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Randonnée dans la cordillère noire de Huaraz

A quasi sept heures du matin, Huaraz était encore à moitié endormie. Nous aussi. On a pris le petit déj dans une des adresses les plus matinales. Tartines pour Marie et truite pour moi. On a contacté notre hôte, qui partait le jour même pour un trek en montagne. En passant par son ami Wilder, guide lui aussi, on arrive finalement à trouver sa maison, un peu éloignée du centre, où Martin, un Autrichien (ancien guide lui aussi) andiniste qui s’éclate depuis trois mois dans la région, nous accueille. On fait un petit dodo histoire de finir la nuit et on repasse à l’agence de Wilder voir ce que l’on peut faire dans le coin. Entre la cordillère blanche et la cordillère noire, on optera pour la seconde, nettement moins touristique. Tant pis pour les merveilles enneigées… ça nous donnera une occasion de revenir dans cette incroyable région.

L’après-midi de Marie se passe sur Internet tandis que je photographie la ville à son service. Le lendemain, Cornelio (un des frères de Wilder) nous emmène dans la maison paternelle, au coeur de la cordillère noire. La balade commence à pied, ce qui enchante Marie, jusqu’à la fameuse bâtisse. De là on opte tout logiquement pour le cheval. Le sommet n’a pas l’air si loin, mais à quatre mille mètres d’altitude… Le cheval lui-même ne semble pas très enclin à la promenade. Au moment de le sceller, il cabre. Marie est super contente : c’est sa première journée de cheval. Ma monture est pire encore. Du coup on opte pour un cheval pour deux, qu’on se partagera. Je monte le premier pour rassurer Marie. Elle ne le sait pas (je maîtrise l’art de la modélisation faciale) mais je ne suis guère rassuré non plus. A ma décharge, c’est seulement mon deuxième jour de cheval.

Le temps d’être certain que la bête est docile et je donne les brides à Marie. A part une traversée de rivière, tout se passe bien jusqu’au sommet. Un peu moins pour moi, dont le corps depuis Lima, s’est déshabitué à l’altitude. Sur la fin, je sens mon coeur dans mes tympans. Comme je maîtrise l’art de la résignation et de la persévérance, je grimpe tout de même jusqu’au sommet où, glacés par les vents et époustouflés par la vue, nous prenons notre déjeuner.

Shampoing, le chien qu’on a ainsi baptisé parce qu’il en mériterait bien un, nous accompagne sans sembler souffrir ni du froid ni de l’altitude. A son attitude de mendiant on peut par contre penser qu’il souffre de la faim. Maîtrisant l’art de la compassion envers tous les êtres je lui donne la croûte de mon sandwich (celle qui peut t’étouffer si tu ne salives pas suffisamment pendant l’acte masticatoire). Là, deux Péruviens interrompent notre contemplation et nous obligent à redescendre parce que nous n’avions pas l’autorisation de monter. Après de longues palabres et deux photos effacées, on finit par regagner la maison, moi à cheval et Marie à pied. Une courte sieste, une soupe de trigo (blé), un plat plus consistant et au dodo. Il est déjà… sept heures du soir !

Entre mon rhume et la migraine de Marie, la nuit est assez agitée. Heureusement, la deuxième journée est assez relax. Un peu de récoltes de patates, un petit tour de la propriété et nous assistons à la préparation, par un autre frère de Wilder, de la Pachamanca  un plat traditionnel aussi goûtu que surprenant. Après le déjeuner, il est déjà l’heure de redescendre en ville.

L’expérience aura été aussi chouette que courte et la région nous réserve tant de bonnes choses qu’on espère pouvoir y refaire un tour lors d’un prochain voyage. D’autant que dans l’histoire, on n’a même pas pu rencontrer Ivan (vous vous rappelez, notre hôte ?) toujours en trek tandis qu’on prenait le bus pour Trujillo. Huaraz, définitivement, on reviendra.

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