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Western à Chañaral et San Pedro de Atacama

Exit donc les vallées gorgées de pisco, nous voila plongés quasi instantanément en plein désert. L’arrivée de nuit à Chañaral n’est pas des plus chaleureuses. Le lendemain on se rendra compte que le parc pour lequel on est venu, bravant la triste réputation de la ville, est difficile d’accés. Échec : notre budget ne nous permettra malheureusement pas de nous y rendre. Une vaine tentative de stop dans un des quartiers périphériques du type qui plaît beaucoup à Marie (“C’est pas la deuxième fois que cette voiture nous passe devant?”). Plutôt que d’attendre la troisième on retourne donc au centre ville, un peu déçus, pour visiter Chañaral la mal-aimée.

Derrière sa mauvaise réputation (est-elle vraiment fondée ?), Chañaral cache en fait quelques endroits charmants et se transforme assez rapidement en une halte des plus sympathiques. La rue Templo dans le centre d’abord et qui mène jusqu’au phare du millénaire dont on doute un peu qu’il survivra au prochain. De là, la vue sur cette ville de poussière est imprenable et quand le train à vapeur nous passe sous le nez, on a vraiment l’impression de plonger dans cette bonne vieille mythologie de l’Ouest.

Le bord de mer ensuite, avec ses plages lumineuses et vénéneuses, teintées à l’arsenic. De la muelle jusqu’à la caleta la balade est pourtant agréable et le déjeuner est aussi copieux que délicieux. Pour le reste, il est vrai qu’une journée est amplement suffisante pour visiter la ville. Aprés avoir changé nos billets de bus, nous voilà donc partis avec un jour d’avance pour San Pedro de Atacama.

Autant vous le dire tout de suite, l’arrivée s’apparente assez rapidement à ce qu’on pourrait appeler une déception. Six petites rues suffisent à quadriller le centre-ville et le reste n’est qu’habitations. Ça, c’est l’aspect positif, San Pedro de Atacama ressemble à un village avec sa vieille église et ses rues de terre, ses maisons basses au toit de paille… Le problème, c’est que neuf maisons sur dix abritent une agence pour organiser des tours dans la région. La dixième c’est un hôtel ou un resto, plus rarement une boutique d’artisanant. Welcome ami touriste, gentille machine à fric ! Dès lors, on n’a plus qu’à se prêter au jeu, on fait le tour des tours et sans détour, miracle de la négociation, on s’offre au plus offrant : 44 000 pesos (70€) par tête pour les quatre activités principales. Jusqu’ici on ne s’en sort pas trop mal, mais ça c’est avant que Marie, prise d’une amnésie passagère peut-être à cause de ce troublant mal des montagnes qui nous rend tout mou, oublie son code de carte bancaire. Après trois essais, nous voilà donc avec une CB pour deux et des plafonds qui menacent de nous tomber sur la tête… On s’en sortira tant bien que mal en mangeant à deux pour 1€ par jour (Slimfast n’a qu’à bien se tenir). Passée la phase déceptive, on se rendra compte que San Pedro a tout même de beaux atouts et tant pis pour les touristes ; après tout, c’est eux, mais c’est nous aussi…

Première excursion : la vallée de la Lune. Comme son nom l’indique, des paysages lunaires où ont été testées les araignées de fer qu’on envoie dans l’espace. Là, les dunes de sable se disputent le territoire avec les formations rocheuses, plus ou moins grandes, jusqu’à d’étranges sculptures de pierre. Le couché de soleil sur la vallée de Mars, intensément rouge, vient clore en beauté cette première journée.

Deuxième excursion : les lagunes Antiplanicas. On commence par le salar, véritable crépi de sel sur plusieurs hectares où la croûte blanche ne laisse que peu de place à quelques lagunes où vivent les flamants roses. Spectacle magique de les voir s’envoler en groupes, à quelques mètres de nous seulement. De là, on va visiter deux autres lagunes situées à plus de quatre mille mètres d’altitude. Le paysage en vaut la peine et l’on s’oublie un temps dans le bleu intense des miroirs. La visite se termine par une balade dans deux petits villages : Socaire et Toconao. Du premier on retiendra l’almuerzo savoureux et du second le cimetière aux fleurs de papier.

Petit intermède “C’est pas la deuxième fois que cette voiture nous passe devant?” : Heureusement ce ne sont pas les trouble-fêtes de Chañaral, ça ferait quatre fois… mais à quatre heure du matin, quand une voiture de jeunes avec une bouteille dans les mains, la musique à fond et des lunettes de soleil, s’arrête pour te demander un renseignement avec ta gueule de touriste, ça ne sent jamais très bon. Peut-être sommes-nous un peu paranoïaques ? Un bus de tourisme passant au même moment nous n’aurons jamais la réponse et cet intermède restera bien mystérieux.

Troisième excursion : les geysers du Tatio. Vous pensez connaître le froid, allez donc faire un tour là haut. Même avec les gants de cuir et les chaussures de rando, au bout de quinze minutes on a l’impression d’avoir des cailloux qui brûlent à la place des doigts. Malgré cette sensation des moins agréables, c’est certainement là le tour le plus indispensable. Les fumerolles qui s’évadent avec force des entrailles de la terre… indicible…. féérique, dirons-nous tout de même, pour vous mettre l’eau à la bouche pendant que nous on l’avait tout autour de nous, en fin de parcours, dans la piscine naturelle chauffée par les sources souterraines.

Cerise sur le gâteau, avant de rentrer on fait un petit détour par le Pueblo de Machuca, celui qui est en couverture sur le guide du routard. Si comme souvent les photos, par le jugement du cadre, sont un peu trompeuses, on appréciera d’avoir vu l’église en vrai. Après, une demi-heure à Machuca, c’est malheureusement plus que suffisant.

Dernière excursion : la lagune Cejar. Dans celle-là on peut se baigner, au milieu de microscopiques crevettes et comme elle est pleine de sel, ce qui est aussi drôle qu’inhabituel, c’est qu’on flotte comme par magie. La sensation est franchement agréable, d’autant que l’eau, glacée à la surface, est étrangement tiède en profondeur. Quand on sèche, on ressemble un peu à l’homme du salar, équivalent salin de l’homme des bois, mais l’expérience est inoubliable.

On finit alors sur une autre lagune, de sel elle aussi sauf que l’on ne peut pas s’y baigner. Là, le panorama est suprenant et si l’eau fait miroir une fois de plus, c’est peut-être le plus bel endroit pour apprécier le coucher de soleil, dans des tons pastel qui malgré la douceur de l’impression marquent à jamais (on l’espère en tous cas) la rétine.

Voilà, San Pedro de Atacama c’est fini, malgré la manne touristique on en gardera un souvenir fantastique et, après la Vallé del Elqui, encore plus d’étoiles dans les yeux. A suivre : Salta “la linda” et les andes argentines. Bientôt, vous saurez si la banque est une salope…

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