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La poste en Argentine

La Poste. Toute une histoire.

Alta Gracia. Jour 1.

Alors qu’on se coltine depuis des jours un sac plastique bourré de papiers et autres souvenirs qu’on aimerait envoyer en France, on trouve enfin une poste. Malheureusement elle est fermée. Comme la plupart des commerces dans pas mal d’endroits en Argentine, passé 13h, il faut attendre 17h pour espérer quoi que ce soit. L’après-midi, c’est toute la ville qui fait la sieste. J’y retourne seul pour envoyer les 13 cartes postales qui nous auront porté malheur puisqu’on se les trimballe depuis Buenos Aires. La facture me fait mal au porte-monnaie. A reculons, je demande : “Et combien pour ce sac bourré à ras bord ?” le type m’annonce 190 pesos alors qu’on s’était dit “pas plus de 50” avec Marie. “Euh, et combien si j’enlève ça, ça et ça ?” ne laissant quasiment plus que les cadeaux d’anniversaire pour ma famille dont j’espère qu’ils n’arriveront pas trop en retard. “50 pesos a peu prés.” Youpi, je fais une cabriole, je me roule par terre, dans un mouvement de va-et-vient euphorique j’envoie plusieurs fois mes bras vers le ciel avant de ramener mes coudes au niveau de mes hanches. “Par contre vous avez un carton ?” “Un carton ?” “Oui, pour tout mettre dedans.” “Parce que vous n’en avez pas ?” “Non, il faut que vous alliez l’acheter en librairie.”

Je fais toutes les librairies de la ville, pas de carton, sinon un suffisamment grand pour que je rentre avec en France par voie postale. Mais le voyage n’est pas terminé. Tant pis, je reprends mon sac prêt à déborder. On s’en chargera à Mendoza. On s’est au moins occupés des cartes postales.

Mendoza. Jour 2.

“Revenez demain, avant 14h. Il faut que vous passiez par la douane qui est fermée à cette heure-ci.”

“Super. Et ça fera combien à tout hasard ?”

Elle pèse le sac.

“2kg. 230 pesos.”

On se racle la gorge. On enlève à nouveau ça, ça et ça. Et on achète déjà le carton (celui de 2kg quand même parce que le masque de carnaval est un peu à l’étroit dans celui de 1kg) pour être sûrs que quand la douane sera ouverte on aura toutes les chances de notre côté. On rentre. On fait le tri dans les papiers. Ceux qu’on garde je les mets dans mon sac, avec deux trois trucs pas pressés qu’on case à droite à gauche histoire d’alléger au max le colis.

Mendoza. Jour 3. 11h.

“Et voilà. Pour la France s’il vous plaît.”

“Qu’est ce qu’il ya dedans ? Ouvrez la boîte. D’accord, remplissez ces deux papiers et allez au bureau d’à côté.”

On cherche un stylo ; c’est la mission. Sur les espèces de pupitres où on est censés pouvoir remplir les papiers : rien. Aux guichets, ils n’en ont pas. A un autre bureau, un type nous dit qu’il n’en a pas non plus, pourtant, on en voit derrière lui. Finalement on en trouve dans un autre bureau. Comme c’est le bureau  où on est censé aller, on rend le stylo au passage.

“Et voilà. Pour la France s’il vous plaît.”

“D’accord, remplissez ces deux papiers et allez aux guichets 5 et 6.”

On remplit même si les infos demandées sont exactement les mêmes. On va aux guichets 5 et 6.

“Et voilà. Pour la France s’il vous plaît.”

“D’accord, remplissez ces deux papiers et allez à la douane.”

Re-stylo. On rempli pour la troisième fois des formulaires différents avec les mêmes infos à l’intérieur. Je regarde autour de moi si je ne vois pas le François Damiens argentin. Non, ça a l’air sérieux. On retourne à la douane.

“Et voilà. Pour la France s’il vous plaît.”

“D’accord,  suivez-moi. Une seule personne.”

Un regard complice avec Marie, ça y est, on y est… et je rentre dans le bureau des douanes.

“Qu’est ce qu’il ya dedans ?”

Je lui enfonce les six formulaires au fond des orbites jusqu’à lui crever les yeux ou je réponds calmement comme si de rien n’était ? Pendant que je réfléchis à ces deux options, il ouvre la boîte. Je lui explique. Il ferme la boîte, la pèse et la scelle. Ouf ! Il me la tend à nouveau. “Allez au bureau d’à côté.”

On y va.

“Et voilà. Pour la France s’il vous plaît.”

“C’est tout bon.”

“Vous êtes sûre?”

“Oui, vous pouvez aller au guichet 5 ou 6.”

Finalement on refait la queue après une bonne heure de péripéties et la femme repèse le colis. 750 grammes. On est fiers de nous.

“Ca vous fera 230 pesos.”

Sans commentaire.

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