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Portrait : Tom et sa communauté en Equateur

Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle rubrique pour faire parler les voyageurs. Ceux qui ont tout plaqué pour l’aventure, les rêveurs aux envies d’ailleurs, les expatriés par choix ou obligation. A commencer par Tom, aka Mofwoofoo, un Américain plus Équatorien et citoyen du monde que patriote de son pays natal, qui a inauguré sa communauté récemment, au milieu de la jungle équatorienne. Nous l’avions rencontré lors de notre voyage à Vilcabamba, il revient pour nous sur la construction de son monde à lui.

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Peux-tu te présenter ?

Tout ce que je sais c’est que je ne suis pas ci ou ça. Si je pense que je suis quelque chose, c’est que je dois sûrement être le contraire. Donc il serait probablement plus prudent de ne rien dire pour éviter toute confusion. Quand j’étais plus jeune, je pensais qu’il serait marrant d’avoir inscrit sur ma pierre tombale « aller vite, aller nul-part ». Aujourd’hui, je pense qu’il serait mieux d’inscrire « aller doucement, aller quelque part ». Je pourrais aussi dire que mon nom d’origine est Osherwitz, mais mon père l’a raccourci quand j’avais trois ans. Tom Osher, qui signifie « bonheur innocent » en hébreu (je l’ai découvert il y a environ sept ans) c’est moi. Je ne sais pas si vous connaissez le personnage des Carnets du sous-sol de Dostoïevski  mais d’une certaine manière, je me vois comme son incarnation. Le premier homme du sous-sol, qui vivait dans un trou à rat, étouffé par son isolement mais qui va avoir le courage d’affronter le monde. Ce petit homme qui ne rentre dans aucune case. Il est complètement abjecte au début, mais une fois qu’il quitte cet état plein d’orgueil, il peut marcher vers le monde avec une incroyable confiance en lui qui ne va que s’accroître avec sa connaissance de l’amour et de la liberté, sans ancrage fixe, ou vie linéaire.

Comment as-tu atterri en Equateur ?

Je cherchais un endroit n’importe où dans le monde où je pourrais rejoindre une communauté et j’ai appris qu’il y en avait une qui était en train de se créer à Vilcabamba, un endroit dont je commençais de plus en plus à entendre parler à travers des milliers de mails. Mais en fin de comptes, au bout d’une semaine, je savais que cette communauté n’était pas ce que je recherchais. En revanche, j’étais tombé amoureux de Vilcabamba, de son super climat, sa beauté, sa convivialité. Donc je suis resté.

Quel est ton regard sur l’Equateur comparé aux Etats-Unis dont tu es originaire ?

Je suis un anti-américain depuis les années 60. L’Equateur semblait être un chouette endroit pour s’installer.

As-tu voyagé ou vécu à l’étranger ?

Oui, j’ai voyagé en Europe, en Australie, en Nouvelle Zélande, au Brésil, au Costa Rica et en Inde. J’ai aussi vécu cinq ans dans une communauté internationale à la frontière de la Hollande et de l’Allemagne puis sept mois en Espagne avant d’arriver en Equateur en mars 2010.

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Est-ce que tu peux nous présenter ta communauté ?

Cette communauté s’appelle Shambhalabamba. Elle est un «idéal» de communauté. Il y trois 3 priorités : l’unité, l’harmonie et l’intégrité. C’est un écovillage de clowns et d’artistes latino, qui compte aussi quelques étrangers. L’espagnol est la langue principale. On ne fait aucun commerce et la communauté est gratuite pour les personnes qui y vivent. Il est important que les gens réalisent que c’est une occasion rare de créer la meilleure façon de vivre ensemble et qu’il ne dépend que d’eux que cela fonctionne. Nous avons aussi peu de structures que possible, mais il est important d’organiser les choses, surtout les jardins. Tous les besoins sont honorés ici, ce qui inclut l’intimité et l’autonomie. La règle principale est que vous ne devez faire que ce que vous avez envie. Tant que la communauté est incroyable, les gens vont vouloir y rester. Si elle ne l’est pas, ils voudront la quitter. Ceci dit, aucun engagement n’est nécessaire. Tant que nous avons de la place – au moins pour 25 personnes – c’est le principal.

Pourquoi as-tu choisi de vivre en communauté, comment en as-tu eu l’idée ?

J’ai été militant à San Francisco pendant de nombreuses années au sein d’une communauté d’activistes,  mais elle n’avait rien de très approfondi. C’est à ce moment que j’ai remarqué un profond désir de vivre dans une communauté qui ne semblait pas exister ailleurs, du moins aux endroits que je connaissais. J’imaginais que ça pourrait avoir des avantages que les personnes travaillent ensemble pour réaliser leurs rêves.

Peux-tu nous parler de sa construction ? 

Il a fallu 18 mois pour trouver cette propriété qui est grande, mais à laquelle il manque un accès à la route. Donc il fallu tout faire porter à dos d’âne ou à l’épaule pour descendre le nécessaire pour la construction. Elle est à 15 minutes à pied de la route et 4 km du village. Elle a toutes les qualités que je recherchais : un terrain plat, de l’eau naturelle, des arbres fruitiers, du charme, de la tranquillité et une bonne terre, loin de la route et avec des chiens. Cependant, je voulais au moins huit hectares et je n’en ai que trois, mais elle était si grande que j’ai décidé de l’acheter quand même et je suis heureux de l’avoir fait. Ensuite, pour construire l’infrastructure, un bac de rangement pour les outils et le matériel existaient déjà, mais il a fallu un nouveau toit et un plancher en béton.

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Nous avons d’abord construit un bâtiment rond de douze mètres de diamètre, sans murs, avec une grande cuisine, un plafond en bambou, un espace communautaire maintenant rempli de beaucoup de trucs pour le cirque et une machine à coudre.

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Ensuite, une chambre rattachée à une serre, avec des murs en bouteilles de verre et des murs de bambou. Un ami électricien a supervisé la mise en œuvre du raccordement à la ville et d’autres amis ont aidé à l’installation.

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Des toilette sèches et une douche avec un grand récipient pour récupérer l’eau, puis un autre espace de stockage avec une machine à laver et un toit allongé pour le stockage du bois de chauffage, ont ensuite été construits.

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Puis ca a été le poulailler, avec un grand espace pour permettre aux quarante poulets de se déplacer, puis des passerelles qui relient l’espace de vie commune – baptisé Malukka – au dortoir, au poulailler et à la « salle de bains », le tout entouré de zones végétales pour en profiter au mieux.

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D’ailleurs on a planté beaucoup de roses et d’autres fleurs. Plus de 200 arbres fruitiers, 200 bananiers, 200 bambous qui ont  besoin d’entretien. On a aussi construit un étang de baignade avec de 30 mètres de diamètre. Les grenouilles et deux canards ont immédiatement emménagé. Juste à côté a été creusé un vivier pour les tilapias (500 bébés au départ !).

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Plus tard, nous avons réalisé un grand stade à côté de l’étang, pour les spectacles, les ateliers, la musique et les fêtes, au milieu d’un magnifique champ de maïs sec. En plus du maïs, nous avons planté du manioc, de la patate douce de la canne à sucre et des haricots aussi.

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Un ami nous a fait 2 tipis, qui sont actuellement habités par des gens qui vivent ici et quatre autres sont en route. Nous allons changer la chambre à coucher en espace de cours et n’utiliser que les tipis pour les visiteurs . Ceux qui resteront devront construire leurs habitations, à partir de matériaux trouvés pour les protéger de la pluie et des éléments.

Que propose la communauté ?

Nous avons de nombreux projets en cours. Notamment  une école de cirque gratuite pour les enfants de Vilcabamba, une école alternative de trois jours par semaine, sans enseignants, avec seulement des fournitures et des guides. Un groupe de la communauté est très habile dans tout ce qui est art du cirque, de la musique et de la danse. Donc il y a de nombreuses possibilités.

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Est-elle ouverte à tout le monde ?

Non, c’est une communauté latino avec quelques exceptions et tout le monde doit avoir le coeur et l’esprit ouvert, et surtout très peu d’égo.

Avais-tu des modèles de gens ou de choses qui t’ont inspiré avant de construire ta communauté ?

Pas vraiment, je n’ai jamais eu de modèles… à part Toshiro Mifune, la star des films de Kuroasawa !

Maintenant que ta communauté est bien en place, te vois-tu un jour quitter Vilcabamba et pour quelle raison ?

NON !

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