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Bariloche, la Suisse argentine


Chantal et Ernesto viennent nous chercher à la gare et nous font faire un petit tour de la ville en voiture pour nous aider à nous repérer. A première vue, Bariloche ressemble un peu à un grand village balnéaire suisse bordé de lacs et surplombé par les montagnes. L’été, on s’y baigne. L’hiver, on y skie. Le reste du temps on fait de la randonnée. Pour les amoureux de la nature, impossible de s’ennuyer. Le premier soir sera l’occasion d’un bon repas animé chez nos hôtes. On s’organise aussi pour les jours à venir. Dommage, nous sommes arrivés avec le vent et les nuages.

N’en déplaise à la météo nous partons le lendemain pour El Bolson, l’occasion d’apprécier la route offrant toutes les dix minutes des points de vue merveilleux sur la région.  Si la lumière n’est pas toujours de la partie, le premier choc visuel arrive avec les peupliers aux feuilles d’or. Des tâches de rouge par endroits laissent aussi présager des compositions délicieuses.

Le lendemain, nous prenons la route dansla direction opposée. Presque plus de végétation cette fois-ci, l’asphalte est une déchirure dans le désert. Quelques kilomètres plus loin se dessinent les premières fantasmagories de la “vallée enchantée”. Là, la nature a dessiné des formes vagues que l’imagination peut nommer à sa guise : le doigt de Dieu qui se dresse vers les cieux encore nuageux, le lion et sa lionne dans une étreinte infinie… Le train, de son côté, semble avoir quitté ses rails de pierre. On pourrait y passer des heures, vagabondant d’une idée à une autre devant la mémoire des cailloux.

Les deux jours qui suivent nous permettront de visiter un peu mieux la ville et de goûter notamment à une des spécialités locales : le chocolat. En branche ou avec un coeur de dulce de leche, c’est un bonheur pour les papilles. Il nous faudra aussi planifier laborieusement notre parcours patagonien jusqu’à sacrifier douloureusement Ushuaia.

Le retour du beau temps accompagnant l’éclaircie intérieure, nous en profitons pour escalader le cerro Campanario et admirer la plus belle vue des environs. Partout, des lacs et des montagnes dont le sommet parfois est encore recouvert d’un suaire de nuages. Grandiose.

L’aprés-midi nous parcourons à vélo le circuito chico, une charmante balade de 25km qui passe par le parc Llao Llao et offre quelques jolies surprises quand l’automne déshabille les arbres. La pudeur, à petit feu, effeuille alors la flore, frileuse, et dans des tons d’orange fauves, enflamme toute la forêt qui prend des airs d’été indien. Cette fois la lumière nous permet d’apprécier pleinement cette symphonie de couleurs. Corail en leur coeur, les feuilles virent au grenadine ou au carmin laissant le rouge intense de la saison trancher sur la résistance du vert et sur l’amarillo lumineux des peupliers de plus en plus nus. Une journée bien remplie.

Dernier jour à Villa la Angostura, où nous louperons les bosquets arrayanes (nous aurons pu en observer des échantillons éparpillés au gré des bois) mais où nous pourrons profiter de jolis points de vue sur les bords de lacs aigue-marine où l’eau, turquoise ou céleste suivant les reflets, nous donnerait bien volontiers l’envie de plonger s’il ne faisait pas aussi frais. Le soir, c’est une autre symphonie, gastronomique cette-fois, avec le guiso de Chantal.

Après une délicieuse semaine dans cette région au charme inépuisable il est l’heure de s’enfoncer un peu plus en Patagonie pour s’approcher du bout du monde. Ernesto et Chantal, toujours plus hospitaliers, insisteront pour nous accompagner à la gare. Un grand merci à eux (et à Fanny pour nous avoir proposé de rencontrer ses parents) ; cette semaine aura vraiment été délicieuse.

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