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Portrait : Pascal, prof’ outre-mer, de SxM à Mayotte

Pour notre deuxième portrait de voyageur,  nous donnons la parole à mon cher petit père. Professeur d’histoire-géo, il nous raconte la vie d’un enseignant en outre mer, d’île en île, de mutation en mutation.

Peux-tu te présenter ?

On m’appelle Pascal Graff depuis bientôt cinquante ans. Prof d’histoire depuis l’autre siècle – 1987, année de naissance de qui tu sais – j’ai eu le bonheur de traverser la vie comme une succession d’expériences, et ce questionnaire est la première occasion d’en faire le bilan. Un bilan provisoire s’entend : la vie continue.

Tu as décidé il y a douze ans de quitter la métropole pour Saint Martin. Pourquoi  ?

En 2001, j’ai fait ma première demande de mutation, pour la Guadeloupe, après 12 ans de stabilité dans le même lycée, ce qui constitue évidemment mon record. Alors, pourquoi partir ? A l’époque, j’étais casé, dans tous les sens du terme : marié, père de famille, propriétaire d’une maison depuis sept ans, et bien dans mon travail. Si je puis dire, j’étais bien parti pour rester. Mais tout ceci n’était qu’une façade, qui masquait difficilement une grande frustration sociale et intellectuelle. Avec le temps, j’avais senti venir une paupérisation croissante, sans tomber dans la misère – d’autant que je sais bien maintenant ce qu’est la vraie pauvreté. Mais tout de même, il faut dire les choses comme elles sont, un salaire de prof pour faire vivre cinq personnes, ce n’est pas du luxe. Par exemple, les trois dernières années, nous n’avions pu nous payer comme vacances que deux semaines, l’été, en Ardèche, en Lozère puis dans l’Aveyron. Le littoral méditerranéen, entre autres, était devenu inaccessible pour nous. Entendons-nous bien :  je ne suis pas parti comme chasseur de primes, même si elles sont attractives. Ce n’est pas la possession d’argent qui m’intéressait mais, par le fait de partir, d’acheter du rêve. Il n’y a en effet rien de plus frustrant pour un prof d’histoire-géo que de « connaître » le monde, être payé pour l’enseigner à ses élèves, sans l’avoir jamais vu par lui-même, donc ne rien connaître à la vérité ! Nous voilà donc partis, à cinq, après avoir tout vendu, maison, meubles et voiture. Dans le grenier que je vide, je retrouve une pile de brochures touristiques sur les Antilles. Quelques années auparavant, nous avions projeté d’y aller en vacances mais le voyage était trop cher. La mutation, qui nous fait tout plaquer, est le moyen de réaliser ce rêve.
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(Photos Saint Martin ©Pascal Graff)

Après quatre ans là-bas, ça a été l’Andorre puis maintenant Mayotte. Ces deux dernières mutations étaient-elles toujours motivées pour les mêmes raisons ?

Il faut reconnaître que dans l’exercice de la mutation au sein de l’Education nationale, il y a une part de hasard laissée à la volonté de l’administration. Nous proposons notre mobilité, elle dispose les postes. En 2001, j’avais demandé la  Guadeloupe, je me suis retrouvé à Saint-Martin, une île anglophone à 250 km plus au nord. En 2005, je souhaite rentrer en métropole dans les Pyrénées Orientales, je me retrouve à Andorre. La géographie administrative est aléatoire. Pour Mayotte, l’envie d’Afrique remonte à loin. Mélange de fascination-découverte et d’envie de « donner un coup de main ». Premier dossier demandé à l’AEFE (agence pour l’enseignement français à l’étranger) en 1990 : dossier jamais rempli. L’Afrique avec les enfants, ce n’est pas prudent… Et puis, je le concède volontiers, dernièrement  la prime était devenue indispensable pour payer de front une nouvelle maison et les études de la dernière fille. Donc nouveau départ, pour Mayotte, en 2011. En conclusion, les raisons de bouger peuvent  varier selon le moment, le tout est d’être disponible, prêt à le faire. C’est une chance qu’offre la France, pays multiple et dispersé dans le monde, détenteur jusque dans les autres pays d’une multitude d’établissements scolaires, alors pourquoi passer à côté ?

 Y’a-t-il une différence significative au niveau de l’enseignement en métropole et dans ces autres régions ?

Enseigner à des élèves non-francophones change tout. Mes élèves à Saint-Martin parlaient l’anglais, le créole haïtien et l’espagnol, et il y avait seulement 7% de francophones au collège de Quartier d’Orléans. A Andorre, le français langue scolaire est moins parlé que le catalan, l’espagnol et le portugais. A Mayotte, mes élèves parlent le shimaoré, langue dérivée du swahéli, et les mzungu minoritaires parlent français. Cela induit une maîtrise de la langue très imparfaite. Aucun mot n’est simple puisqu’à priori il est étranger. Ni le sens ni l’orthographe ne vont de soi, ce qui donne des performance à l’écrit très faibles. De plus la culture de l’école (et de l’apprentissage des leçons) est très peu développée, en particulier à Mayotte où l’école n’a pas trente ans, contrairement à Andorre où la culture européenne commune est marquée par l’école. Les conditions d’extrême pauvreté et d’insécurité de certains élèves qui vivent dans les bidonvilles, ne les mettent pas non plus dans une situation idéale pour étudier. L´école n’a pas de sens pour eux, en tout cas pas celui d’une réussite possible. Ils ne peuvent pas profiter de notre enseignement, d’où, souvent notre sentiment d’inutilité…
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(extraits de presse saint-martinoise)

A relire ces lignes, j’ai l’impression d’être très négatif. En fait, pour un prof qui va outre-mer, il ne faut pas chercher de satisfaction au niveau des résultats scolaires, mais au niveau de l’expérience humaine. Comprendre que tout ce qu’on croyait avec fermeté en métropole n’est pas si universel que ça. Tout doit être relativisé et remis en question. On peut très bien vivre et penser autrement, et même avoir d’autres priorités que l’école. Pour le prof, accepter de faire d’autres choses, un programme adapté comme ça existe aux Antilles, ou pourquoi pas de l’alphabétisation, même si c’est une goutte d’eau dans un océan . Surtout, ne pas faire le geste de partir, quitter la métropole, en espérant la retrouver ailleurs. Et puis, comme disait une collègue de Saint Martin, « quitte à être en ZEP, autant l’être au soleil ! » Avec en prime le risque de trouver des élèves attachants…

Peux-tu nous parler de la vie mahoraise que l’on connaît peu en Métropole ?

La vie mahoraise, ou le peu qu’on puisse en voir quand on est un mzungu, un Blanc… un étranger quoi ! Avant même de venir, on est prévenu : il ne faut pas s’attendre à trouver les normes européennes de confort, de développement et d’hygiène. Ce n’est pas même comparable avec ce qu’on a pu connaître aux Antilles. Les routes sont défoncées, les ordures partout et le spectacle de la pauvreté à chaque coin de rue. Il faut donc résister à tout cela, sans avoir la prétention d’y pouvoir changer quoique ce soit. Il faut accepter, ce qui peut signifier aussi bien donner un morceau de pain à un enfant seul dans la rue, ou au contraire jouer l’indifférent en passant à côté d’un bidonville. Rien ne fonctionne comme en métropole, tout est plus lent, incertain, moins efficace et pourtant, toutes les prestations et tous les achats, du billet d’avion à l’électroménager en passant par la nourriture, sont plus chères. Ce qui a d’ailleurs valu à Mayotte un violent mouvement de contestation l’année dernière, avec 44 jours de grève. D’autres sujets alimentent l’actualité à Mayotte, comme l’immigration clandestine en provenance de l’île voisine d’Anjouan (Comores). Cela donne éventuellement matière à parler avec quelques personnes à la vie plutôt tourmentée, débrouillards, risque-tout, recherchés, menacés d’expulsion, et le plus souvent exploités comme main d’oeuvre corvéable. Ah ! J’ai failli oublier ! Les habitants sont musulmans à 95 %, ce qui a inévitablement des conséquences sur la vie de tout un chacun, ne serait-ce que par le réveil au chant du muezzin. Toute la société est immergée dans ce bain culturel avec parfois des ajustements à faire pour la mise en conformité avec le droit commun. Par exemple, les cadis sont dépossédés de leur pouvoir de juge, mais gardent une part du prestige moral.  Mais tout ceci finalement touche assez peu les Blancs-Mzungu qui vivent à côté et qui peuvent, dans une certaine mesure, avoir une petite vie « à l’européenne », en choisissant leur résidence dans un quartier plus select (un d’entre eux a même été surnommé Mzunguland, avec commerces et grandes surfaces comme en métropole). Certes, cette vie sera amputée sur le plan culturel : Mayotte est le seul département français privé de cinéma (l’unique est fermé depuis deux ans). Ne parlons pas de scène de théâtre ou de concerts capables d’accueillir une vedette nationale.  Reste la vie au plus près de la nature, la plongée dans le lagon magnifique, les randonnées dans la forêt, et la vie sociale déplacée sur les plages le temps d’un voulé (pique-nique ou barbecue entre amis)…

A condition de ne pas trop en attendre, de ne pas être trop exigeant  Mayotte peut donc être provisoirement une expérience de vie agréable, et tout au moins ce morceau d’Afrique devenu DOM constitue-t-il un dépaysement assuré.

« Les plus grands changements se feront par les femmes »

Penses-tu que Mayotte peut se développer ? La métropole pourrait-elle l’aider d’avantage ?

Heureusement que Mayotte peut se développer, c’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter ! Ce tout jeune département (2011) a longtemps été négligé par la métropole qui ne savait pas vraiment quoi en faire. A présent, il est évident qu’il faut un gros effort de rattrapage. La métropole fait ce qu’elle peut je pense, à travers plusieurs gros chantiers dans les domaines les plus variés : justice, agrandissement de l’aéroport, réseau des PMI… En 2014, l’Europe va ajouter ses aides, ce qui devrait permettre d’améliorer les voies de communication par exemple. La volonté politique et les moyens sont  bien réels, mais il existe certaines pesanteurs propres à un pays sous-développé, ou plutôt en développement, comme on doit dire en géographie. Quelques exemples :
     1)  La fécondité de type africain, avec 5 enfants en moyenne par femme, oblige la France à construire un collège tous les deux ans. Le poids de la jeunesse est énorme (85.000 élèves sur 212.000 habitants officiels), c’est le premier défi à relever, avec toutes les inquiétudes permises : délinquance, insécurité et chômage en hausse. L’éducation doit être la priorité à Mayotte.
    2) Les affaires locales sont entre les mains d’élus peu efficaces. Le budget du Conseil Général est étrangement réparti entre 70% pour les frais de fonctionnement et 30% pour le département. C’est au minimum une anomalie, qu’il faudra bien faire disparaître un jour. Sans oublier les douze collectivités placées en redressement…
    3) Il ne sera pas aisé de faire bouger les choses, vu le peu de bonne volonté des élus et des citoyens mahorais quand il s’agit de changer les usages. Question de temps dit-on, à moins que ce ne soit l’échec de la République programmé par certains. Le passage de la tradition à la modernité ne peut pas se faire rapidement. Par exemple la loi a aboli la polygamie, mais ne l’a pas fait disparaître dans les faits. Les plus grands changements se feront par les femmes, au fur et à mesure que leur niveau d’éducation s’élèvera, mais ça prendra du temps.
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(photos de Mayotte ©Pascal Graff)

As-tu toujours su trouver ta place ?

D’abord je n’ai pas besoin de beaucoup de place, je me contente de peu. Mais surtout, quand je viens dans un nouvel endroit, je ne suis pas un aventurier ou l’entrepreneur qui veut créer sa société. J’ai déjà un emploi, et même plus, une fonction et un statut en tant que professeur et représentant de l’Etat. Ma place est déjà faite quand j’arrive, je ne fais que succéder, pour quelques temps, à un autre prof. Après, il me reste à m’adapter, ce que j’ai toujours réussi à faire, surtout parce que mon métier est important pour moi et que j’ai toujours eu des relations assez bonnes avec mes élèves, quels qu’ils soient. Maintenant, que le pays ne m’enchante pas au point d’y passer le restant de ma vie, ce n’est pas grave. Si les valeurs ou le fonctionnement du pays, son niveau de confort, son côté agréable, sa capacité à me retenir en fait, ne sont pas suffisants, je change d’endroit et c’est tout. Me faire une place n’a donc jamais été ma priorité.Peut-être aussi parce que je suis toujours à la recherche d’autre chose, je ne m’installe que dans le provisoire.

Tu rentres en métropole dans deux mois, es-tu content ?

Oui, je suis content de rentrer ! D’abord parce que le travail à Mayotte n’est pas très gratifiant ( sentiment d’inutilité déjà cité), et surtout, ce qui est plus personnel mais aussi plus décisif, cette vie sans personne à aimer ici est comme un désert. Mon bonheur est ailleurs.

Penses-tu que certaines choses vont te manquer ?

Non, les plaisirs d’ici, donc absents en métropole, ne me manqueront pas parce qu’ils ne sont pas vraiment vitaux : la baignade dans le lagon est ce qu’il y a de mieux, mais on ne vit pas non plus dans le lagon. Et même le soleil, qui me semble si nécessaire en métropole, ici devient à la longue usant et source de fatigue  plus que plaisir.

Qu’auras-tu appris de tes voyages ?

J’ai découvert qu’on pouvait très bien vivre et penser autrement qu’en France, même si je ne suis pas forcément d’accord avec tous les modèles alternatifs : le bad boy saint-martinois ou le musulman qui voit Allah partout ne me conviennent guère. C’est surtout la pratique d’une certaine géographie hors les livres qui m’a apporté des connaissance et une expérience inespérées : la Guadeloupe, Montréal, les Pyrénées ou Mayotte me seraient restées étrangères, si je n’avais un jour décidé de quitter les Ardennes. Avec le recul, je pense que je n’ai aucun regret à avoir. J’ai fait précisément ce qu’il fallait pour voyager et je conseillerais  à n’importe quel jeune prof de faire cette expérience, jeune ou pas d’ailleurs, il n’y a pas d’âge pour apprendre !

A l’aube de ton retour, quel regard portes-tu sur la métropole ?

La France métropolitaine, je ne l’ai jamais complètement perdue de vue, parce que j’y revenais régulièrement en vacances. La radio et Internet me donnent de ses nouvelles, que je trouve assez négatives. Cela contraste avec la douceur que je retrouve à chaque retour. Pour moi, c’est un monde de possibilités (transports, culture, choix ) qui tranche avec Mayotte, mais aussi avec le message de crise rabâché sur les ondes. La France traverse surtout une crise de confiance qui me semble disproportionnée, excessive. Aux dernières nouvelles, il n’y a toujours pas de bidonville au cœur de Montpellier. A Mamoudzou, si.

Penses-tu repartir un jour t’installer ailleurs ?

Repartir… D’abord quelques années sans bouger. Mais je ne garantis rien pour la suite. L’outre-mer garde son petit côté exotico-excitant, comme une invitation à la découverte, au dépaysement. Il ferait alors partie d’un autre projet de vie, sentimental, certainement pas seul..

13 réponses to “Portrait : Pascal, prof’ outre-mer, de SxM à Mayotte

  • bonjour,
    j’ai une proposition d’affectation en Andorre Mon conjoint prof également n’a pas de poste et nous avons 3 enfants. Financièrement est ce possible ? comment est la vie à moyen terme ?

    • Bonjour ! Je vous conseille de regarder les prix des loyers à la frontière et de faire les allers-retours vers Andorra. C’est en tout cas ce que faisait mon père. Les petits villages comme Caldegas ou Bourg Madame ne sont vraiment pas chers pour vivre. Pour le reste, tout est détaxé en Andorre, ou presque. C’est pratique pour faire ses courses. De plus, vous serez mieux payé je crois pour un poste en dehors de la Métropole. Donc oui je pense que c’est possible. 🙂

  • Bonjour, je suis professeur des écoles et je pars enseigner à Saint-Martin à la rentrée 2015. J’aime beaucoup votre façon de voir les choses (capacité à s’adapter à un environnement différent du modèle de la Métropole) et j’aimerais avoir votre sentiment sur l’île de saint-martin. Serait-il possible d’échanger par mail? Merci

    • Je ne pense pas que mon père lise votre commentaire donc je lui transmets et reviens vers vous en privé avec ses coordonnées.

  • Bonjour,

    J’ai pris du plaisir à lire votre article, toutefois, j’aimerais m’entretenir avec vous par email, car je suis enseignante dans le 2nd degré pour la discipline du Français et je pars enseigner si Dieu le veut dès la rentrée prochaine à Saint-Martin. J’ai tellement de questions auxquelles je reste sans réponses malgré toutes mes recherches.

    Bien à vous

    • J’ai transmis votre mail à mon père qui vous répondra directement afin que vous puissiez l’interroger sur ce que vous voulez. Bonne aventure à Saint Martin !

  • Bonjour Pascal! Bien loin le temps du Collège III à SXM … J’ai pris grand plaisir à lire ton article et te souhaite de pouvoir repartir quand tu en sentiras le besoin. Il est toujours bon de revenir aux sources mais le désir de voyages, de découverte et d’apprentissage est toujours là au final… Après 10 ans dans le Golfe de Saint-Tropez, j’ai décidé que cette rentrée 2015 serait la dernière sur la côte. J’hésite… Mayotte, Nouvelle Calédonie… la réflexion s’impose.
    Je te souhaite de beaux voyages à venir.
    Nora (prof d’espagnol)

  • Il y’a beaucoup de chasseurs de primes ici

  • Bonjour Marie, j en suis au même constat que votre père, partir pour, d une part ouvrir nos horizons et puis aussi pour espérer pouvoir financer les études de mes filles. Justement j aimerai savoir comment vous, en tant qu enfants vous avez vécu les mutations de votre père ? J aurai aussi souhaiter pouvoir le contacter pour avoir plus d informations.
    Merci pour ce bel article !

    • Nous étions déjà toutes les 3 grandes quand mon père est parti à Mayotte, nous l’avons donc bien vécu. Nous nous sommes peu vu durant ces 2 ans, mais toujours aux grandes occasions. C’est un réel enrichissement personnel et si vos enfants sont petits et encore avec vous lors de votre mutation, ils en tireront les meilleurs souvenirs de leur vie. Je lui transmets votre demande de contact. Belle journée !

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