de goûter une fameuse galette-saucisse que notre hôte vend aux jeunes bourachos devant son établissement et nous voilà partis rejoindre l’ami de Matt qui nous attend dans un pub pas très loin. Première constatation, nous sommes les plus sobres parmi les clients (pour une fois). Les filles ont perdu toute inhibition et roulent des galoches aux premiers venus avant de descendre leur pinte d’un trait. L’Angleterre n’est décidément pas très loin. On s’amuse du spectacle et on repousse gentiment les avances, d’où qu’elles viennent. Je prends un sacré coup vieux et rentre épuisée pour eux. C’est que demain, une dizaine de kilomètres à vélo nous attend !

Le matin très tôt, nous prenons un bus qui fait la navette en moins d’une heure de Rennes au Mont Saint-Michel. Il nous dépose à quelques mètres du Gué de Beauvoir où  nous avons réservé notre cabane écolo. Le maître des lieux, un gentil hippie aux longs cheveux gris et à la voix très douce nous accueille et nous indique où sont les vélos. Nos affaires à peine posées que nous voila en selle vers le fameux Mont St Michel qui surplombe fièrement le paysage. On préfère le sentier du bord de mer à la route goudronnée pour prendre le grand air et rouler tranquille. Là au moins, on ne croise que quelques gros moutons.

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

Arrivés au pied du Mont Saint-Michel, nous accrochons nos vélos et grimpons vers l’église qui a donné son nom au lieu. En chemin on repère le fameux restaurant de la Mère Poulard où on nous a à nombreuses reprises conseillé de déjeuner et évidemment, plusieurs boutiques de souvenirs. Les villages provençaux de l’arrière pays niçois n’ont qu’à bien se tenir : niveau attrape-touristes, le Mont Saint-Michel a mis la barre bien haut ! On esquive les avances des commerçants qui n’ont pas peur de brandir leurs babioles et leurs cartes proposant à prix concurrentiels les mêmes choses, et rejoignons l’église Saint-Michel au sommet du mont. Si la vue est magnifique, l’église en elle-même ne présente que peu d’intérêt puisqu’elle a été entièrement vidée de ses reliques pour éviter les pillages des touristes mal-attentionnés. Un musée en ville propose de poursuivre la visite contre quelques euros de plus. On fait donc vite le tour puis on se laisse tenter par une crêpe et un bol de cidre à l’une des terrasses au sommet, plutôt que de redescendre à l’auberge de la Mère Poulard qui doit être blindée de monde à cette heure-ci.

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

Nous passons l’après midi à nous promener sur la plage pendant que la marée basse le permet encore, ou plutôt à glisser en ce qui concerne Matthieu, et dans tous les cas, à prendre le grand air. Vers six heures, on retourne finalement goûter à l’une des omelettes de la Mère Poulard, désertée par les touristes. Nous avons même le restaurant pour nous, puisqu’il propose un service non stop, et l’occasion de découvrir en photos tous les plus grands personnages qui y sont passé. L’omelette ici doit donc avoir quelque chose d’exceptionnel. Oui : le prix ! 25€ pour des œufs brouillés hyper baveux et fades. La préparation était pourtant pleine de promesses : habillés comme à la création du restaurant, les cuisiniers fouettent et cuisent au feu de bois les œufs d’une main de maître. Matt avait demandé une omelette au saumon et moi aux lardons. On nous apporte l’omelette seule, avec un petit ramequin à peine rempli des agréments commandés, pour saupoudrer le plat à notre convenance. Quelle déception !

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

On repart explorer à vélo les alentours du Gué du Beauvoir – me payant au passage une gamelle mémorable – avant de rentrer profiter de la terrasse de notre cabane en bois autour d’une bonne bière.  La nuit est tout aussi réparatrice et après une bonne grasse matinée et un petit-déjeuner de champion avalé sous la véranda de la maison du maître des lieux, nous voilà repartis vers Rennes. On s’y baladera toute la journée d’églises en parcs où la fraîcheur du printemps a débarqué, avant de s’offrir une dernière crêpe et de rentrer au bercail.

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Mont Saint-Michel ©voyagesadeux

Ce court weekend à seulement quelques kilomètres de Paris aura été une vraie belle parenthèse pour respirer sans nous ruiner. De quoi recharger les batteries avant de retourner affronter la jungle urbaine de cette ville de fous.

4 réponses to “Une bouffée d’air au Mont Saint-Michel

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