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Une semaine à Bugarach : la fin du monde n’aura pas lieu

Le 17 déjà quelques équipes errent dans le village. Sur le container à verres on peut lire en jaune sur le fond vert « Y sont là ». Le fond vert annonce la fiction. Celle des petits hommes de la même couleur. On les cherche partout, on ne les trouve nulle part ; sinon sur toutes les langues. De la Russie, du Japon, du monde entier ils sont venus, ils sont là, espérant capturer la dernière image du monde. A Camps, de l’autre côté du pic, la vie est douce. Le soir recouvre lentement le paysage. On ouvre la bouteille de Jameson.

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Le 18 nous montons le pic par le Linas. Le sentier est boueux sur les premiers mètres au point que nous hésitons à nous arrêter là. Comme c’est le dernier jour pour tenter l’ascension, nous persévérons. Glissant par la suite, le sentier devient tout de même plus praticable. De l’heure et demie prévue, nous passons au double, avançant prudemment avec le matériel et nous arrêtant assez souvent pour enregistrer des plans de coupe. En haut, la vue est merveilleuse, semblant justifier à elle seule le poids des légendes qui circulent encore. Peu de journalistes ont eu le courage de s’aventurer au somment. Ici, le vent souffle fort, il nous faudra redescendre.

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Le 19 serait presque un signe de l’apocalypse. Les habitants semblent parqués chez eux, les journalistes, avec des airs de morts-vivants les attendent à chaque coin de rue, derrière chaque porte. Il faut bien nourrir le petit écran. Les gendarmes cernent la zone. Si vraiment il allait falloir mourir, il y aurait eu de quoi s’inquiéter. Environ deux cents villageois sur les nerfs, des journalistes majoritaires en nombre, deux trois illuminés sur qui se jeter et quelques dizaines de gendarmes pour compléter l’équation. C’est avec ça qu’il aurait fallu reconstruire.

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Le 20 nous nous évadons du côté de Quillan. A la sortie de la ville, on s’arrête un temps à l’église Saint Jacques, sur le chemin de Compostelle. La région est magnifique. Chaque village a sa propre identité. Bugarach n’est pas le plus beau ; allez savoir pourquoi on ne parle que de lui.

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Le 21, il faut bien rester à Bugarach, juste pour voir. Pour voir quoi ? Un défilé contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des musiciens anonymes venus faire leur promo, l’agitation avortée du plus grand flop médiatique de l’année. Le soir, des lampions sont lancés mais le vent empêche la magie de décoller vraiment. C’est l’échec jusqu’au bout. Un poil avant minuit un journaliste a bien du mal à conclure son direct. C’est l’histoire d’une montagne qui accoucha d’une souris. Nous fûmes la montagne, oubliant presque qu’une autre, à deux pas, une vraie cette fois, avait encore de beaux mystères à nous offrir.

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Le 22, il faut rentrer après un détour renversant par les impressionnantes gorges de Galamus. Le parking presse est désert. Les habitants retrouvent peu à peu le sourire. Nous n’avons pas envie de les embêter plus. Seule la voiture de location a l’air d’avoir affronté la fin du monde. La bouteille de Jameson est vide. C’est le générique de fin. La réalité peut reprendre ses droits.

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